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IVCAST 50 : Faire son service civique à l’étranger, l’exemple de Léa

Oui, il est possible de partir à l’étranger avec le service civique. Un bon plan ? Léa nous raconte son expérience dans un village de Colombie. 

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A propos de cet épisode

J’ai rencontré Léa à Zapatoca, un village au nord-est de la Colombie, dans la région de Santander. C’est un peu le bout du monde ici. Il faut plus de 2 heures de route à partir de Bucaramanga pour accéder à ce village d’altitude. Une route difficile mais très belle à travers le canyon du Chicamocha.

C’est une autre Colombie ici. Léa avait vécu avant à Bogota…Un sacré changement de style. Léa est arrivé ici grâce au service civique. Ce programme s’adresse aux jeunes de moins de 26 ans. Il permet d’acquérir une expérience professionnelle dans diverses institutions et associations. C’est peu connu, mais il permet aussi de partir vivre à l’étranger ! Une bonne opportunité.

Dans cet épisode, vous en apprendrez plus sur le service civique, l’expérience de Léa et sa vie à Zapatoca.

Liens cités

Le site du service civique. 

 

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Vous avez la parole ! Participez en répondant à ceux deux questions que je vous poserai sur place :
1 : Le voyage, c’est quoi pour vous ?
2. Le moment le plus fort que vous avez connu en voyage ?

Je compte sur vous pour faire un épisode d’anthologie !

Dates : 24 et 25 juin 2017 – Paris – Infos sur cette page. 

 

 

Merci d’avoir écouté !

 

 

Transcription

Fabrice : Bonjour à tous. Bienvenus pour ce nouvel épisode du podcast « Instinct Voyageur ». Et je suis là actuellement à Zapatoca, c’est une petite ville de la région de Santander en Colombie près de Bucaramanga. Je suis assis dans un café en face de Léa que j’ai rencontré à Zapatoca. Bonjour Léa.

Léa : Bonjour !

Fabrice : Alors Léa est étudiante, alors je vais essayer de ne pas me tromper à l’institut des hautes études sur l’Amérique Latine à Paris. Et Léa, tu fais un service civil international ici depuis deux mois, c’est ça ?

Léa : Oui, c’est ça.

Fabrice : C’était dans le cadre de tes études ?

Léa : Oui, en fait, on peut faire un service civique, on n’a pas besoin d’être diplômé ou de faire des études pour faire un service civique. Mais, en fait, moi du coup, ça équivaut un peu de mon stage de fin d’études, ça va être validé comme tel.

Fabrice : D’accord. Présente-nous un peu ce que c’est le service civique pour les auditeurs. Comment tu postules, comment ça marche ?

Léa : Alors, le service civique c’est géré par l’agence du service civique en France qui est une agence liée à l’Etat français. Tout le monde peut faire un service civique, il suffit juste d’avoir entre 18 et 25 ans pour le moment et donc, ce sont des missions qui durent entre 6 et 12 mois à peu près suivant les caractéristiques et qui sont ouvertes à tous. Et pour appuyer que ce soit des associations, des collectivités territoriales ou encore, je crois qu’on peut faire des services civiques dans des hôpitaux aussi. Pour trouver un sens à service civique, c’est simple, il suffit d’aller sur le site de l’agence du service civique et de choisir sa mission qui peut toucher tous les domaines que ce soit le sport, l’environnement, l’éducation ou encore les missions à l’internationale comme ce que moi je fais ici.

Fabrice : Voilà. Il faut aller sur le site servicecivique.gouv.fr. Et tu es indemnisée ? Tu as une indemnisation un peu plus de 500€ je crois.

Léa : Oui, c’est ça. Donc, suivant l’émission en fait, l’agent du service civique nous donne une rémunération et qui peut être complétée par un apport de l’association ou la collectivité dans laquelle on travaille.

Fabrice : D’accord. Et en général oui et puis parfois, tu peux être nourrie et logée, tu as l’hébergement.

Léa : Voilà. Donc, moi, avant d’arriver à Zapatoca, en fait les chargés de mission ont fait le repérage pour savoir où est-ce que je pourrais vivre etc. Et du coup, je suis effectivement logée nourrie dans une famille, moyennant une rémunération bien sûr. En fait, je paie une espèce de loyer pour vivre et manger sous le toit d’une famille colombienne.

Fabrice : Et donc, tu peux faire un service, parce que ce qui nous intéresse surtout là, c’est que tu peux faire un service civique à l’étranger, à l’internationale. Ce n’est peut-être pas très répandu peut-être.

Léa : Bien sûr, il y a moins d’émissions à l’internationale qu’en France. Mais, il y en a pas mal. Par exemple, pour le moment, je crois qu’en Colombie, on est 7 ou 8 à être en service civique ici sur différentes missions. Comme moi ici à Zapatoca ou d’autres à Bogota.

Fabrice : Comment tu as trouvé ce poste ? C’est difficile de trouver un poste particulièrement à l’étranger, ça t’a pris du temps ?

Léa : Ça était plus tôt dans mon cas personnel, c’était plutôt une question de hasard puisque j’étais entrain de chercher un stage de fin d’études d’envoyer des CV, des lettres de motivation pour trouver un stage après mon master. Et du coup, en même temps, je regardais les offres sur le service civique et sur ce qui se faisait en Amérique Latine et c’est là où j’ai vu l’offre pour cette mission à Zapatoca.

Fabrice : D’accord. Mais, tu t’es dit à la base, je veux vraiment faire un service civique ou c’était plutôt une opportunité de travailler à l’étranger ?

Léa : Disons que surtout moi ce qui m’a plu là, c’est quand j’ai vu la mission quand j’ai vu ce que j’allais faire ici. C’est ce qui m’a motivé de prime abord, ça aurait très bien pu être un stage ou une autre mission, j’aurais dit oui quand même. Après un service civique, ça reste une expérience professionnelle comme une autre. Et c’est peut-être plus simple à trouver qu’un CDD ou qu’un autre poste comme ça.

Fabrice : Oui, j’imagine t’étais contente de revenir en Colombie parce que t’es déjà là. Tu es déjà venue là il y a 3 ans pour faire un stage de 12 mois, c’est ça ? Voilà pour l’association…

Léa : Oui, je suis venue dans le cadre de mes études. En fait, j’ai déjà fait une année de mobilité ici en Colombie où j’ai fait un stage de 9 mois à peu près avec et qui est, où je travaillais à Bogota à dans un des quartiers les plus défavorisés de Bogota. Et bien l’expérience m’a beaucoup plus et puis, j’ai beaucoup aimé la Colombie et quand là j’ai vu que cette mission était ici dans un petit village. Je me suis dit c’est l’occasion de connaître un peu plus le pays, de mieux le connaître, d’être en immersion après avoir vécu dans une grande ville qui est quand même avec beaucoup d’expatriés et beaucoup de gens d’autres pays. Ici, je suis un peu la seule expatriée à Zapatoca.

Fabrice : Oui, c’est un peu les deux extrêmes entre la grande capitale, la grande métropole. Et Zapatoca, bon ce n’est pas un petit village, c’est quand même un gros village, 10000 habitants. C’est vrai que c’est bien isolé. De Bucaramanga, il faut deux heures ou deux heures et demie par la route. Et la route est assez mauvaise en plus. Tu as une piste en terre qui mène à Barichara, un autre village, qui est pour le coup, beaucoup plus touristique. Mais, c’est un peu le bout du monde ici quand même.

Léa : Oui voilà. Du coup, quand moi quand je suis arrivé, je connaissais bien la Colombie, puisque j’avais pu voyager la première fois où je suis venue ici et je ne connaissais que la vie quotidienne dans la grande ville. Donc, les bouchons, les transports qui sont bondés, mettre du temps pour aller d’un endroit à un autre. Et ici, au fur et à mesure qu’on arrive. C’est vrai qu’on quitte Bucaramanga qui est quand même une ville assez grande. Et au fur et à mesure que passe la route, je me dis un peu où est-ce que je vais arriver. Est-ce qu’il va y avoir du monde. Et on arrive ici dans cette ville qui est toute petite, mais qui est quand même très charmante. On se dit que finalement, ça va être… On va trouver des choses à faire. Et puis de toutes façons, les colombiens sont toujours super accueillants quoi qu’il arrive, dans n’importe quel lieu que ce soit, que ce soit dans la grande ville ou dans un petit village, on est toujours bien accueillis.

Fabrice : Qu’est-ce que tu fais exactement ici alors ? Vas-y raconte-nous.

L’expérience du service civique en Colombie

Léa : Oui. Donc, ma mission de service civique, c’est qu’on appuie un projet de coopération décentralisée avec Crolle qui est situé dans la banlieue de Grenoble, une ville française, et Zapatoca. Donc, ce projet de coopération décentralisée se fait autour de 3 axes : un axe institutionnel où là il s’agit vraiment de comprendre la politique locale et d’aider les deux maires à comprendre l’autre collectivité, de saisir un peu comment ici on traite les problèmes de la jeunesse, comment on les traite à Crolle et comment chaque collectivité peut s’inspirer de l’autre.

Ça, c’est pour l’accès institutionnel. Après, on a un axe tourisme où là le but, on travaille avec une ONG, elle s’occupe de mon service civique. C’est une association qui travaille autour de l’éco-tourisme et du tourisme communautaire. Et ici, à Zapatoca, un projet d’identification des sentiers de randonnées  et de signalisation et pour structurer l’offre touristique de même qu’un projet de réhabilitation de la grotte de Zapatoca de manière à l’aménager un peu, comme nos grottes en France, de l’illuminer en projets touristiques aboutis. Le dernier axe, c’est un axe qui tourne autour de l’éducation où on travaille, là avec la MFR de Crolle et le collège de Saint Thomas de Zapatoca. On a deux classes en échange qui travaillent autour de la déconstruction des préjugés. Donc, ça veut dire qu’on fait des cessions pédagogiques à peu près tous les 15 jours, en ce moment, voire toutes les 3 semaines où on va faire par exemple des séances en simultané sur Skype où les élèves colombiens vont présenter leurs préjugés aux élèves français et vice versa. Du coup, nous, on étudie, on leur montre que leurs préjugés en fait sont faux ou encore que l’image par exemple que les colombiens peuvent avoir de la France, elle peut-être erronée ou elle peut-être complétée.

Du coup, ça fait partie de notre programme. Sur cette ex éducation, on a les 20 chaînes de la MFR française qui vont arriver en Colombie en Septembre et les colombiens qui partent en France l’année prochaine. C’est très varié. Il y a plusieurs axes. J’aimerais que tu nous parles plus de l’axe touristique. A Zapatoca, il y a peu de voyageurs qui arrivent ici, qui atterrissent ici ou alors ils sont perdus. Je ne sais pas comment ils atterrissent ici. Mais il y en a très peu. La plupart des gens, des touristes étrangers du moins vont à Barichara, qui est en fait pas très loin à vol d’oiseau. Par la route, c’est assez long. Et beaucoup de touristes étrangers ou colombiens vont à Barichara qui est réputé comme étant le plus joli village de Colombie. C’est vrai que c’est un beau village. Mais voilà, Zapatoca, ce n’est pas du tout touristique, c’est rare de voir des voyageurs, il y a quelques touristes colombiens, mais voilà. Quels sont les points d’intérêt de Zapatoca par rapport à Barichara ? Ou peut-être pas par rapport à Barichara, mais dans l’ensemble ?

Léa : Dans l’ensemble, c’est un village qui a beaucoup à offrir de manière culturelle d’une part et c’est un reste de village colonial avec un parc très agréable. Donc, pour se reposer ou pour sortir de la ville colombienne, je pense que c’est plus intéressant par exemple que d’aller à Barichara où il y a beaucoup de touristes internationaux, et où finalement, on entend parler anglais dans la rue, un peu partout. L’autre point à Zapatoca, c’est qu’il y a la grotte dont je parlais tout à l’heure. Honnêtement, moi pour avoir visiter des grottes à Saint-Gil ou à Barichara, je pense que j’en ai jamais vu comme ici où on a des très grands salons avec des concrétions qui n’ont rien à envier aux autres grottes. Et donc déjà, ça fait partie des grands points touristiques.

Après, je pense que Zapatoca, il y a beaucoup d’intérêt à venir à Zapatoca pour ces sentiers de randonnées, où on peut justement aller à Barichara à pied depuis Zapatoca, ça fait quand même une sacrée randonnée de 30 kilomètres. Mais, on arrive sur les – comment dire – sur le point le plus haut qui doit être à peu près à 2000 mètres, 2100, on descend dans le canyon, on traverse la rivière où on se trouve à 300 mètres à peu près. Et on remonte jusqu’à Barichara qui est à 1300 si je ne me trompe pas. Et c’est un chemin qui est sur l’ancien chemin guyanais et qui a été réhabilité. Ça fait quand même partie du paysage du patrimoine local. Et ce qui fait des sentiers qui sont très jolis où on a une vue superbe sur le canyon et à Zapatoca aussi, il faut prendre en compte qu’il y a 3 réserves naturelles, dans lesquels il y a des sentiers de randonnés où là encore il faut voir avec les propriétaires des réserves naturelles mais elles peuvent se visiter. Dans certaines réserves, il est possible de faire du volontariat si on prend contact avec les personnes en avance. Et où on a des vues qui sont magnifiques sur le canyon, à savoir que si je ne me trompe pas, le canyon du Chicamocha, est le deuxième canyon le plus profond du monde.

Fabrice : C’est ça. Puis, quand on est à Barichara, on peut arriver à Zapatoca par une route en terre. Il y a même des bus. Par contre, pour une voiture, il faut un 4*4. Mais sinon il y a des bus, je ne sais plus, c’est 2 ou 3h la liaison, non ? Peut-être un peu plus quand-même ?

Léa : Oui plus je pense. De Barichara, je pense pour prendre un bus, il faut passer par Socorro. Et du coup, là, c’est un trajet qui prend à peu près 4 heures, plus au moins. Mais en voiture, c’est faisable. Mais comme tu disais, je pense qu’il faut un 4*4, puisque la route n’est pas très bonne.

Fabrice : Du coup, on peut faire une boucle : Barichara, Zapatoca, Bucaramanga.

Léa : Voilà. Il vaut mieux commencer par Zapatoca puisque c’est plus joli. C’est la petite blague qu’on fait ici.

Fabrice : Ah non, je pense qu’en effet, il faut commencer par le coin le moins touristique finalement.

Léa : C’est beaucoup plus authentique ici à Zapatoca. Pour le moment, c’est vrai que le tourisme international n’est pas très développé. Pour le moment, je n’ai pas vu de touristes étrangers si ce n’est mes amis qui sont venus me voir. Mais, le parti du projet c’est de réhabiliter.

Léa : Le camino real et en fait, l’idée c’est de faire continuer ce chemin avec de la signalisation, des points d’eau, peut-être des points de repos aussi sur le chemin pour arriver jusqu’à Zapatoca ou dans l’autre sens.

Fabrice : Et ici à Zapatoca, il y a aussi une petite particularité, c’est qu’il y a beaucoup de compteurs électriques qui sont sur les facettes des maisons, du moins au centre, qui sont peints par un artiste local qui s’appelle « Felix Serrano ». Voilà, Felix Serrano qui vit ici depuis un bon moment. Et voilà donc, il y a beaucoup de ces compteurs électriques qui sont peints par cet artiste. En général, c’est des paysages des scènes de la vie champêtre, enfin des scènes de la nature, etc. Et c’est vraiment quelque chose de sympa.

Léa : Oui, du coup, la dernière fois, je discutais avec Felix, il me disait que jusque là, il avait peint à peu près 400 compteurs dans l’ensemble de la ville de Zapatoca et en général, il peint des paysages, les paysages qu’on peut trouver aux alentours. Donc, c’est vraiment très montagneux avec plusieurs couleurs, les couleurs du ciel qui changent selon le climat, selon la température et s’il pleut ou pas. Après, il fait aussi ses peintures en fonction de ce que peuvent lui demander les habitants. Mais, c’est vrai que c’est une particularité qui anime le village et qui donne des couleurs aux maisons qui sont déjà pas mal colorées. C’est très agréable de se promener dans le village pour ça.

Fabrice : Oui, c’est sympa. Ça a vraiment un côté sympa. Alors, dis-moi, toi qui es ici dans un village colombien un peu au bout du monde, c’est quoi le côté qui est le plus difficile pour toi pour le niveau de l’adaptation ? Qu’est ce qui t’a posé le plus de problèmes pour l’instant ?

Léa : Je pense que pour recadrer un petit peu avant d’arriver, je suis arrivée à Zapatoca vers le 15 avril et jusqu’à fin mars, je vivais une vie d’étudiante à Paris. Donc, je suis quand même passée de la vie parisienne à la vie à Zapatoca, c’est un changement assez important. Je pense que l’adaptation la plus difficile c’est en fait de se rendre compte qu’à partir de 6H30, on ne peut plus rien faire le soir. Alors qu’en tant qu’étudiant ou même en vivant dans une grande ville, c’est en terminant le travail qu’on peut commencer à faire des trucs.

Fabrice : Je me disais, tu survis grâce à Netflix.

Léa : Oui, un peu. [Rire]. Du coup, je vais beaucoup marcher, je vais beaucoup faire du vélo aussi pour connaître les environs. J’essaie de discuter un peu avec les gens, j’essaie vraiment de saisir tout ce qui fait que Zapatoca est Zapatoca. Mais c’est vrai que passer 8H, il n y a plus rien à faire. J’essaie de trouver des clubs de sport. Mais apparemment, il n y en a pas trop pour faire autre chose, je pense que c’est ce qui fait aussi que je reste là jusqu’à fin septembre et je sais que du coup, ma mission elle n’est pas très longue.

Fabrice : 6 mois, ça va quoi. Même 6 mois d’une autre vie même s’il y a des côtés un peu moins sexy, ça va quoi !

Léa : Voilà, après ça ne fait que deux mois que je suis là. Donc, je commence à connaitre pas mal de gens, pas mal de monde, mais j’imagine que dans un mois, ça ira encore mieux, je trouverai encore plus de trucs à faire le soir. Après, de toutes façons, il n y a jamais… On ne s’ennuie jamais vraiment si … je sais qu’à chaque fois que je m’ennuie, je prends mes baskets et je vais marcher. Je découvre toujours des nouveaux coins. Donc, c’est super sympa.

Fabrice : Ah oui, la nature est belle ici. Donc, c’est quand même un gros plus dans tous les cas. Hier, tu me parlais un peu au niveau professionnel de la difficulté un peu de travailler ici dans cette culture colombienne surtout à Santander, surtout dans un coin rural comme cela. Et tu me racontais par exemple voilà, pour avoir un rendez-vous avec la maire, parfois, tu n’as jamais de rendez-vous. A 14h, il faut parfois attendre 2, ou 3 heures dans le couloir, etc. Raconte-nous un petit peu ça, c’était assez marrant !

Léa : La culture colombienne déjà est très différente de la notre, en termes de culture autour du travail. Du moins de ce que j’en connais moi. Quand j’étais à Bogota. Je travaillais avec des colombiens, donc je m’étais déjà rendue compte que la notion d’anticipation, ce n’est pas la notion la plus forte ici en Colombie. Mais là, ici, le travail dans un petit village, on se rend compte plus compte. Je me lève le matin, je ne sais pas du tout ce que je vais faire le matin. Donc, j’arrive à la mairie et puis, je me pose avec le chargé de mission, enfin, le coordinateur local sur le projet. On se dit ah oui, aujourd’hui, il faudrait qu’on fasse ça, ça et ça et puis on passe des coups de fil. Et puis, suivant qui nous répond, on se voit et puis…

Fabrice : Tu ne peux pas faire un planning pour la semaine.

Léa : Non, ce n’est pas possible.[rire]

Fabrice : Avec les tâches à faire, tes todo list.

Léa : On fait nos listes de tout ce qu’on doit faire. Mais, c’est vrai que c’est tellement fluctuant. Ce que tu disais avec le rendez-vous avec la maire. C’est vrai, on va avoir rendez-vous avec la maire. Je ne sais pas le lundi, à midi. Finalement, on ne va pas la voir et la décaler le lendemain à 14H, et finalement, on va la voir 3 jours après, après avoir attendu 2h devant son bureau. Mais, ça fait partie de la culture locale où tout se fait un peu au dernier moment. Mais tout finit par se faire. Donc, dans tous les cas, c’est juste le moyen d’arriver à ses fins qui diffère de comment on fait en France.

Fabrice : Et du coup, quand même, le développement de tes tâches, enfin ce que tu dois faire s’est quand même ralenti quoi !

Léa : Oui et non parce que voilà il faut faire avec la culture colombienne où tout, un exemple tout simple, pour refaire l’aménagement de la grotte, on a besoin d’avoir un devis ou du moins on essaie d’avoir un budget de l’installation électrique qu’on veuille faire. Clairement, ça fait un mois et demi qu’on court après le seul électricien de Zapatoca, qui à chaque fois nous dit qu’il vient mais qui ne vient pas. Et là, on a enfin réussi à l’avoir il y a deux jours. Et du coup, pour pouvoir travailler avec lui, on est obligé de travailler le weekend parce que sinon il a trop de travail, et c’est sûr qu’on ne va pas le voir avant un mois. Donc, oui les choses prennent plus de temps. Il faut juste s’adapter et ça ne sert à rien de ranger son frein et d’être complètement impatient et de s’énerver parce que les choses ne se feront pas attendre. C’est juste qu’ici, ce soit comme ça. Et du coup, il faut apprendre à adapter la manière avec laquelle on travaille à comment ils font ici, je pense.

Fabrice : Parle-nous un peu de cette grotte, parce que quand même si tout va bien, la première grotte visitable vraiment de Colombie, c’est ça ?

 

Les légendes sur les grottes en Colombie

Léa : Oui, un peu. En fait, après je n’ai pas vu toutes les grottes non plus de Colombie pour vraiment bien savoir. Mais le but en fait, c’est d’aménager la grotte, avec des illuminations de manière à ce que les gens rentrent dans la grotte, pour que l’accès soit tout public, pas seulement un public un peu aventurier qui aime les sports extrêmes, etc. Mais accessible à tout le monde en famille où les gens en fait, vont rentrer dans la grotte et n’ont pas besoin de lanterne, enfin de frontal et juste suivre le chemin normalement et voit un peu toutes les concrétions illuminées pour avoir une idée des mécanismes de formation d’une grotte, de ce qu’on peut y trouver comme faune et flore aussi, puisqu’il y a des chauves-souris notamment.

Fabrice : Et puis, cette grotte, elle est immense puisque la plus grande partie n’est pas explorée.

Léa : Oui, on raconte plein de légendes sur la grotte, où certaines personnes ne seraient pas sortis qu’après 8 ou 15 jours je crois, il serait tellement enfoncé dans la grotte qu’en fait, que pour les lampes, on n’aurait plus de batterie et du coup, comme ils étaient complètement coincés dans le noir, ils ont trouvé une rivière et ils sont restés à coté de la rivière jusqu’à ce que quelqu’un vienne les chercher dans la grotte. Je ne sais même plus si c’était 8 ou 15 jours, mais ça reste quand même très long. Je crois que la grotte n’a jamais été explorée dans son ensemble, ou du moins, elle l’a été. Mais personne n’a su très bien…

Fabrice : Il faut dire que la région Santander, c’est une destination de premier plan en Colombie pour les sports extrêmes, que ce soit la spéléo, vous avez également la parapente, le rafting, enfin, surtout vers San Gil. Mais bon, tu peux retrouver ça aussi ailleurs, le trecking, enfin, c’est un petit paradis pour le sport extrême, et encore il y a beaucoup de possibilités encore de potentiel. Il y a beaucoup de choses qu’on pourrait développer avec l’escalade, etc. Mais voilà, pour ceux qui aiment ce genre d’activités, San Gil notamment, c’est un peu la Mecque du coin.

Léa : Oui, en termes de sports extrêmes, c’est un peu the place to be en Colombie. Ici, à Zapatuca, le but, c’est de ne pas faire, de ne pas devenir en fait une réplique de Barichara, ou une brique de San Gil. Ce n’est pas du tout cherché dans la ville. Mais plutôt de devenir une destination de bien être et de tourisme vert autour notamment des sentiers de randonnées, soit un accès plus familial, on va dire.

Fabrice : Donc, après deux mois, le bilan est positif ?

Léa : Très ! Non, vraiment c’est… Des fois, c’est vrai qu’on peut s’ennuyer un peu, parce qu’on ne croule pas sur les activités à faire, notamment sociales ici, il n y a pas de cinéma. Il n y a pas trop de club de sport, il n y a pas trop de spectacle. Tout ferme tôt !

Fabrice : Oui, mais il faut se mettre à picoler aussi.

Léa : [rire] Non, c’est très positif d’autant plus, moi je trouve que c’est vraiment très intéressant même si c’était un pays que je connaissais déjà, d’arriver ici et de vraiment sentir comment les gens vivent à Zapatoca, comment c’est d’être colombien dans une ville, c’est très positif. Et je pense que c’est très formateur aussi en termes d’ouvertures à une autre culture. Puis, même eux, ils sont très demandeurs, ils me posent toujours des milliards de questions sur la France, sur comment c’est chez nous, etc. D’ailleurs, je pense qu’il faut aussi signaler que moi je fais mon service civique international ici à Zapatoca, mais il y a aussi une Zapatoca qui fait un service civique international à Crolle, Daniella, et en fait, qui vit à peu près la même expérience que moi mais de l’autre côté en fait, côté français. Du coup, elle disait que c’est pareil, c’est très intéressant pour elle en termes d’adaptation et bien il a fallu s’adapter à la nourriture, etc. Et autres choses, mais toutes aussi intéressantes.

Fabrice : Et pour revenir au service civique, en fait, il faut savoir qu’il y a d’autres formes, il y a aussi le volontariat de solidarité international, le VSI, le service volontaire européen SVE, et tu as aussi le volontariat international VI ou VA. Ça c’est encore autre chose, c’est plus un contrat de travail qui te permet en effet d’avoir un poste à l’étranger jusqu’à 28 ans. Enfin, les jeunes qui veulent partir travailler à l’étranger, il y a quand même pas mal, on a la chance d’avoir pas mal de possibilités en France et en Europe avec plusieurs programmes que tu peux enchaîner carrément. C’est quand même génial quoi, la plupart sont indemnisés, voir le VI, c’est un gros contrat de travail, t’es salarié. Enfin, c’est quand même génial. J’imagine que ton plan, c’est d’essayer peut-être d’enchainer avec d’autres contrats comme ça.

Léa : Oui voilà. D’autant plus que maintenant, je suis quand même partie plusieurs fois. Si je dois retourner travailler en France, je ne sais même pas dans quelle ville, je vais chercher du travail. Donc, autant directement chercher à l’international. C’est vrai qu’on a beaucoup d’opportunités notamment avec les VSI ou les VIA qui sont intéressants en termes de premier poste, je pense que c’est à prendre tant qu’on peut et tant qu’on n’a pas trop d’attaches en France.

Fabrice : Donc, là pour toi la suite, c’est quoi après septembre ? Donc, après la fin de ton contrat ici ?

Léa : Je repars en France fin Septembre, on a une délégation colombienne de Zapatoca qui vient normalement fin septembre, début octobre avec le coordinateur local et la maire de Zapatoca qui viennent à Crolle. Après, je termine la mission tout le mois d’octobre à Grenoble. Et après en Novembre, c’est Pôle Emploi.

Fabrice : Libre de tout engagement.

Léa : Voilà exactement, j’ai cherché d’autres opportunités pour repartir, peut-être revenir en Colombie, chercher un contrat local ici. On verra.

Fabrice : Plutôt Amérique Latine, c’est ça ?

Léa : Oui après. J’ai quand même… Depuis que je suis venue ici la première fois, je me suis dit, j’avais vraiment très envie de travailler à la coopération entre la France et les pays d’Amérique latine et du coup, c’est vrai que ça correspond aussi aux études que j’ai faites, puisque j’ai fait un master en coopération et développement, centré sur les problématiques latino-américaines. Et aussi, le fait de vivre à Zapatoca, c’est vrai que maintenant, je parle espagnol normalement. Donc, oui ça sera plutôt la suite pour moi, je pense.

Fabrice : Ecoute Léa. Merci d’avoir répondu à mes questions.

Léa : Merci à toi.

Fabrice : Je te souhaite bonne fin de service civique ici à Zapatoca. Profite bien des derniers mois en Colombie. Puis, surtout bonne route pour la suite. C’est ouvert quoi !

Léa : Merci à toi & bienvenus à tous ceux qui veulent venir à Zapatoca.

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