IVCAST 18 : Stewardess, le métier de rêve d’Estelle pour voyager !

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Estelle fait un métier de rêve qui lui permet de voyager autour du monde tout en gagnant sa vie. Son métier de stewardess lui permet de découvrir des lieux paradisiaques et de vivre  des expériences fortes. Vous souhaitez en savoir plus ? 

metier voile

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travailler sur un voilier

Estelle est en ce moment à bord. Photo : Robin Christol

Estelle est en ce moment à bord. Photo : Robin Christol

A propos de cet épisode :

J’ai rencontré Estelle en 2013 lors d’une soirée à Lyon. Il m’arrive parfois d’inviter les lecteurs autour d’un verre lorsque je passe dans une ville. C’était le cas ici.

Lectrice du blog, elle était alors venu nous rejoindre.

A l’époque, elle s’apprêtait à partir pour un long voyage solo, pour la première fois.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Estelle a enchainé les voyages en Asie. 

Et comme il faut financer tout cela, elle a trouvé un super plan pour gagner de l’argent tout en parcourant le monde, ou du moins les mers du globe. 

Estelle est stewardess sur des voiliers et des yatches Depuis un an, elle est partie grâce à cela en Polynésie, en Méditerranée et là, elle s’apprête à traverser l’Atlantique pour rejoindre les Caraïbes. Pas mal non ?

 

Mots clefs du podcast:

Tour du monde à la voile – Travaille et voyage – Voilier – Stewardess

stewardess metier

L’été dernier en Polynésie, le « bureau » d’Estelle….

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode 

– Comment Estelle est venue à faire ce métier

– En quoi consiste exactement le métier de stewardess ?

– Quelle formation faut-il faire pour cela ?

– Qu’apprends-t-on durant cette formation ?

– Comment trouver du travail ?

– Les conditions de travail

– La première expérience d’Estelle : des îles de rêves !

– Pourquoi Estelle aime cette activité

– Combien gagne Estelle: intéressant !

– Les navires de fou sur lesquels Estelle a travaillé

– Pourquoi il vaut mieux être célibataire pour ce métier…

– La vie à bord

– Pourquoi elle veut apprendre la voile

– Le prochain contrat: une expérience de fou !

 

 

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Liens et ressources mentionnées dans l’épisode :

– Un épisode du podcast : Un tour du monde en voilier, deux ans avec 10 000 € pour 2 !

– Trouver une place d’équipier sur un voilier.

– Un tour du monde en voilier et en famille !

STCW 95 : la formation qu’Estelle a suivi.

Les métiers du nautisme

 

stewardess

Gilbratar, il y a quelques jours

 

 

Version texte:

Fabrice :

Bonjour à tous et bienvenue pour ce nouveau podcast sur le blog. Alors, je suis cette fois-ci sur les quais de Saône à Lyon en ce mois d’octobre. Il fait assez frais et je suis sur une terrasse et je suis en compagnie d’Estelle qui va nous parler, qui va nous raconter le métier qu’elle a trouvé pour pouvoir voyager et gagner de l’argent en même temps. Alors, bonjour Estelle.

Estelle :

Bonjour !

Fabrice :

Voilà en deux ou trois mots, dis-nous c’est quoi ce boulot.

Estelle :

En fait, je suis hôtesse sur un bateau. Je m’occupe de gérer l’entretien intérieur du bateau principalement. Ça peut m’arriver aussi de faire l’extérieur. Normalement, c’est le marin qui le fait, mais ça peut m’arriver de le faire aussi. Donc, je m’occupe des clients quand le bateau est en charter.

Fabrice :

D’accord. Donc, avant que tu nous parles un peu plus de cette activité, on va revenir un peu en arrière. On s’est vu pour la première fois fin octobre 2013 et à cette époque, tu revenais de Guadeloupe en France et tu avais envie de voyager, je me rappelle, tu avais une furieuse envie de voyager, de partir seule en fait à l’époque. Enfin, tu avais envie de voyager seule, de tester le voyage seule. Alors, raconte-nous un peu, tu as voyagé où entre temps. Qu’est ce qui s’est passé après qu’on s’est vu cette première fois, tu es partie en Inde en Chine, c’est ça en Cambodge ?

Estelle :

Oui, enfin, je suis partie en Thaïlande. J’ai fait Thaïlande, le Laos, le Cambodge. J’ai fait l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, voilà.

Fabrice :

Tu es revenue, t’es repartie. Toujours seule pour plusieurs mois. Deux ou trois mois, c’est ça en général ?

Estelle :

C’est bien ça.

Fabrice :

Je voyais ça sur Facebook. Elle avait l’air de s’éclater. A chaque fois, elle faisait des selfies avec les guides là je me rappelle. Voilà, elle profitait et en 2014, tu t’es dis « Tiens, comment je pourrais faire pour voyager et puis gagner de l’argent en même temps ». Et tu es tombé sur cette activité d’hôtesse. Alors, comment ça s’est passé ? Comment tu as eu cette idée ?

En fait, je revenais de mon voyage d’Indonésie. Donc voilà retour à Lyon dans le froid. Ce n’était pas terrible et du coup je me suis dit « Mais qu’est ce que je peux faire pour bouger, voyager, gagner ma vie en même temps parce que pour moi ce n’était juste pas possible de rester là. Et je me suis rappelé que j’avais une amie qui a fait une saison de 6 mois sur un bateau. Et voilà, je l’ai contactée, on a parlé. Pour moi, c’était tout de suite la révélation.

Fabrice :

D’accord. Coup de foudre quoi !

Estelle :

Un peu, c’est ça [Rire]

Fabrice :

Et donc, ça c’était l’été 2014, c’est ça ? Oui, et donc, tu t’es renseigné et alors concrètement qu’est ce qu’il faut faire pour exercer cette activité de stewardess sur le bateau ? En fait, ce n’est pas très connu je trouve cette activité en fait parce que je pense que la plupart des gens quand je dis ça, ils pensent au fait de travailler sur un bateau de croisière il y en a, il y a pas mal de boulot même je pense. Et voilà, ce n’est pas seulement les bateaux de croisière, c’est les voiliers, tout ce qui est en fait travail pour les particuliers. Et c’est vrai que ce n’est pas forcément très connu. Alors, dis-moi, il y a une formation ? Il faut suivre une école ?

Estelle :

Il n y a pas forcément de formations à faire. Il y en a juste une et encore. Bon, c’est mieux de la faire quand même. Ça s’appelle le STCW 95. C’est ce qui permet à tout personnel naviguant de pouvoir embarquer sur n’importe quel bateau du monde entier. Voilà, ça se passe sur une semaine. C’est sur la sécurité en mer. Ce n’est pas obligatoire.

Fabrice :

D’accord. Tu peux exercer cette activité sans même l’avoir fait ?

Estelle :

Voilà. Beaucoup de bateaux le demandent. Mais, il y en a qui veulent bien embaucher sans avoir la formation.

Fabrice :

De toute manière, ce n’est qu’une semaine. Et combien ça coute ?

Estelle :

Ça coute 850 euros.

Fabrice :

Alors, qu’est ce que tu apprends pendant cette semaine ? D’ailleurs c’est où ?

Estelle :

[Rire] Alors, donc, je l’avais fait dans le sud, à Nice précisément. Et pendant une semaine, tu apprends à gérer un incendie sur un bateau par exemple, à gérer aussi ….

Fabrice :

On saute à l’eau quand il y a un incendie, non ?

Estelle :

[rire] Non quand même pas. Non, non. Tu as des canoës de sauvetage. Voilà. Et on apprend du coup à ouvrir ce canoë. Bon, c’est très simple. On en fait vraiment des mises en situation pour éteindre un incendie, pour mettre la combi. Il y a une combi à mettre parce que la température de l’eau n’est pas terrible quand on y reste assez longtemps. Donc, on apprend tout ça en fait.

Fabrice :

Surtout, ce n’est que de la sécurité en fait.

Estelle :

Ce n’est que la sécurité.

Fabrice :

D’accord, je pensais qu’on vous apprenait plein d’autres choses. Mais non ce n’est que des règles de sécurité.

Estelle :

Oui, tout à fait.

Fabrice :

On vous apprend par exemple tout ce qui est signalétique au niveau de la voie, les bateaux ?

Estelle :

Non, pas du tout. Après la connaissance en voile, c’est soit on l’acquiert avant ou alors on l’apprend en peu de temps. Mais, non ce n’est pas nécessaire.

Fabrice :

Donc, en France, il faut aller à Nice. C’est le seule endroit ?

Estelle :

Non, il y a d’autres endroits, mais je ne les connais pas tous. C’est vrai que j’habitais à Nice parce que j’avais mon ami justement qui habitait à Nice. Donc, c’était beaucoup plus simple. Mais, après il y’a d’autres endroits.

Fabrice :

C’est le sud. C’est quand même sympa la région. Et donc, après, tu as trouvé tout de suite du boulot, comment ça s’est passé ?

Estelle :

Non. Après, il y a des sites spécialisés pour les recherches d’emploi pour le personnel naviguant et donc, je regardais assez régulièrement. Je l’avais faite en octobre la formation. Et donc, novembre, décembre, janvier, février, rien du tout. Puis, tout d’un coup, là j’ai été appelée pour travailler sur un bateau en Polynésie. Voilà.

Fabrice :

Et entre temps, t’étais partie en voyage ?

Estelle :

Non, je n’étais pas partie en voyage.

Fabrice :

Tu n’étais pas allée en Thaïlande, l’Indonésie. Ce n’était pas à ce moment là ?

Estelle :

Non. Pas entre novembre et Février. J’avais travaillé dans une boutique de thé-café du monde pendant 2 mois. Mais voilà.

Fabrice :

Donc, ta première expérience, c’était en Polynésie, carrément sur les îles, tous les archipels en fait.

Estelle :

Voilà, le bateau pouvait y aller dans tous les archipels notamment Tahiti. Le bateau était basé à Tahiti.

Fabrice :

C’était quel type de bateau ?

Estelle :

C’était un voilier de 24 mètres.

Fabrice :

Assez grand ?

Estelle :

Oui, oui ! C’est assez grand.

Fabrice :

D’accord. T’étais toute seule à bosser ?

Estelle :

J’étais permanente. J’étais la seule permanente sur le bateau. Et quand on partait en charter avec des clients, là, il y avait un capitaine, un moniteur de plongée, puis un cuisinier d’abord.

Fabrice :

Et quel était ton quotidien, ta journée un peu type, je ne sais pas s’il y avait des journées types, peut être il n y en avait pas en fait, mais en gros.

Estelle :

Non, une journée type en charter ou hors charter ?

Fabrice :

Enfin, quand tu étais sur le voilier.

Estelle :

[rire] Ce n’était pas un voilier.

Fabrice :

J’ai du mal aujourd’hui. Il fait trop froid là. J’ai le cerveau congelé.

Estelle :

Alors [rire]

Fabrice :

Un peu de sérieux.

Estelle :

Non. Ce n’était pas un voilier. Un moteur uniquement pas de voile. Pendant le charter moi je gérais, je faisais le service. Après, il y avait des clients forcément. Je gérais l’entretien du bateau. Enfin, j’étais là pour les clients. J’étais à la disposition des clients.

Fabrice :

Le propriétaire proposait à des clients de faire un tour.

Estelle :

Non, il le voulait en fait peu importe.

Fabrice :

T’étais surtout là pour aider au niveau de la restauration ?

Estelle :

Voilà, exactement ! De m’occuper un petit peu des clients. Et après hors charter, je travaillais du lundi au vendredi mais je gérais uniquement l’entretien intérieur, extérieur du coup puisque j’étais la seule sur le bateau.

Fabrice :

L’entretien euh ?

Estelle :

Nettoyer, que tout soit nickel. Nettoyer la carène puisqu’il y’a toujours des algues qui poussent sous…

Fabrice :

La coque extérieure.

Estelle :

Exactement.

Fabrice :

Tu emploies des termes techniques.

Estelle :

Oui, c’est ça [rire] la coque extérieure. « Le pont ». Oui, c’était quand même un pont.

Fabrice :

C’était de grosses journées alors.

Estelle :

Des journées de 6 ou 7 heures, normal.

Fabrice :

Il y avait des journées off ?

Estelle :

Oui le weekend.

Fabrice :

Les deux jours ?

Estelle :

Voilà, le weekend quand il y’avait les clients, il n’y avait pas de journées off. En général, un charter dure toujours 15 jours une semaine, ça dépend.

Fabrice :

D’accord. C’était quasiment comme un boulot normal en termes d’horaires en fait.

Estelle :

Voilà.

Fabrice :

D’accord. Et tu es restée là combien de temps ?

Estelle :

Où ?

Fabrice :

Dans les îles oui.

Estelle :

En Polynésie ? Je suis restée 4 mois. Et dès qu’il y avait des charters on partait et après on retournait à Tahiti.

Fabrice :

C’est une première expérience que tu as bien appréciée ?

Estelle :

Oui.

Fabrice :

Donc, ça t’a donné envie de continuer. Après tu es partie où alors ?

Estelle :

En fait, oui j’ai eu envie de continuer, d’avoir une nouvelle expérience sur un bateau. Et du coup, j’ai commencé à chercher depuis la Polynésie, un autre bateau et j’ai trouvé un voilier qui m’a contactée tout de suite après.

Fabrice :

Là, c’est un vrai voilier donc !

Estelle :

Là, c’est un vrai voilier là. Un monocoque de 30 mètres, un bateau de course en carbone. Du coup, trois jours après que j’atterrissais à Lyon, je repartais pour de nouvelles aventures. On va dire ça comme ça.

Fabrice :

Là, tu es revenue sur Lyon et tu vas bientôt repartir carrément pour une traversée de l’atlantique. Donc, sur un voilier, c’est ça ? Mais, par contre, pour 6 mois, c’est ça ?

Estelle :

Voilà, pour 6 mois. Donc, là, on va faire le grand voyage jusqu’au Canari. Donc, il faut compter une dizaine de jours environ. 10 jours, c’est parce que la mer en méditerrané en cette période est assez mouvementée. Donc, il risque d’y avoir des arrêts entre temps. Et ensuite, une fois qu’on sera au Canari, il y aura un départ de la transatlantique le 28 novembre.

Fabrice :

Tu vas faire le même type de boulot que tu faisais sur les…

Estelle :

Non, là, ça sera différent. Je vais un peu participer en tant que « marin ». [rire] Marinette, voilà. Donc, je vais aider la gestion extérieure du bateau. Là, ça ne sera pas pareil. Il y aura 3 clients à bord normalement. Mais, ce sera plus aider à la navigation puisque le but c’est un bateau à voile et j’aimerais bien apprendre. Voilà.

Fabrice :

Ça c’est un désir, ce n’est pas ce qu’on t’apprend forcément. Ce n’est pas forcément dans la fonction. C’est toi qui va apprendre…

Estelle :

Voilà. Tout à fait, c’est bien ça.

Fabrice :

Donc, vous allez être plusieurs. Tu ne seras pas la seule ?

Estelle :

En général, on sera à peu près entre 15 et 17 marins à bord. Voilà.

Fabrice :

D’accord. Donc, jusqu’à maintenant, tu as trouvé assez facilement du boulot en fait, c’est le bouche à oreille, tu as des sites spécialités ?

Estelle :

Oui, c’est bien ça. C’est des sites spécialisés et il y a pas mal de demandes pendant les saisons. Oui, on peut trouver assez facilement, surtout une fois qu’on a l’expérience au moins une fois. On est assez sollicité par la suite.

Fabrice :

Qu’est ce que tu aimes dans cette activité outre le fait que ça te permet de voyager, d’être sur l’eau, sur des voiliers. C’est impressionnant, j’ai vu la photo de ton voilier. C’est vrai que c’est vraiment impressionnant un voilier à plusieurs millions d’euros. Oui, c’est impressionnant. J’imagine qu’il va vite, ça doit être quelque chose d’assez waw. Ça va être un choix d’expériences, j’imagine. Qu’est ce que tu aimes vraiment dans cette activité ?

Estelle :

Je pense que tu as tout résumé [rire]. Voilà, la mer déjà. Pour moi, je suis une passionnée de la mer. J’aime la mer. J’ai toujours grandi au bord de la mer. Donc, il y a ça et puis le fait de voyager. Voilà, de voir d’autres pays mais d’y arriver par bateau, c’est différent, c’est une autre approche. Et puis, voilà, c’est une nouvelle expérience.

Fabrice :

Bon, il faut dire que je connais Estelle. Là, je pose des questions que je sais déjà les réponses. Mais, c’est pour l’interview, donc ça fait un peu répétition. Alors, je vais essayer de poser une question dont je ne sais pas la réponse. C’est dur, parce que là, tu m’as tellement parlé de ça. Qu’est ce que je pourrais… Ah oui ! Une question, je ne t’ai jamais posé la question. Parlons argent. Combien on gagne en général quand on est débutant, enfin une fourchette entre combien et combien ?

Estelle :

Alors, en tant qu’hôtesse débutant, il faut compter entre 2000 et 2500 euros minimum net.

Fabrice :

Ah ce n’est pas mal du tout ça. Ah oui ! En plus, tu es nourrie et logée forcément tout le temps.

Estelle :

Voilà, tout le temps.

Fabrice :

Ça permet pas mal d’économiser. C’est plutôt un bon salaire.

Estelle :

C’est plutôt un bon salaire et c’est bien pour économiser c’est le super plan en fait. Il n y a pas mieux, je pense. Donc, en général, ce n’est que des CDD.

Estelle :

Ce n’est que des CDD, ça peut être des CDI. Mais, souvent, c’est des CDD. Là, par exemple, je suis en CDI mais c’est des contrats qui ne sont pas forcément français. Donc, ce n’est pas les mêmes clauses d’un contrat habituel. Forcément, si j’ai envie de partir. Voilà, je peux prévenir juste 15 jours avant et arrêter le contrat, ce n’est pas un souci. Il y a quand même une liberté qu’on n’a pas avec un CDI classique…

Fabrice :

…parce que j’imagine que la plupart des gens qui font ça, par définition, ils ne restent pas forcément longtemps à la même place, puisque la plupart des gens font ça. Ils font ça pourquoi la plupart des gens vraiment par amour de la mer ou envie de voyager vraiment ou… ?

Estelle :

Je pense que le salaire compte beaucoup…en parlant avec d’autres personnes.

Fabrice :

Je te vois sous un autre regard. Tu ne m’avais pas dit ça.

Estelle :

[rire] Non, je parle autour de moi. En tous cas, il y a beaucoup de personnes qui le font déjà principalement par amour pour la mer. Mais, il y a aussi le salaire parce que c’est vrai que quand tu as une famille, tu ne peux pas partir 6 mois. Enfin, c’est un peu plus compliqué. Donc, du coup, il y’en a qui le font parce que voilà ils gagnent bien leur vie et c’est le meilleur moyen pour eux de subvenir aux besoins de leur famille.

Fabrice :

Justement la plupart des gens font ça pendant un moment, voire quelques années. Est-ce qu’il y en a qui font ça pendant 20 ou 30 ans ?

Estelle :

Oui, c’est possible bien sûr.

Fabrice :

Tu en as rencontré ?

Estelle :

Oui, j’en ai rencontrés qui ne sont pas non plus très vieux non plus. Donc, je n’ai pas assez de recul pour ça. Mais, oui. Après, ils associent une vie de famille à côté mais pour moi, ça me paraît compliqué. Mais, je pense que oui tout est possible.

Fabrice :

De toutes manières, c’est plus une activité, il vaut mieux faire ça quand on est célibataire parce que forcément…

Estelle :

Oui, je pense qu’il vaut mieux être célibataire ou alors ne pas être permanent sur le bateau et partir de temps en temps, un mois, 15 jours, voilà.

Fabrice :

Parce que tu bouges beaucoup en plus sur le bateau, tu n’as pas de connexions. Enfin, j’imagine, tu as rarement de connexions internet. Donc, ça ne facilite pas les choses. Il y a une certaine promiscuité j’imagine aussi parfois qui doit être peut être un peu pénible à supporter, je ne sais pas.

Estelle :

Quand ça se passe bien, ça va, c’est possible que ça puisse mal se passer. Mais, en général, bon, quand ça se passe bien, c’est on est comme une famille en fait.

Fabrice :

Oui, ça peut créer des liens.

Estelle :

Oui, ça crée des liens.

Fabrice :

Et donc là, quelle est la suite donc tu vas rester… On a relativement parlé juste avant, tu vas rester sans doute 6 mois. Et ensuite, pour l’instant, tu ne sais pas, tu n’as pas de visibilité après. Enfin, même si tu veux continuer, il faudrait que tu recherches un autre contrat.

Estelle :

Bon, là, je suis en CDI. Donc, je peux rester tout le temps que je veux.

Fabrice :

Tu reviendrais à Lyon quelques mois, quelques semaines pour repartir après à quelle période ?

Estelle :

Là, on serait de retour normalement fin mai, puisqu’il y a une course qui se fera fin avril. Donc, on sera de retour normalement fin mai à Lyon. Enfin à Lyon, pas à Lyon mais en France. Et du coup, oui, je ne sais pas encore mon avenir professionnel si je vais continuer à rester sur le bateau en tant que permanente. Mais si on reste là on voyagera, on naviguera en méditerranée pendant 6 mois.

Fabrice :

Là, les propriétaires de ce bateau, c’est des gens riches, j’imagine. La plupart de ceux qui ont ce type de bateau, j’imagine c’est le cas. Et donc, tu me disais il y a pas mal de gens finalement, de gens comme ça qui peuvent employer, qui peuvent se permettre d’employer des personnes à temps plein. En plus, avec un salaire quand même pas mal pour… Enfin, eux, non ils ne gagnent pas leur vie, ce n’est pas vraiment leur activité.

Estelle :

Non.

Fabrice :

C’est juste du loisir quoi.

Estelle :

Voilà, c’est juste du loisir, après les charters permettent d’amortir quand même certains frais qu’ils ont parce que ce n’est vraiment pas donné les frais sur un bateau comme ça. Mais, après, ils ont une activité principale à coté, généralement.

Fabrice :

T’en a peut être qui c’est leur activité peut être.

Estelle :

Oui, là en Polynésie par exemple, l’activité principale c’était ça, c’était les charters.

Fabrice :

Et tu envisages après si tu veux, enfin si tu peux après travailler sur un yacht, sur une croisière ?

Estelle :

Sur un bateau de croisière ? Je ne pense pas non !

Fabrice :

C’est différent. C’est un autre monde en fait.

Estelle :

C’est différent.

Fabrice :

Ça permet quand même d’être moins fan non ?

Estelle :

Je pense. Enfin, moi, ça ne m’attire pas en tous cas. C’est vrai que je préfère…

Fabrice :

Et les salaires sont équivalents ou…

Estelle :

Non, sur un bateau de croisière, tu touches un peu plus que le smic. Après, tu es nourrie logée.

Fabrice :

C’est beaucoup moins alors.

Estelle :

C’est beaucoup moins, oui !

Fabrice :

Donc, du coup, tu n’as pas trop d’intérêt à viser les croisières en fait.

Estelle :

Non.

Fabrice :

Même si c’est là où on emploie plus de personnes j’imagine.

Estelle :

Oui, en effet. Après, ça reste des bateaux de luxe. Donc, forcément… C’est pour ça que les salaires sont beaucoup plus conséquents. Mais, oui non sur un bateau de croisière, non ce n’est pas pareil.

Fabrice :

Et alors, si moi, je veux le faire je peux ?

Estelle :

Oui bien sûr. [rire].

Fabrice :

Ce n’est pas réservé qu’aux femmes.

Estelle :

Non, ce n’est pas réservé qu’aux femmes.

Fabrice :

D’accord. Il y en a beaucoup la plupart 90%

Estelle :

90% voilà. [rire]

Fabrice :

D’accord. Et les autres mecs en fait, enfin les autres hommes qui sont avec toi. C’étaient vraiment des marins. Voilà.

Estelle :

Voilà, exactement. C’est vraiment des marins, et puis il y a aussi un capitaine. Le capitaine, le second souvent. Mais, oui c’est principalement des marins. Voilà.

Fabrice :

Et bien écoute. Non, je pense que c’est un boulot, c’est une activité pas forcément très connue si tu n’avais pas rencontré cet ami j’imagine, t’en aurais peut être pas entendu parler quoi. Ce n’est pas très connu.

Estelle :

Je n’aurais pas pensé.

Fabrice :

Donc, voilà, c’est une activité qui vous permet. Il ne faut pas avoir le mal de mer évidemment.

Estelle :

Ah oui ! Évidemment oui, ça risque d’être compliqué.

Fabrice :

Mais, voilà, ça vous permet de trouver finalement du boulot assez facilement un peu partout dans le monde. C’est bien payé. Enfin c’est bien payé quand même puisque vous êtes quand même nourris et logés. Donc, vous pouvez pas mal économiser. Et voilà, si vous aimez le large, si vous aimez la mer, en fait, c’est un peu une activité rêvée. Du coup, tu kiffes pas mal tout ce qui est attrait au monde marin, à la voile tout ça ?

Estelle :

Oui, ça commence à… ça m’intéresse.

Fabrice :

Et avant, ça t’intéressait déjà ou…

Estelle :

Non.

Fabrice :

Tu viens d’une île quand même.

Estelle :

Voilà, j’aimais le bateau, mais la voile, ça ne m’avait jamais titillé en fait. Mais, là en étant sur un voilier de course. Du coup, ça a…

Fabrice :

Vous avez déjà pas mal fait de bateau avant.

Estelle :

Oui. Je pense un peu plus que les personnes qui vivent en métropole forcément. Mais, pas spécialement sur des voiliers, c’est souvent des bateaux à motard. Des bateaux à motard uniquement.

Fabrice :

D’accord. Et là, tu aimerais vraiment apprendre la voile ?

Estelle :

C’est un peu le but, voilà pour moi les 6 mois à venir.

Fabrice :

Et donc, peut être trouver du boulot, passer de hôtesse à marin.

Estelle :

Pourquoi pas, j’envisage. J’y ai pensé. Oui, j’y ai pensé vu que je trouve ça super intéressant.

Fabrice :

Plus physique.

Estelle :

C’est plus physique et dangereux aussi puisque voilà il y a le côté quand c’est de gros bateaux comme ça. Là…

Fabrice :

Et au niveau du salaire, c’est à peu près pareil ou… ?

Estelle :

Un peu plus.

Fabrice :

Ok. Intéressant vraiment intéressant. Très bien écoute, je crois qu’on a fait le tour.

Estelle :

Je ne le fais pas pour le salaire.

Fabrice :

D’accord. Elle précise qu’elle ne le fera pas pour le salaire.

Estelle :

Ça commence à me passionner la voile. Donc, du coup, je le ferai plus par passion que côté salaire.

Fabrice :

Ah mais je peux comprendre que ça puisse être passionnant. Et il n y a pas longtemps. Enfin, il y a quelques semaines, j’avais fait une interview d’un couple qui préparait un tour du monde à la voile pendant 2 ans. Ils partaient, ils avaient envisagé un budget de 10000 euros pour les 2 ans pour 2 personnes. Et voilà, ils avaient acheté leur 9 mètre ou 10 mètre, je vous mettrai le lien dans l’article du podcast. Ils s’étaient mis à la voile aussi. Ils avaient découvert ça et voilà. Ils partaient carrément pour 2 ans autour du monde quoi. C’est peut être quelque chose.

Estelle :

Oui. Quelque chose que j’envisage ? [rire] pourquoi pas. Non pourquoi pas. C’est vrai que j’y pense et peut être que oui dans l’avenir pourquoi pas acheter un petit voilier et faire un tour du monde.

Fabrice :

Tu pourrais vivre sur le bateau ?

Estelle :

Ah oui, carrément ! Complètement !

Fabrice :

Ça ne sera pas trop petit ?

Estelle :

Non, pas du tout. Moi ça me plait, je me sens bien sur un bateau dès qu’il y a la mer autour en plus. Non, ça ne me posera pas de problèmes.

Fabrice :

Tu es une fille des îles aussi, tu possèdes ça dans ton ADN peut être.

Estelle :

Ça doit être ça.

Fabrice :

Très bien. Est-ce que tu vois quelque chose, un autre sujet là que je n’aurais pas abordé par rapport à ton activité, peut être une question que tu te posais avant de le faire, quelque chose, non on a parlé salaire, on a parlé formation. Donc c’est simple. Une semaine.

Estelle :

Les langues aussi.

Fabrice :

Ah oui les langues, c’est obligé de parler anglais.

Estelle :

Oui, voilà. C’est mieux on va dire. Là, le patron pour qui je bosse il est français, mais en général ça parle anglais.

Fabrice :

Besoin d’être bilingue quoi. Juste anglais comme quoi tu voyages. Enfin, anglais.

Estelle :

Ça peut passer. Ça passe.

Fabrice :

Oui, c’est vrai je pense en effet que c’est une bonne remarque. C’est quasiment obligé de parler anglais. Mais, bon, ça ce n’est pas une grosse difficulté. Bon écoute, je crois qu’on a fait le tour. En fait, c’est une activité. C’est vrai que c’est une activité qui ne demande pas beaucoup de temps de formation, une semaine c’est rare. En fait, une semaine pour…

Estelle :

L’expérience. C’est surtout l’expérience qui compte. Si tu as l’expérience en restauration, quelque chose enfin voilà. C’est l’expérience.

Fabrice :

De bouche à l’oreille, ça peut quand même marcher puisque ça doit être un petit monde non ?

Estelle :

C’est un petit monde. C’est un petit monde, oui tout à fait. Tu fais une bêtise, tu coules un bateau, t’es mort quoi.

Estelle :

[rire]. Oui un peu. Il ne faut pas le mettre sur son cv.

Fabrice :

Non, c’est clair. Il ne vaut mieux pas. Okay. Écoute, très bien Estelle. Merci d’avoir répondu à mes questions. C’était un plaisir comme à chaque fois. Et je te souhaite bonne traversée de l’atlantique et un bon séjour dans les caraïbes.

Estelle :

Je posterai une petite chose sur Internet pour que tu puisses suivre tout ça de près.

Fabrice :

Oui, je compte sur toi. Elle poste beaucoup de choses Estelle. Je la soupçonne un peu de créer un peu de jalousie chez ses amis qui restent à terre, qui restent sur Lyon.

Estelle :

Non, c’est pour partager uniquement. C’est juste pour partager.

Fabrice :

Oui. Très bien. Merci Estelle et puis je te souhaite bonne route pour la suite, une bonne continuation.

Estelle :

Merci à toi et puis à très bientôt.

Fabrice :

Salut.

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1 commentaires : participez à la discussion !

  1. Une expérience incroyable, bien payée et passionnante. C’est génial, Estelle, bon vent pour l’avenir !

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