IVCAST20 : ouvrir un restaurant à l’étranger. L’expérience de Benoît.

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Benoît a ouvert un restaurant français à l’étranger l’année passée. C’était en Colombie.  Il nous dit tout sur cette expérience. Si vous y avez déjà pensé, ses conseils devraient être précieux !

ouvrir un resto français

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A propos de cet épisode :

J’ai rencontré Benoît en allant manger pour la première fois dans son restaurant à Bucaramanga. Il venait juste d’ouvrir, débarquant de Paris.

Benoît est manager de café de métier, il connaît donc bien le milieu de la restauration.

Son restaurant s’appelait d’ailleurs « Le Bistrot ». J’emploie le passé car le restaurant est aujourd’hui fermé.

Je l’ai revu à nouveau il y a quelques jours à Bucaramanga. De passage pour des vacances, il compte bien revenir ouvrir un nouveau commerce. Oui, il est tombé amoureux du coin.

Dans ce podcast, Benoît revient sur son expérience et il nous explique ce qu’il ne ferait pas à nouveau. Il donne aussi des conseils avisés pour ceux qui veulent tenter l’expérience.

Ouvrir un restaurant à l’étrange est en effet une idée qui revient souvent parmi ceux qui souhaitent tenter l’aventure à l’étranger.

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Mots clefs du podcast:

Vivre à l’étranger – S’expatrier – Colombie – Monter un business.

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode :

– Pourquoi Benoît a choisir la Colombie et Bucaramanga

– Comment il a fait pour trouver cette opportunité

– Le type de visa qu’il faut pour investir ici.

– Ce qu’il ferait différemment s’il devait recommencer

– Le problème de la gestion du personnel : le gros point noir.

– Pourquoi ouvrir un restaurant français ne marche pas nécessairement partout.

– Le capital nécessaire pour ouvrir un restaurant à l’étranger

– Ses conseils pour bien démarrer

– Son futur projet et pourquoi il revient.

 

 

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Transcription texte :

 

Fabrice :

Bonjour à tous. Bienvenus sur le podcast du blog «www.instinct-voyageur.». Alors, aujourd’hui, je suis en Colombie. Je suis à la terrasse de mon café Bucaramanga. J’ai en face de moi Benoît. Bonjour Benoît.

Benoit :

Bonjour.

Fabrice :  

Alors, Benoit, je l’ai rencontré l’année passée en 2014 et il venait d’ouvrir un restaurant à Bucaramanga, un restaurant bar et donc je trouvais intéressant de connaître un peu son expérience, de lui poser des questions sur son expérience sur ce genre de business à l’étranger, comment monter ce genre de business, un restaurant ou un bar.

Alors, on va plutôt parler là d’un restaurant, dans la restauration. Voilà, comment ça se passe. Un peu son retour d’expérience. Alors, la première question Benoit, c’est comment t’es arrivé à Bucaramanga. Pourquoi tu as monté ce business ici ?

Benoit :

En vacances, j’avais déjà visité la Colombie plusieurs fois. Je cherchais un bar, un restaurant à acheter en Colombie. Par les petites annonces, j’ai trouvé Bucaramanga.

Fabrice :      

D’accord. C’est un peu par hasard alors.

Benoit :

Oui, c’est un peu par hasard. Oui.

Fabrice :   

Et donc, quand tu es arrivé, tu t’es associé avec un couple colombien que tu connaissais déjà en France ?

Benoit :

Oui, ils ont vécu 14 ans en France. Et ils ont décidé de revenir vivre en Colombie pour se rapprocher de la famille. Donc, j’ai profité d’une visite ici à Bucaramanga et voilà.

Fabrice :  

Dans ta tête, tu t’es dit il faut que je m’associe avec eux parce que tu aurais pu aussi essayer de faire un truc… Enfin, venir par toi-même, mais c’était un peu une étape obligée de s’associer avec eux.

Benoit :

Oui, je pensais que c’était aussi une bonne solution de s’associer avec des gens d’ici pour aider pour la culture, tout ça, pour essayer de les rencontrer pour négocier aussi pour l’achat du restaurant. Donc, tout ça, ça se fait, ce n’est pas très facile. Donc, ça me paraissait bien de connaître des gens qui connaissaient justement le système.

Fabrice :

Oui, c’est clair que c’est un avantage. En plus, tu les connaissais assez bien. Donc, voilà naturellement. Oui, tu leur as proposé de t’associer dans ce restaurant. Et au début, tu voulais ouvrir un restaurant c’était…

Benoit :

Un bar-bistrot comme à Paris, comme en France. Un truc familial, convivial avec un comptoir, un peu pour donner cette culture de l’apéro et de la convivialité.

Fabrice :

Mais, là, c’est plus un restaurant qu’un bar.

Benoit :

Là, oui. C’était plus un restaurant avec les grillades. C’était plus un restaurant si si.

Alors, comment ça s’est passé concrètement ? Tu es venu à Bucaramanga. Donc, quand tu m’as dit que tu avais trouvé ce plan, ce bar qui se vendait donc, à l’époque, je me rappelle. J’avais rencontré un propriétaire espagnol et un colombien. Voilà. Je m’en rappelle. Avant ça s’appelait la Fakultad. Donc, tu as trouvé ça sur Internet tout simplement. Tu as contacté les gars et donc vous avez commencé à négocier le prix.

Benoit :

Oui, on a visité une première fois avec le propriétaire. On a commencé à demander, à se renseigner par rapport au prix, par rapport à ce qui se faisait, pourquoi ils le vendaient. Après, on a réfléchi du prix, on a une deuxième visite où on a commencé à donner notre prix à nous. Il faut pas mal négocier quand même, essayer de faire baisser le prix. On arrive à un accord et ça s’effectue très rapidement en quelques jours.

Fabrice :   

Donc, à combien tu l’as acheté alors la surface. Enfin, ce n’est pas un appartement mais…

Benoit :

C’était 50 millions pesos.

Fabrice :  

D’accord. Bon en ce moment, l’euro n’a pas mal monté. Donc, ça fait…

Benoit :

15000 euros.

Fabrice :

15000 euros ?

Benoit :

Oui.

Fabrice :

D’accord. Ce qui est un bon prix pour la surface ?

Benoit :

La surface oui, ça paraissait un très bon prix.

Fabrice :

Oui, parce que c’est assez grand, il y avait…

Benoit :

Il y avait 80 terrasses et une quinzaine à l’intérieur. Mais, bon, comme il fait tout le temps beau, c’est …

Fabrice :  

D’accord et donc à partir de ce moment là, vous vous êtes entendu sur le prix. Toi tu es venu avec un visa touriste. Donc, tu ne peux pas acheter un truc normalement avec un visa touriste ?

Benoit :

Il faut investir. Après, une fois que tu as investi, après tu as le visa pour résider deux ans en France.

Fabrice :  

D’accord. Donc, ce qu’il faut faire c’est que tu achètes le bar avec tes associés et là tu fais une demande pour changer ton visa ?

Benoit :

Oui, voilà. Une fois que les papiers sont montés, que la société est montée, que le capital est présent. Donc, il faut 10 fois, c’est un capital de 100 fois le salaire minimum, donc, ça représente 62 millions de pesos. Donc, on a monté le capital à 90 millions de pesos avec tous les documents, il faut aller à l’ambassade au ministère des relations extérieures et là avec tous les documents, ils font le visa. Voilà.

ouvrir un resto

Fabrice :

Donc, en fait, il faut d’abord que tu trouves l’affaire, que tu investisses et après changer le visa, ce n’est pas le contraire.

Benoit :

Il faut prouver qu’on a investi de l’argent. Une fois qu’on a investi, on a le visa.

Fabrice : 

Ça c’est automatique quoi.

Benoit :

Voilà, une fois que le montant, le capital est officiel et que le montant est passé, les 62 millions de pesos, il n y a aucun problème pour avoir le visa.

Fabrice :  

Et ça, ça s’appelle un visa business. C’était le TP2 je crois. Oui. Visa d’investisseurs et voilà.

Benoit :

Par contre, le seul truc c’était juste que je pouvais travailler dans mon bar, dans mon restaurant. Je ne pouvais pas travailler en dehors, je ne peux pas avoir un autre travail.

Fabrice :    

Ah oui d’accord. Parce que je crois qu’il y a plusieurs visas, non ? Il y a le visa business, il y a…

Benoit :

Il y a une dizaine de visas oui, entre les gérants, les investisseurs, demain je peux acheter un appartement ici à 90 millions de pesos et j’aurais mon visa parce que j’ai investi des sous ici.

Fabrice :  

D’accord et ça sera un visa business, le même visa ?

Benoit :

Après la différence c’est que je peux travailler.

Fabrice :

D’accord intéressant oui. C’est vrai qu’il y en a pas mal qui achètent des apparts qui – ça leur permet parfois c’est même le but d’obtenir…Enfin, c’est un investissement et ça permet en même temps d’obtenir le visa. Et le visa c’est combien d’années ? Il est renouvelable ?

Benoit :

Le temps que l’investissement est présent sur le pays. Donc, tu peux investir pendant 10 ans et tu auras le visa pendant 10 ans.

Fabrice :    

D’accord. Mais, tu dois quand même faire une démarche pour le renouveler chaque année ?

Benoit :

Chaque année oui.

Fabrice : 

Ok. C’était compliqué les paperasses à faire tout ça ?

Benoit :

Non, parce que une fois que la chambre de commerce, il y a la mairie, la chambre de commerce pour s’enregistrer. Bon, après si on a un comptable. Le comptable il fait tout ça. Là, aussi le fait d’avoir des associés colombiens, c’est plus facile parce qu’il connait ces papiers et tout et puis, ils traduisent bien surtout. Et puis, après voilà chambre de commerce, la mairie, le passeport. Et puis, il faut aller à Bogota. Et en une demi-journée, c’est fait.

Fabrice :       

Alors, là, c’est quand même obligatoire d’aller à Bogota pour le visa ?

Benoit :

Oui, il faut aller à Bogota.

Fabrice :  

Donc, toi tu as trouvé ça assez simple ?

Benoit :

Oui, du moment qu’il y a tous les papiers oui.

Fabrice : 

Oui, parce que la réputation de la Colombie, la paperasse tout ça.

Benoit :

Oui mais après, il y a la page internet donc il faut téléphoner aussi, ce n’est pas facile non plus parce que souvent les personnes, elles changent un peu les versions, mais une fois que tous les papiers sont réunis, c’est en une demi-journée c’est fait. Après, le plus dur c’est de savoir les papiers nécessaires.

Fabrice :  

Ok. Et tu dois payer des taxes, des choses ?

Benoit :

Je crois qu’il y a 90 millions de pesos à payer pour l’entretien. Et puis, après je crois que c’était 200, l’équivalent de 200 euros, il me semble, de mémoire.

Fabrice : 

D’accord, bon comme quoi, ça peut être simple en Colombie, si tu as tous les papiers voilà parce que parfois en effet c’est assez compliqué. Ok, donc, ça tu as le visa, le visa business.

Benoit :

Avant d’avoir le visa, j’ai fait les démarches pour avoir le bar. On a ouvert le bar et une fois qu’on a fini les papiers avec les déclarations et tout ça, c’était deux ou trois mois après.

Fabrice :    

Donc, ça a pris 2 mois quand même les papiers ?

Benoit :

Oui le temps de l’ouverture du bar, il fallait trouver un petit créneau parce que il faut être présent tous les jours au bar, donc, ce n’était pas facile, on se libérait un petit peu et puis voilà.

Fabrice :  

D’accord. Alors, ce restaurant comment il s’appelait déjà ?

Benoit :

Le bistro.

Fabrice :  

Le bistro et c’était sympa parce que ce n’était pas très loin d’où j’habitais à l’époque. Donc, à un moment, j’étais avec un ami à Kalagan là, on venait presque tous les midis et là, c’était bien sympa, on retrouve un peu la cuisine française, mouse au chocolat. Je me rappelle, le mouse au chocolat, ça faisait plaisir. Donc, on en prenait à chaque fois c’était sympa. Donc, voilà, c’était vraiment sympa, en plus ce n’était pas très cher, c’était 8000.

Benoit :

Oui, c’est ça. 8000 pesos le déjeuner.

Fabrice :   

Ça fait quoi ? 3 euros en ce moment.

Benoit :

3 euros.

Fabrice :

Ce n’est vraiment pas cher et il y avait une entrée plat et dessert, c’est ça ?

Benoit :

C’est ça.

Fabrice :      

Donc, c’était un endroit sympa. Donc, ça tu as ouvert ça en avril 2014 ?

Benoit :

On a ouvert je crois que c’était le 23 avril.

Fabrice :

D’accord. Donc, il y a eu pas mal de monde, enfin, il y avait régulièrement assez de monde.

Benoit :

Le midi oui. C’était pratiquement plein. Une bonne cinquantaine de couverts le midi. Et après le soir, c’était différent. C’était plus difficile le soir. Comme on habite une zone résidentielle et en plus avec l’historique du bar où ça n’a pas très bien passé avant. Donc, les gens ils étaient un peu plus réticents à venir le soir.

Fabrice :   

C’est-à-dire qu’avant il y avait un mauvais service.

Benoit :

Mauvaise réputation. Il y eu le bordel. Donc, les gens ils ne se plaignaient pas mal du bruit. Donc, on ne peut pas mettre de la musique. Donc, ça, ça nous a un peu desservis. Puis, on est tombé par la coupe du monde de football aussi.

Fabrice :     

Mais, ce qui est bien normalement justement pour le business, les matchs de foot.

Benoit :

C’est bien pour les deux premières parties de Colombie. Après, c’était moins bien parce qu’il y a eu interdiction de vendre de l’alcool pendant les parties, pendant toute la nuit après le match.

Fabrice :    

Ah oui d’accord.

Benoit :

Ça c’était un peu plus compliqué.

Fabrice :    

Ah oui en effet d’accord. Et donc, le bar, enfin, le restaurant, le bistrot tu l’as ouvert jusqu’en novembre ?

Benoit :

Jusqu’à novembre oui.

Fabrice :  

Et là donc, tu es parti. Tu l’as vendu parce que …. Pourquoi en fait ?

Benoit :

Ça ne marchait pas aussi bien que je l’espérais donc voilà, il a fallu vendre le bar et voilà je suis rentré en France.

Fabrice :   

Oui, mais parce que tu étais en déficit ou tu ne gagnais pas assez ?

Benoit :

Je ne gagnais pas assez. On s’est aussi trompé malheureusement sur quelques choix. Donc, il a fallu arrêter.

Fabrice :

D’accord et avec le recul, qu’est ce que tu referais différemment alors ? Si là, tu revenais en arrière et tout ça ?

Benoit :

Le même bar, là, c’est difficile à dire puisque maintenant je sais beaucoup sur les problèmes, sur la mentalité et tout ça. Donc, oui je ferai plein de choses différemment, et voilà pour trouver le bon créneau, puisqu’au début, j’étais parti sur un bistrot français et tout ça.

Mais après, voilà, ici c’est quand même une ville traditionnelle. Donc il faut vendre des produits que les gens connaissent et peut être petit à petit mettre quelques plats français et voilà, mais pas faire une carte française dès le début et voilà puisque j’ai changé quelques mois après puisque j’avais fait le midi, c’était soit un plat français, soit un plat colombien. Donc, les gens pouvaient choisir.

Fabrice :     

En effet, c’était très français, peut être trop français parce que pour restituer, là on est à Santander. Et Santander, c’est une des régions sans doute les plus traditionnelles de Colombie. Enfin, c’est la réputation du moins. Et il y a peu de gens qui sont partis à l’étranger, etc.

Il y a peu d’expatriés. Bucaramanga, c’est une ville où il y a très peu d’expatriés, peu de touristes aussi et donc, c’est vrai que les gens ils ne sont pas forcément free en nouveauté pour connaître les gens d’ici voilà. Ce n’est pas de gros aventureux, enfin ils aiment bien écouter la même musique, manger la même chose et c’est vrai qu’un restaurant français, il y a des personnes qui viennent pour essayer quand même par curiosité.

Benoit :

Bien sûr.

Fabrice :   

Mais, voilà en fait, ils ne vont pas forcément venir très souvent plusieurs jours dans la semaine, c’est un peu comme nous je pense quand on va au restaurant chinois, on ne va pas y aller tous les jours de la semaine, même si on trouve ça bon, même si on aime, etc. C’est que voilà, tout le monde est attaché un peu à sa nourriture, etc.

Et du coup, les gens aussi ne sont pas très curieux. Je me rappelle, il y a une boulangerie ici et je me rappelle d’un gars qui était rentré dans la boulangerie. Il regarde pendant 5 à 10 minutes le pain, il demande des informations, etc sur les plats français. Et le mec, il ressort sans rien acheter. Tu vois ? C’est quand même étonnant tu vois, c’est quelque chose, enfin moi je ne ferai jamais. Mais, ici voilà, les gens ils sont…

Benoit :

Si c’est français, alors ça va être cher. Alors, qu’on n’était pas cher. Mais les gens sans vouloir savoir combien ça coûte et tout ça. L’image tout de suite, c’est le luxe.

Fabrice :   

Ah tu crois qu’il y en a qui ne rentraient même pas parce qu’ils savaient que c’était cher et tout ça.

Benoit :

Après, on a dû mettre une carte dehors en disant c’est tel prix, c’est 8000 pesos, ce n’est pas si cher que ça. Et en même temps, ça peut desservir parce qu’une clientèle qui ne va pas compter pour payer un plat va voir ces tarifs là de 8000 pesos, 10000 pesos, bon c’est peut être pas assez cher, peut être ce n’est pas bon. Ce n’était pas facile à gérer ça.

Fabrice :  

Est-ce qu’il n y avait pas aussi un truc sur la quantité, pour moi c’était assez, mais j’ai l’impression que les colombiers mangent des plats copieux.

Benoit :

Oui, c’est beaucoup et souvent c’est tous la même chose, le riz c’est consistent, il y a beaucoup de choses avec du poulet, des soupes, donc, il faut que ça soit aussi gros. Ils aiment bien quand même quand il y a de gros hamburgers.

Fabrice :    

Donc, tu as commencé un peu à mixer la carte, à mettre un peu des trucs un peu colombiens ça marchait mieux ?

Benoit :

Oui, ça marchait mieux. Déjà le midi ça marchait mieux au fur et à mesure. Après le soir, c’est les hamburgers, les croque-monsieur parce que je faisais les croquemonsieurs. Mais bon comme c’est du pain, du jambon, du fromage, là-dessus, ils aiment bien, des clubs sandwichs. Donc, je me rappelle que j’avais mis le bœuf bourguignon à la carte, j’avais fait des tartares au saumon et ça, ça ne prenait pas trop parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était même si on leur expliquait, ce n’était pas… ça paraissait un peu bizarre. Donc, une fois de temps en temps, ça marchait. Mais pas tous les jours.

Fabrice :    

Et tout ça, ça n’était pas suffisant encore ?

Benoit :

Non, ça n’a pas été suffisant.

Fabrice :     

Parce que moi je me rappelle un lecteur qui m’avait envoyé un mail, il me disait oui, j’aimerais monter un resto en France, à Cúcuta. Alors, Cúcuta, je me disais, je l’ai un peu découragé je pense puisque je me disais : « Ok, alors à Bucaramanga, c’est un peu galère. Donc, Cúcuta qui est encore plus traditionnel, encore plus petit, il n y a quasiment aucun. Tu vois ce que je veux dire, je ne vois pas comment ça pourrait marcher à la limite, si ça ne marche pas ici.

Benoit :

Là, ça me parait très compliqué après, je pense qu’il faut connaître les gens du quartier, les gens un peu petit à petit et peut être sympathiser avec eux, faire beaucoup de relationnel. Et le problème c’est que comme j’étais en cuisine, je ne pouvais pas faire le relationnel. Ici, les colombiens, ils aiment beaucoup le relationnel justement.

Ils aiment bien qu’on s’assoit avec eux, qu’on discute, qu’on parle un peu de tout et si on n’a pas le temps de faire ça, ils reviennent moins, même si la cuisine puisque c’est difficile de trouver du personnel qui va savoir cuisiner comme nous on fait en France. Après, il y a le service aussi qui est compliqué. Ce n’est pas professionnel. Tout ça fait qu’après j’avais du mal à me situer parce qu’il faut être en salle pour optimiser le service ou en cuisine pour que ça soit comme je veux. Ça c’est un peu des deux, c’est compliqué.

Fabrice :

Mais, le fait que t’es français, ça t’a quand même aidé ?

Benoit :

Bien sûr oui, les gens ils aiment bien. Ici, je pense qu’on est quand même bien vus. Les colombiens aiment bien les français. Donc, ça, ça aidait.

Fabrice :   

Et je me souviens, t’avais un peu des problèmes avec les serveurs, gérer le personnel. Ce que je comprends parce que je connais bien le problème aussi. Avec le café ce n’est pas facile. Et toi tu avais plutôt je me rappelle bien, oui tu avais plutôt la tendance à être assez stricte avec eux, ce que moi je suis d’accord tu vois. Mais, c’est vrai que quand tu parles aux colombiens. Enfin, moi, j’ai les associés du bar qui sont colombiens, ils me trouvent trop dur. Alors, que moi, eux je les trouve trop cools, tu vois ? Et c’est un peu la culture colombienne, je ne sais pas – enfin j’ai l’impression, c’est la culture colombienne et je les trouve trop cools.

Benoit :

Il y a des manières de parler je pense aussi. Même quand on doit « engueuler » quelqu’un pour dire ce n’est pas bien et tout ça, il faut mettre la forme tout le temps et puis, il ne faut surtout pas hausser la voix, c’est très compliqué. Même si on venait d’un autre endroit, il faut être ponctuel, il faut arriver à telle heure et tout ça, ce n’est pas grave. Eux, ils sont en retard, ce n’est pas grave. Une heure de retard, c’est normal.

Fabrice : 

Même si tu es stricte, ça ne marche pas en fait.

Benoit :

Je ne sais pas, même avec le recul, ça me paraît, même en mettant les choses au clair dès le début en disant voilà, moi je veux que vous soyez comme ça, comme ça et comme ça. Et bien petit à petit ça disparaît puis on me dit voilà, il ne faut pas me parler comme ça parce que c’est trop dur, il ne faut pas me parler comme ça parce que ce n’est pas poli. Ah bon ? Et on parle comment alors ? C’est ça qui est compliqué.

Fabrice :   

C’est difficile de trouver le bon équilibre.

Benoit :

Il ne faut pas copiner, ile ne faut pas trop « se faire manger ». Après, il ne faut pas être trop dur non plus, parce que sinon, on passe pour un esclavagiste.

Fabrice :     

Oui, mais j’allais dire à la limite, il vaut mieux pas être trop dur que pas assez.

Benoit :

De mon point de vue, comme à Paris, je travaillais justement à Paris dans les restaurants et dans les bars, ça marche comme ça, il faut être dur, mais pas sévère non plus. Mais voilà, il faut que les choses se fassent dans la bonne humeur et tout ça. Il faut que ça se passe bien et si ça ne se passe pas bien, il faut dire voilà, ce n’est pas bon, ce n’est pas bon, on travaille comme ça et puis, c’est tout, il n y a pas d’autres façons de travailler.

Et le fait ici que ça ne soit pas un métier non plus reconnu : serveur, serveuse, barman, c’est les étudiants qui font ça ou justement c’est les personnes qui sont un peu défavorisées, qui ne gagnent pas beaucoup d’argent, ce n’est pas reconnu. Donc, ils vont gagner le salaire minimum. Donc, on ne peut pas espérer un service comme nous on va avoir en France. A Paris, c’est quand même des serveurs professionnels qui gagnent bien leur vie, qui gagnent des pourboires.

Ici, ils gagnent le salaire minimum, c’est 700000 pesos ou 100000 pesos. Donc, on ne peut pas exiger du serveur le même service que nous à Paris.

Fabrice :    

Oui, parce qu’ici la difficulté c’est que non seulement les serveurs peuvent être en retard, voilà la qualité du service, etc. Mais, en plus, ils ont tendance un peu à servir dans la caisse parfois ou comme tu disais, tu me racontais à boire plein de soda. Donc, coca-cola comme ça, voilà t’en bois 3 ou 4 serveurs tous les jours, mine de rien, ou alors en effet, détourner un peu de l’argent, etc.

Benoit :

Voilà, c’est qu’en fait, ce n’est pas qu’on ne peut pas faire confiance. Mais je pense qu’il faut faire confiance au bout de quelques mois ou même quelques années, on ne peut pas dire, voilà, je vais m’absenter une heure, tu me surveilles le bar ou le restaurant et je reviens. Non, il faut être présent au début tout le temps.

Fabrice :  

Oui, je suis d’accord. Je me souviens d’un lecteur qui m’avait écrit, il voulait aller à Medellin, acheter un bar, bon le tout en l’espace d’un mois et le mettre en gestion à quelqu’un. Et j’ai dit : « Mais non, t’es ouf, arrête ton délire ».

Benoit :

Déjà connaissant le métier en France, c’est compliqué de faire ça. Alors dans un pays comme ça, c’est encore plus compliqué, même si on a des caméras de sécurité, qu’on surveille les employés ou qu’on fait ce qu’on veut, voilà, il faut être présent, il faut apporter, pas le savoir faire mais bon. Voilà, il faut être présent, il faut être là dans le bar, il faut surveiller, il ne faut rien laisser passer.

Fabrice :

Il faut être tout le temps présent parce qu’en effet, tu ne peux pas faire confiance forcément.

Benoit :

Soit c’est – à mon avis – des gens qui ont investi beaucoup d’argent, qui ont mis des managers et que les managers doivent être payés beaucoup plus. Donc, eux, ils se permettent d’être un peu plus durs et surveillent bien en espérant qu’ils ne se prennent pas dans la caisse. Mais, si c’est un petit bistrot comme nous, il faut être là, il faut surveiller.

Fabrice :               

Non, c’est vraiment difficile. Mais, moi justement pour avoir discuter avec quelqu’un à Paris ou si avec toi en fait, je me suis aperçu en effet avec un peu de surprise qu’en France aussi, c’est assez commun.

Benoit :

Bien sûr, après, c’est vrai que je n’ai travaillé qu’à Paris. En plus, c’est un métier quand même où on se permet de gagner de l’argent même sans diplômes, même ça permet d’avoir un bon salaire. Mais, c’est pareil, c’est exactement pareil : Il faut surveiller la caisse, il faut – avec tous les problèmes – les mecs qui picolent, ce n’est quand même pas un métier facile.

Fabrice :   

Attends, attends, tu m’as raconté une anecdote là. Je sais que ça ne se fait plus mais avec les vieux garçons de café-là, avec le café.

Benoit :

Pour voler un café, pour gagner juste 2.50 ou peut être 2 euros à l’époque, pour ne pas taper le café à l’ordinateur ou pour ne pas passer devant le café avec le barman pour le vendre, il préférait le boire, se brûler la bouche et recracher le café sur la tasse après pour le vendre au client.

Fabrice :  

Ah c’est quand même fou cette histoire.

Benoit :

Ça ne doit pas se faire beaucoup maintenant, mais oui quand j’ai commencé il y a 15 ans, oui oui.

Fabrice :  

Tu n’aurais pas dû me le dire parce que maintenant, je vais regarder les garçons de café maintenant à Paris différemment.

Benoit :

Oui, ils ont une mauvaise réputation à Paris, le garçon de café.

Fabrice :  

Ah oui, tu trouves ?

Benoit :

Ah oui, très mauvaise réputation. Peut être que ça s’est mélangé depuis 10 ans. Mais avant justement, dans tous les guides touristiques, c’était : « Il faut faire attention aux garçons de café. Il vous impose des consommations, il vous impose ci. Ils ne sont pas payés au service. » Ils arrivaient devant les clients en disant, non le pourboire n’est pas compris. Comme aux États-Unis, ça se fait beaucoup justement qu’ils payent au service, les américains disent maintenant, on vous donne du 30% d’addition ou 20%. 20% en général alors qu’ils sont payés au service, voilà.

ouvrir un resto à l'étranger

Lors de la coupe du monde 2014

Fabrice : 

Ils sont bien payés !

Benoit :

Ah oui, ils sont bien payés, très bien payés, mais bon ils en voulaient tout le temps plus.

Fabrice :  

D’accord, parce que je ne vous ai pas dit au début et que j’aurais dû le dire c’est que Benoit est du métier quand même. Il est gérant depuis plusieurs années, tu as géré plusieurs cafés, bars.

Benoit :

J’ai eu deux bars à Paris, et ça fait 6 ans que je suis dans le même bar, pas loin de la Tour Eiffel comme gérant.

Fabrice :

Quand tu es arrivé ici, voilà tu avais de l’expérience, tu connaissais le métier et pourtant on voyait que ce n’est pas forcément un gage, c’est plus compliqué que ça.

Benoit :

Non, après les bases sont les mêmes, c’est la présence au boulot, c’est être présent dans son café et travailler, faire le métier de serveur, lé métier de cuisinier, plongeur, faire un peu tout. Mais, après je ne m’attendais pas à trouver autant de problèmes avec les employés ici.

Fabrice :     

C’était surtout ça le grand problème.

Benoit :

Oui, je pense que c’était dur à gérer, c’est super dur à gérer entre la ponctualité, les vêtements en travail, le sérieux, le téléphone portable.

Fabrice :    

Oui le sérieux et la ponctualité c’est vraiment différent. Moi, j’ai travaillé souvent avec des graphistes ici. Mais pour trouver quelqu’un de sérieux, ça était vraiment galère, j’ai vu des trucs de fou, du genre, le gars, il me dit non avec moi, tu ne seras jamais en retard puisque j’ai essayé de mettre les choses au clair dès le début.

Et le gars, il zappe le rendez-vous, il ne vient même pas, il ne m’appelle même pas. Enfin, des trucs assez hallucinants. Et là, j’ai trouvé depuis quelques années une personne sérieuse. Mais, c’est une personne qui a l’habitude déjà de travailler avec des étrangers. C’est ça la différence ici si tu veux un personnel un minimum sérieux, il faut essayer de trouver quelqu’un qui a déjà travaillé à l’étranger ou avec des étrangers, ce qui n’est pas facile quoi.

Benoit :

Bien sûr. Et puis, la ponctualité, c’est le truc le plus… On a du mal à comprendre, même si 5 minutes de retard, ça peut se comprendre. Mais, des fois c’est une heure ou deux heures de retard mais pour tout, pour les fournisseurs aussi parce que j’avais des fournisseurs, je les ai appelés en disant « Demain, j’ai besoin de 10 caisses de bière ou 5 pièces de bières. C’est vraiment urgent, j’en ai pratiquement plus. » « Oui, pas de problème demain matin on te livre ». Et en fait, c’était 3 jours après.

Fabrice :   

Et pour eux, ils ne comprennent pas où est le problème.

Benoit :

Oui, c’était normal. Et après on comprend un peu plus. Donc, on anticipe vachement plus en disant j’appelle aujourd’hui pour que peut être dans une semaine j’en aurais besoin, mais bon, j’ai anticipé au moins je suis tranquille. Mais après quand il manque un peu d’argent, qu’on est en flux tendu pour le stock, que voilà, on va compter sur la recette de quelques jours pour dire on va faire une grosse livraison. Non, ce n’est pas possible.

Fabrice :    

Parce que c’est vrai qu’ouvrir un restaurant à l’étranger, c’est souvent une idée de business assez classique quand quelqu’un veut s’installer à l’étranger et souvent on pense à ça, même ceux qui n’ont pas d’expérience mais c’est assez difficile, ce n’est pas facile du tout à faire même pour quelqu’un qui est du métier.

Benoit :

Justement sur ce point-là, je pense que j’aurais dû peut être prendre plus de temps pour bien analyser le quartier, connaître bien la ville pour savoir où sont justement les demandes de restaurants à peu près français ou savoir qu’à Bucaramanga, je ne pense pas qu’il y a une demande de restaurant français, un petit peu mais pas non plus… Voilà.

Fabrice :     

En même temps, il y a la place normalement.

Benoit :

Après, voilà, il faut s’adapter au quartier, il faut faire ce qu’ils demandent – je pense qu’il faut prendre un peu plus de temps quand on arrive dans un pays, dans une ville, parce que toutes les villes sont différentes, à Medellin et Bogota, je ne sais pas combien il y a de restaurants français et ça marche pas mal. Ça marche bien.

Mais, je pense en effet que ce genre de business c’est beaucoup plus facile dans une ville un minimum touristique où il y a des expatriés ou des touristes qui – tu sais – ils vont être des clients réguliers déjà tu vois ? Oui, voilà, on avait la chance, on est à côté de l’alliance française. Donc, on a pu faire des événements avec eux, ils sont venus régulièrement manger le midi. Donc, déjà dès qu’il y avait un peu de monde, les gens revenaient plus parce qu’ils voient que ça marche, c’est comme de tout.

S’il y a un bar où il n y a personne, les gens n’y vont pas parce qu’ils pensent que ce n’est pas bon dès qu’il commence à y avoir un peu plus de monde, ça commence à prendre, donc c’est petit à petit. Donc, c’est pour ça, que c’est bien d’avoir une communauté un peu française étrangère qui va venir dans un café ou va faire acte de présence en se disant : « Tiens, on mange ! »Et voilà, donc, les gens qui passent à côté du café, ils voient du monde et après de ce fait, ils vont rentrer.

Fabrice :   

D’accord. Et là, depuis que tu as fermé le restaurant, tu es rentré en France pour bosser. Là, tu es revenu parce que tu penses revenir ici et faire un autre projet ?

Benoit :

Je suis déjà revenu pour être avec ma fiancée, passer du temps avec elle et en même temps de chercher une future affaire. On peut se renseigner si on peut continuer comme ça. Je voudrais bien ouvrir une crêperie ou une rôtisserie, ouvrir au moins dans les années qui arrivent, petit à petit. Je pense qu’il faudrait un bon capital aussi. Moi, je suis arrivé, j’avais 15000 euros. Ce n’est pas suffisant.

Fabrice :

Mais, là, c’était suffisant du coup, pour acheter le bar ?

Benoit :

Mais après, il faut avoir une trésorerie pour anticiper les deux ou trois mois difficiles, peut être même les six premiers mois difficiles parce que ça ne se fait en une journée où les gens vont venir.

Donc, c’est bien de pouvoir être tranquille 6 mois je pense, limiter les employés au début et après petit à petit faire au mieux pour que ça marche bien. Voilà, évoluer, grandir avec les employés, les former comme on veut. Et voilà, puis petit à petit, c’est pour ça que je pense que c’est bien d’avoir un bon capital de début 50000 euros en Colombie. Après, comme à Paris, ce n’est pas possible d’acheter un bar à 50000 euros.

Fabrice :  

Oui 50000 euros, c’est déjà pas en effet à Paris. C’est déjà bien ici d’avoir 50000.

Benoit :

C’est une belle affaire, 50000. Ça représente une belle affaire grande. Après, comme ici. Ton café c’est on ne peut faire que du café, on ne peut faire que des boissons. C’est bien aussi, mais bon après, ça ne permet pas de vivre dessus. C’est un investissement. Après, ce n’est pas non plus…

Fabrice :   

Après, est ce que tu trouves qu’ici faire ce genre de business c’est quand même plus rentable si ça marche parce que je veux dire les frais, les coûts salariales sont beaucoup plus faibles parce que quand tu achètes un bar à Paris, il me semble, tu t’en mets pendant 10 ou 15 ans pour acheter le commerce en général.

Benoit :

Oui, c’est minimum 7 ans, si on n’a pas les fonds, il faut faire un crédit avec la banque. Après, les impôts, tout ce qui est actuellement en France, c’est cher, les employés sont chers, la masse salariale, les impôts patronales, salariales et tout. Donc, déjà c’est compliqué. Ici, bien sûr qu’il y a les impôts mais bon, il y a moyen quand même de gagner de l’argent sans…

Fabrice : 

Si l’affaire marche du même niveau c’est beaucoup plus rentable ici tu rentabilises beaucoup plus vite.

Benoit :

Oui. C’est plus facile déjà à rentabiliser même en vendant des déjeuners à 3 euros, il y a moyen de bien gagner sa vie. A premier niveau la Colombie, après le projet ça reste en Colombie, ce n’est pas non plus de voyager, de dire : « Je vais me payer un billet d’avion tous les mois pour rentrer en France.» Mais, ça permet d’avoir un bon salaire pour acheter un appartement ici. Oui, il y a un moyen pour que ça marche très bien. Il y a des gens qui ont des restaurants ici qui vivent très bien.

Fabrice :               

Oui, c’est clair. Donc, voilà, mais il faut quand même savoir qu’il vaut mieux arriver avec en effet plusieurs dizaines de milliers d’euros, parce que voilà la Colombie, les gens pensent que ce n’est vraiment pas cher, etc. Mais, voilà, ce n’est quand même pas un pays africain. Enfin l’Afrique, c’est encore moins cher parce que je connais bien et en effet, tu montes là-bas un restaurant avec encore moins d’argent. Mais bon la Colombie, c’est quand même un pays assez développé. Les prix d’immobilier, sont quand même assez élevés en général.

Fabrice :

Tu payais combien le loyer du restaurant ?

Benoit :

Cela représentait à peu près 800 euros.

Fabrice :   

Quand même c’est déjà pas mal. Oui en effet, il faut quand même déjà rembourser les 800 euros.

Benoit :

Voilà, il faut rembourser les 800 euros, plus après rentabiliser les investissements plus payer les employés plus voilà. Voilà, il faut un bon minimum tous les jours à faire.

Fabrice :    

Alors, pour terminer quel conseil là tu donnerais à quelqu’un qui a cette idée en tête dans un pays de venir ouvrir un resto ou un bar ?

Benoit :

De prendre son temps, voilà. Juste de prendre son temps, de ne pas s’enflammer parce qu’on a trouvé un bon endroit et que ça paraît joli. Il faut prendre son temps pour savoir ce que les gens veulent réellement ici, ce qu’ils veulent consommer, voir la mentalité aussi. Quelques mois. Voilà, il faut prendre quelques mois pour observer ce qui va fonctionner, ce qui est nécessaire juste prendre son temps.

Fabrice :

Et connaître des gens sur place encore et encore.

Benoit :

Le mieux oui, voilà c’est vraiment de connaître son sujet à fond pour savoir vraiment où aller, comment fonctionner,

Fabrice :   

Voilà, il vaut mieux avoir pas mal d’argent de côté pour au cas où, etc. Voilà, se renseigner un peu enfin pas venir en se disant voilà il faut plus d’argent. Non, il vaut mieux prévoir plus.

Benoit :

Voilà, il ne faut pas venir en touriste. Il faut se dire que ça ne va pas fonctionner du jour au lendemain dès le début. C’est prendre son temps.

Fabrice :               

Ok, écoute, merci Benoit d’être venu ici pour répondre aux questions par rapport à ton projet, là, cette expérience de restaurant. En tous cas, visiblement ça ne t’a pas calmé puisque tu vas repartir sur un autre projet.

Benoit :

C’est vrai. C’est une très bonne expérience. On apprend même si ça ne se termine pas comme on veut. C’est quand même une bonne expérience puisqu’on apprend autre chose : la culture, la rencontre des gens, d’autres personnes. C’est un pays quand même fantastique. Donc, très heureux de ça, voilà.

Fabrice :              

Ok, écoute je te souhaite bonne chance pour ton futur projet. Et puis, à bientôt.

Benoit :

Merci. A bientôt. Merci.

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  1. Très bon IV Cast et très intéressant. C’est ce qu’on essaie toujours à dire à nos amis qui veulent ouvrir quelque chose à l’étranger. Ce n’est pas si facile, il faut se préparer, bien entourer etc. Merci d’avoir partagé cette expérience.

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