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IVCAST 3 : Journaliste voyage, un metier de rêve ? Avec Julien Vitry du Lonely Planet Magazine

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Qui de mieux que le rédacteur en chef du Lonely Planet pour répondre à cette question ? Devant un café, Julien Vitry me raconte son métier de journaliste voyage, sa passion du voyage, son parcours etc.   julien vitry journaliste voyage

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 journaliste voyage

A propos de cet épisode :

J’ai rencontré Julien il y a quelque temps par un ami commun. Depuis, il m’arrive de le croiser lors de mes passages à Paris. En février, j’en ai profité pour l’interviewer pour un épisode d’IVCAST. Ce n’est pas tous les jours que l’on a sous la main le rédacteur en chef d’un magazine voyage !

Julien était la personne idéale pour parler du métier de journaliste voyage. Je sais que parmi les fans de voyages, nombreux sont ceux qui y ont pensé.

Et vous ?

 

Mots clefs du podcast:

Lonely Planet – Presse voyage – Journaliste voyage  

 

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode :

– comment Julien est devenu rédacteur en chef du magazine Lonely Planet

– son quotidien de journaliste voyage

– est-ce que le fait d’avoir fait du voyage son métier a changé quelque chose par rapport à sa passion.

– la situation et l’avenir de la presse magazine voyage

– comment il choisit une destination, comment il prépare ses voyages

 

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Liens et ressources mentionnées dans l’épisode :

Le site du Lonely Planet Magazine

Echoway

 

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Transcription (résumé du podcast)

Bonjour à tous, alors aujourd’hui je suis avec Julien Vitry qui est rédacteur en chef du magazine Lonely Planet. Alors, bonjour Julien !

Julien :             Bonjour !

Alors voilà, aujourd’hui j’avais envie de te poser quelques questions. Notamment et bien par rapport à ton métier rédacteur en chef du magazine Lonely Planet. Alors la première question c’est voilà est-ce que tu voyages autant ? Raconte-nous un peu ton quotidien.

Julien :            Et bien oui je continue à beaucoup voyager parce que c’est nécessaire de continuer à connaître le monde et à palper ce qui s’y passe pour se faire son avis sur les choses, et bien sentir les choses. Voilà donc je continue à me déplacer beaucoup en Europe parce que j’ai quand même pas mal de contraintes en tant que rédacteur en chef qui nécessite que je sois à paris et que je suive mes dossiers.

Néanmoins, j’arrive à me trouver trois, quatre jours, je ne fais plus de grands voyages comme avant où je partais parfois 15 jours sur une destination.

Là maintenant je pars plutôt trois-quatre jours en Afrique du Nord ou en Europe quelques grands sujets aux États-Unis également. Voilà c’est surtout ça qui a changé. Je ne peux pas partir très longtemps, mais je continue à partir souvent.

Par exemple tes derniers voyages concrètement c’était où ?

Julien :           La semaine dernière j’étais aux Açores. Donc j’ai découvert les Açores que je ne connaissais pas. Donc cette petite île, ce petit archipel qui se trouve à 1500 km de Lisbonne, en plein milieu de l’Atlantique et qui est finalement assez peu connu, on en connait l’anticyclone, et puis voilà grosso modo les gens ne savent pas trop à quoi ça ressemble. Je suis allé dans l’île principale São Miguel. Voilà en plein mois de janvier. C’était très calme, il n’y avait pas grand-chose à faire, mais c’était très sympa.

Et puis le mois dernier, j’étais en Val d’Aoste donc voilà rien à voir, en plein milieu des Alpes, au pied du Mont Blanc. Donc dans un univers de ski entre Italie et France. Voilà, c’était mes deux derniers déplacements et puis là je pars dans 15 jours aux Pays Bas donc entre Haarlem et Delft sur le long du littoral donc des Pays Bas.

Justement je rebondis sur les Açores. J’étais il y a peu aux Canaries. C’est très différent comme île ? Enfin si tu connais les Canaries ?

Julien :            Oui, alors j’ai fait plusieurs reportages de Canaries depuis deux-trois ans puisque c’est une destination qui est très demandée. Je suis allé à Tenerife, et à Furete Ventura. Et déjà aux Canaries, les îles sont différentes. Et les Açores ça n’a rien à voir. C’est plus un climat, c’est plus un climat océanique, mais plus au nord.

Donc – enfin je ne sais pas – pour ceux qui connaissent les Canaries, notamment, le Furete Ventura, qui est une île très désertique. Là, c’est une île, les Açores, très verte, pas trop tropicale. On a avec d’autres amis journalistes, on en rigole un peu. On parle. On a l’impression que c’est le Massif Central au milieu de l’Atlantique.

Alors j’ai envie de te demander : Travailler au Lonely Planet est un job de rêve ?

Julien :            Moi, c’est vrai que c’est le job que j’avais envie de faire, d’être responsable d’un beau titre de voyages, et qui puisait d’une marque qui est quand même connue de tous. Oui c’est à la fois le fait de travailler pour cette marque-là, et d’avoir le monde ouvert à soi et en même temps d’avoir ce rôle de management d’une équipe, à la fois une équipe journalistique et puis une équipe de voyageurs.

J’imagine que c’est très divers, enfin, tu touches un peu à tout. Tu as dit management, voyage, j’imagine que ça doit être hyper enrichissant et cela doit demander beaucoup aussi.

Julien :            Oui, il faut. Je pense qu’il ne faut pas faire ça tout de suite quand on commence à bosser, parce que ça demande quand même pas mal de compétences, oui assez variées parce que voilà on gère une dizaine, une quinzaine de personnes et c’est des personnalités assez différentes, en plus le sujet, le voyage c’est assez passionnel.

Chacun a ses destinations préférées, a son avis sur le voyage, sa façon de voyager. Donc voilà il faut arriver à faire une sorte de synthèse de ça qui correspond un petit peu à la ligne éditoriale de son titre. Oui voilà, donc il faut être assez diplomate.

lonely planet

Et alors raconte-nous comment t’es arrivé au Lonely Planet. Tu as fait une école de journalisme… ?

Julien :            Moi j’ai fait la fac et puis après j’ai passé un deuil et puis ensuite j’ai fait une école de journalisme, puis j’ai travaillé. Bon voilà, je passe un peu sur mon début de carrière professionnelle, mais j’ai travaillé pendant très longtemps, pendant 7-8 ans pour un autre éditeur de voyage, un autre guide avec lequel j’ai vraiment parcouru le monde.

Je suis allé sur tous les continents. Et puis un jour, il y a eu ce poste qui s’est présenté de rédaction en chef du Lonely Planet. Et j’ai sauté sur l’occasion, voilà et j’ai arrêté de faire des guides et ça fait 5 ans.

D’accord. Et tu préfères cela que de travailler sur des guides pays ? Quelle est la différence en fait ?

Julien :            Quand on travaille pour un guide de voyages qui a une grande réputation, on sait qu’on va écrire pour beaucoup de lecteurs, qu’on a une vraie responsabilité-là, c’est quand même très agréable et surtout on fait vraiment, on part pendant longtemps, on part pendant 15 jours, 3 semaines sur une région d’un pays voilà, on fait vraiment une micro région. Et là on va faire le truc à fond. C’est-à-dire qu’on va voir tous les hôtels, tous les restos, tous les lieux d’activités. Donc on se fait une vraie expertise sur un endroit.

Après quand on est responsable d’un titre comme ce que je suis aujourd’hui, au contraire on est beaucoup plus dans le global.  On devient plus global et voilà. C’est ça la différence.

Là j’ai envie de te poser une question un peu personnelle. Le voyage est devenu ton gagne-pain, ton métier. Or je ne sais pas si avant tu as beaucoup voyagé de par toi-même en dehors du boulot. Mais qu’est-ce que ça a changé le fait que voilà tu voyages ˝professionnellement˝ ?

Est-ce que, parce qu’on dit souvent voilà faire de sa passion son boulot, ça nuit justement à la passion. Je ne sais pas. Quel est ton ressenti par rapport à ça ? Ton expérience ? Qu’est ce que ça a changé le fait de travailler dans le voyage pour le voyage ?

Julien :            Moi, ça n’a pas changé du tout ma passion pour le voyage. Je fais ça maintenant depuis une douzaine d’années et au contraire j’aime toujours ça. Et puis même ça me permet de connaitre des endroits dans lesquels je ne serai pas forcément allé. Et du coup d’avoir envie d’y retourner à titre personnel.

Et puis surtout c’est ça. Ça m’a permis d’aller dans pleins d’endroits où je n’aurai pas forcément imaginer aller. Je pensais quelque chose de par exemple qui fait pas forcement rêver beaucoup de gens mais je suis allé en Suisse. J’ai fait un guide sur la Suisse, un guide de voyage sur la Suisse, la Suisse Alémanique. Et voilà, j’ai découvert des régions superbes, des lieux incroyables, les chutes du Rhin, les villages pommés.

Je suis allé dans pleins d’autres endroits magnifiques, au Brésil, dans les coins pommés de l’Amazonie, ou en Bolivie, ou différents États Américains, dans lesquels je ne serai pas allé aussi. Mais voilà ça permet… en fait il faut, je crois que quand on fait ça, quand on est journaliste et qu’on aime le voyage, on est quand même avide de découvertes donc quand même le champ est assez large pour qu’on ne s’ennuie pas.

Et pendant tes congés alors, tu fais des voyages personnels en général ?

Julien :            Oui, je continue à voyager. À vrai dire maintenant je suis papa d’un petit garçon donc je voyage un peu moins loin. Donc c’est vrai que je prends plaisir à découvrir, mais même en France il y a pleins d’endroits qui sont sympas. Enfin le voyage, d’où commence le voyage en fait.

Donc être père finalement dans ton métier ça a juste changé le fait que tu pars moins loin en fait ?

Julien :            Oui, c’est pratique que je ne fasse plus de grosses missions pour des guides parce que partir trois semaines c’est un peu délicat, voilà. Oui.

Bon, alors changeons un peu de sujet. Quel regard tu portes sur la presse voyage ? On voit souvent des magazines voyages apparaître. Ils ne durent souvent pas très longtemps. Je ne sais pas quelle est ton expérience par rapport à ça ? Enfin, comment tu vois l’évolution de la presse magazine voyages ?

Julien :            Bien, c’est une vaste question. À l’image de la presse écrite aujourd’hui c’est un secteur qui est quand même difficile. Chaque année tous les grands titres de voyages perdent en moyenne 10% de lecteurs chaque année depuis plusieurs années.

Les recettes publicitaires forcément se font ressentir. La concurrence, elle ne change pas tellement parce que comme tu dis il y a des nouveaux titres qui apparaissent qui disparaissent, etc sur des segments qui ne sont pas forcément les mêmes.

Ce n’est pas une presse où il y a beaucoup plus de magazines que je ne sais pas moi, dans le cinéma, les jeux vidéo, ou la santé. Mais ça reste assez difficile quand même, voilà. Heureusement donc Lonely Planet reste une marque. Donc, ça, ça permet d’avoir quand même, c’est une entité forte, ça permet d’avoir comme des … on n’a pas besoin d’expliquer en long et en large qui on est quoi. Mais ce n’est pas facile. Oui, ce n’est pas facile, mais je crois comme toute la presse en général.

Est ce qu’il y’a une version en ligne numérique du magazine ?

Julien :             Non.

C’est un projet peut-être ?

Julien :            Non. À mon grand regret non. En fait bon, au début j’avais envie moi qu’on crée une version pour les tablettes notamment. Outre le fait d’avoir aussi une version PDF. Et puis je connais des concurrents qui l’ont fait et franchement ça ne marche pas bien du tout.

Ce n’est pas rentable ?

Julien :            Non, non. C’est des ventes dérisoires. Certes ça ne coute pas très cher, mais les ventes sont dérisoires. Alors après ça peut servir pour l’image de marque. Mais aujourd’hui le marché, il n’est pas là.

Penses-tu  qu’il y aura toujours un public pour un vrai magazine papier à feuilleter avec des belles photos ? Tu penses voilà sur le long terme il y aura toujours un public pour ça ?

Julien :            C’est la question qu’on se pose tous. Je n’ai pas la réponse. Je pense qu’aujourd’hui il faut plutôt voir un média dans quelque chose de plus globale, en fait de plus transversale. Lonely Planet par exemple qui est un guide, aujourd’hui tire énormément de revenus de ses versions numériques. Nous aussi, on passe des partenariats avec des acteurs du tourisme. La présence sur le pur immédiat.

Voilà, créer une marque qui soit un peu présente partout et convergente. C’est ça qui, à mon avis les médias de demain c’est ça. Et évidemment, je pense que le papier aura aussi son importance mais pas que.

D’ailleurs, je fais une petite parenthèse justement sur le guide de du Lonely Planet. On peut les acheter en format e-pubs et PDF. Et en effet, vous pouvez acheter aussi juste seulement quelques chapitres. Donc, je trouve ça vraiment super pratique quand on part sur une région bien définie etc.

Puis d’ailleurs ça tient moins de place aussi, moins de poids. D’ailleurs à ma connaissance, vous êtes, vous le faites depuis un moment au Lonely Planet, ce que ne fait pas encore d’ailleurs, ce que ne fait pas d’ailleurs votre grand concurrent on va dire, étonnamment d’ailleurs.

Oui je trouve que c’est vraiment un aspect très pratique, une bonne chose. Alors pour ceux justement qui ne connaissent pas le magazine Lonely du Planet, qu’est-ce qu’on y trouve ? Quelles sont les principales rubriques, quel est un peu l’esprit du magazine ?

Julien :            Alors le Lonely Planet magazine, il faut bien se dire que c’est une émanation des guides. Donc notre vocation première c’est aussi d’être un magazine pratique sur le voyage. Donc on retrouve… Donc, il y’a des sujets avec de très belles photos. Donc il y a cette fonction du papier là qui est aussi de pouvoir mettre de très belles photos.

Et puis à la fin il y a toujours un carnet pratique sur la destination avec notre sélection d’endroits où se loger, où se restaurer, où sortir, des informations pratiques sur comment y aller aussi.

Il y a 4-5 sujets grands reportages qui sont traités tous les mois. Et puis à coté de ça il y a des actus du voyage, il y a un petit quizz, il y a des différents petites rubriques de chroniqueurs comme Sophie Jovillard qui travaille pour « Échappées Belles » sur France 5, voilà.

D’accord. Et quel est le tirage moyen ?

Julien :           Le tirage aujourd´hui est de 60 000 exemplaires.

D’accord ce n’est pas mal pour un magazine de voyages j’imagine ?

Julien :           Oui, oui ce n’est pas mal, mais on est loin derrière Géo qui est le leader aujourd’hui.

Peut-être pas tout à fait je trouve la même approche.

Julien :        Non, c’est vrai. Géo c’est plus un magazine de société… Aussi il y’a un peu de géopolitique, de société avec des sujets de société, quand même tournaient autour du monde et autour du voyage. Mais nous, on est vraiment pur voyage.

Et alors, comment travailles-tu ? Tu ne vas pas raconter en détails ton quotidien, mais lorsque tu dois partir sur une destination ? Voilà. Comment ça se passe la préparation ? Tu passes beaucoup de temps à préparer ton voyage, etc. sur place voilà et après comment ça se passe enfin pour résumer en gros ?

Julien :            Moi, alors en tant que rédacteur en chef, et je fais également des piges par ailleurs, si tu veux on en reparlera après, mais pour un autre titre. J’ai la chance de partir là où j’ai envie d’aller. Donc il y’a des sujets qui me passionnent, des destinations qui me passionnent, et je propose des sujets là-dessus.

Là on parlait des Açores tout à l’heure, j’avais envie de découvrir les Açores. Voilà j’ai pu y aller. Donc, ça nécessite après d’abord une envie, et ensuite un peu de recherche, de lecture, pour savoir ce qu’il y a à y faire, y voir, etc. Si ça vaut quand même vraiment le coup de faire un reportage là-dessus. Et puis, ensuite c’est la mise en place de la logistique pour partir quoi.

Et tu pars avec un photographe, ou non tu fais aussi les photos ?

Julien :            Oui. Quand je fais un grand reportage qui va faire une dizaine de page, je pars avec un photographe, oui. Je songe des fois à faire les photos, mais quand on part une semaine tout seul, c’est un peu, ça peut être un peu long par moments. Je l’ai beaucoup fait. C’est quand même plus sympa d’être accompagné, d’échanger sur place. Puis avec un travail de photographe qui a un regard différent c’est plus enrichissant, oui.

lonely planet magazine

C‘est des photographes réguliers qui travaillent avec le Lonely Planet

Julien :           Oui, c’est des photographes réguliers.

Alors, une question un peu classique, quelle région tu préfères dans le monde, enfin pas forcément des pays en fait, mais des régions ? Est-ce que tu as des coins que tu as aimés ou tu y retournerais bien ou tu y retournes peut-être parfois ?

Julien :             Moi j’aime beaucoup les pays hispanophones. Et du coup je ne suis pas mal allé en Amérique du Sud. Je suis parti au Pérou, en Bolivie, au Brésil, en Guyane. Enfin bon bref, j’y suis allé quelques fois et j’ai aussi beaucoup voyagé en Espagne. Ça, l’Espagne qui est l’un de premiers pays touristiques du monde. C’est une grande variété de lieux, de paysages, de régions. Et je commence à avoir parcouru beaucoup de pueblos espagnols, et je ne sais pas. Je ne saurais même pas te dire combien de fois je suis allé en Espagne, voilà.

C’est vrai que les paysages sont très divers. Nul besoin d’aller très loin en fait pour déjà se dépayser aux portes de la France. Et alors tu es déjà allé en Colombie ?

Julien :            Non, je ne suis pas allé en Colombie. Non, mais l’un des voyages qui m’a le plus marqué c’est la Bolivie. La Bolivie c’est incroyable.

Le Sud lipez est vraiment magnifique.

Julien :            Oui, Sud Lipez et salar de uyuni c’est surréaliste. Et en plus ce n’est pas simplement que les paysages c’est aussi que comme tu es à 4 000 mètres d’altitude, t’es toi-même, tu es obligé de voyager différemment, de te comporter différemment. Tu dois souvent dormir dans des endroits qui ne sont pas chauffés. Oui, c’est une super expérience. J’y retournerai, si je pouvais retourner demain, j’irai, oui.

Moi, c’est parmi les plus beaux paysages que j’ai vus, je pense Sud Lipez et en plus, ça se fait facilement en 4×4 pour une agence locale ça ne coute pas très cher, je crois 100 € les trois jours dans mon souvenir, enfin quelque chose comme ça et c’est vraiment magnifique et si vous avez l’occasion d’y passer, prenez, enfin partez pour même 5 jours, 7 jours, parce que 3 jours ça passe tellement vite que voilà j’ai regretté moi, j’avais regretté de ne pas avoir pris un tour pour 5 jours, 7 jours.

J’ai vu que tu étais membre de l’Association Échoway qui a pour but de promouvoir le tourisme responsable, alors est ce que tu peux nous en parler un peu plus, qu’est-ce que vous faites concrètement, que fait cette association ?

Julien :            En fait l’association je n’en fais plus vraiment partie maintenant. Elle s’est un petit peu arrêtée, elle a été pas mal active pendant quelques années, le but… En revanche, je suis toujours attaché à ses valeurs. Le but c’était de faire la promotion du tourisme, de l’écotourisme et du tourisme responsable. Et voilà. Je le fais aujourd’hui encore à travers certains articles que je peux écrire. Donc on prenait une certaine éthique dans le voyage, on va dire l’écologie et le tourisme qui est le commerce équitable rapporté au tourisme. Donc ce n’est pas très compliqué.

C’est savoir quand on voyage, où va l’argent qu’on met, est-ce qu’il va bien quand même entre les mains des locaux, est-ce qu’il permet de faire vivre des gens sur place. Ce n’est pas du tourisme, ce n’est pas du bénévolat. Ça n’a rien à voir. Ce n’est pas du tout humanitaire. C’est juste faire en sorte que l’argent du tourisme va aux habitants et à des gens qui ont en besoin quoi, voilà. Comme quand on achète des produits que 95% des recettes ne vont pas aux supermarchés, quoi.

Oui, c’est une chose importante pour toi. Voyager. Justement il y a une question souvent qui vient par rapport à ce sujet, donc qui est un peu polémique.

C’est lorsqu’on veut voyager dans un pays ˝où il y a une dictature˝. Le cas typique c’est la Birmanie. 

Le but c’est de faire en sorte que l’argent aille le moins possible au gouvernement. Donc elle est en dehors des hôtels tenus par le gouvernement, etc. Bon, c’est très difficile, parce qu’en théorie je ne sais pas maintenant si ça a changé mais les Birmans n’avaient pas le droit de te recevoir chez eux.

Donc, voilà et justement il y a beaucoup de gens qui disent non mais alors il ne faut pas du tout aller en Birmanie. Dans ce genre de pays, voilà c’est donner de l’argent. C’est dire c’est contribuer au maintien de la dictature etc.

Bon, moi, je pense que si tu voyages d’une manière la plus responsable possible en indépendant c’est quand même je trouve que c’est quand même, c’est donner une ouverture… Enfin, ne pas aller dans ces pays, c’est comme condamner deux fois la population je trouve.

Je pense que c’est important de maintenir le contact avec l’extérieur. Je ne sais pas quelle est ton opinion par rapport à ça ?

Julien :            Écoute, moi je me suis toujours positionné, je ne vais pas dire aux gens de ne pas y aller, mais moi je n’y vais pas. La Birmanie, je n’ai pas voulu y aller tant que la junte était au pouvoir, tant qu’il y avait des restrictions de liberté très fortes. C’est le cas aussi aujourd’hui en tant que rédacteur en chef, et donc moi dans mes propositions de sujets, la Birmanie évidemment, je ne voulais pas en parler non plus. Là par exemple c’est aussi le cas avec la Hongrie. Aujourd´hui il y a d’un point de vue politique c’est l’extrême droite.

Bon évidemment, ce que je dis là va forcement susciter des controverses et des polémiques. Mais aujourd’hui la Hongrie enfreint la liberté de la presse, le gouvernement hongrois enfreint la liberté de la presse, persécute des populations des minorités. Enfin, moi je refuse de mettre les pieds là bas, voilà.

Bon, si on suit là cette logique il y a quand même beaucoup de destinations et le problème c’est où mettre la limite aussi.

Julien :            C’est pour ça qu’il faut je pense se renseigner. Enfin, en amont de chaque voyage, il faut prendre connaissance de là où on va en fait. Ça revient à ce qu’on disait tout à l’heure où on met l’argent. Il faut voyager intelligent quoi c’est d’abord ça qui est…

Moi je ne suis pas un consommateur de voyages dans le sens où je vais dans une destination pour chercher quelque chose comme le soleil, ou juste du bien être, je sais quand même que derrière ça me rend un peu plus intelligent quoi et je pense qu’il faut se renseigner en amont et lire un peu, savoir où on va, quels sont… enfin je ne sais pas. Ça me semble être du bon sens.

Non, mais je pense, en effet oui c’est important de s’interroger, d’avoir une réflexion avant d’aller vers une destination, de ne pas réduire le voyage à un simple acte de consommation pour le coup banal.

Très bien, sur cette question un peu philosophique on clos un peu ce podcast. Alors, merci Julien d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.  Ton prochain voyage ?

Julien :            Et bien je pars aux Pays-Bas, voilà. Pas très loin d’ici. Aux pays Bas et puis ensuite je ne sais plus. Je ne l’ai pas en tête là.

C’est génial. Le champ du possible est encore ouvert cette année. Très bien. Merci Julien et à bientôt.

Julien :             Salut. Merci à tous.

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  1. Eleonore dit :

    « Voyager pour devenir plus intelligent », tout a fait d’accord avec Julien Vitry, chouette interview

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