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IVCAST 55 : L’île de Pâques et le voyage comme thérapie

Pour Violette, le voyage est devenu une thérapie et une part importante de sa vie. En effet, Violette souffre d’une maladie qui touche 2 à 3% de la population, et le voyage atténue les effets de celle-ci.  


 

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A propos de cet épisode

De retour d’un long voyage en Amérique Latine, Violette m’a contacté pour me raconter son histoire. Une histoire pas très courante pour une maladie qui touche tout de même 2 a 3% de la population. Ecoutez, vous allez comprendre.

C’était aussi l’occasion de parler de l’île de Pâques, une destination qui fait rêver nombre de voyageurs.

 

Liens cités

Le site photo de Violette

Son Instagram 
Sa page Facebook.

 

Merci d’avoir écouté !

 

 

Transcription

Fabrice :          Aujourd’hui, on va parler voyage et on va parler voyage avec Violette qui est en face de moi. Bonjour Violette !

Violette :        Bonjour !

Fabrice :          Alors, Violette m’a contacté il y a quelque temps, elle était encore en Amérique Latine en voyage pour me parler de ses voyages, de son histoire qui est un peu particulière, on y viendra un peu plus tard. Alors Violette, tu voyages depuis 2012, enfin, tu étais avant expert-comptable et en 2012, bah… pardon.

Violette :        Je suis auditrice comptable.

Fabrice :         Auditrice comptable, voilà. Ça, c’est le degré supérieur à l’expert.

Violette :         Oui, expert-comptable, il faut faire trois ans de plus donc, je me suis arrêtée à un Master déjà.

Fabrice :          Mais c’est déjà pas mal un Master… ah oui.

 

Voyager sur l’Ile de Pâques : le parcours de Violette

Fabrice :          Donc, en 2012, tu voyages l’essentiel de ton temps quasiment depuis 2012, c’est ça ?

Violette :         Oui. En fait, depuis, on est en 2017, j’ai voyagé à peu près quatre ans sur les cinq dernières années, voilà. Trois ans et demi en Asie, Océanie, Pacifique, et là je reviens de neuf mois en Amérique latine.

Fabrice :         Tu as fait quel trajet en gros enfin vraiment ?

Violette :         En gros, en Asie en fait, j’ai traversé, de Russie, Mongolie, Chine, j’ai fait l’Asie du sud-est, je suis allée aux Philippines, après je me suis arrêtée en Malaisie, je n’avais plus d’argent donc je suis allée en Australie. J’ai beaucoup travaillé en Australie, j’ai mis beaucoup de côté et du coup, j’ai pu m’offrir mon rêve d’aller dans les Iles du Pacifique, donc Fidji, Vanuatu, Samoa et j’en passe, la Nouvelle Calédonie jusqu’en Polynésie française où là, j’ai eu le mal du pays et je suis rentrée en France un an et là… pour l’Amérique Latine, je suis arrivée à Buenos Aires et en fait, Argentine, Chili, Pérou, Bolivie, traverser les pays jusqu’à la Colombie, voilà. D’où je reviens hier, je n’en reviens pas là.

Fabrice :         Voilà. Tu as trop le décalage horaire encore, ça va ?

Violette :        Si, si, j’ai du mal à dormir, il y avait sept heures de décalage, et là, c’est un peu dur.

Fabrice :          Dans ce sens-là, enfin en tout cas perso moi, c’est plus dur que dans le sens contraire, quand j’arrive en Amérique Latine.

Violette :         En fait, Buenos Aires, ça a été mais là, j’avoue que… En même temps, neuf mois dans un des pays où en plus je n’ai pas bien mangé où tu es décalée, là en plus, j’ai pris trois avions pour revenir, ce n’était pas un vol direct. Quand on voyage budget, pas un énorme budget donc du coup, j’ai beaucoup de fatigue là, donc oui, mais c’est comme ça.

Fabrice :          Tu m’as dit que tu es allée à l’Ile de Pâques. Et justement, il n’y a pas 50. Je tiens quelqu’un qui est allé à l’Ile de Pâques, je vais un peu en profiter, tu vas nous raconter ça et nous donner tes conseils, tiens justement. Premièrement, pour le billet d’avion.

Violette :         Alors, le billet d’avion, si tu le prends trois mois à l’avance, franchement, ce n’est pas excessivement cher, tu peux avoir des billets aller-retour. Alors moi, j’ai dû payer 380 € mais il y a encore moins cher.

Fabrice :         Le Santiago.

Violette :         Le Santiago du Chili, oui. Après, il y a des campings vraiment pas, enfin je crois que j’ai payé 20 € la nuit mais tu as une cuisine donc tu peux amener du cantine du Santiago du Chili, du thon, du riz, des pâtes, voilà. Et du coup, ça te revient moins cher parce que sur place, c’est vrai que c’est très cher, enfin manger la bouffe, c’est super cher mais ça vaut le coup de le faire. Franchement, c’est vraiment particulier, il y a une atmosphère particulière. Après moi, j’adore tout ce qui est polynésien, j’y ai quand même passé plus d’un an donc pour moi, c’est un retour un peu aux sources.

Fabrice :          Comment est l’île à peu près, c’est quel style, c’est genre, c’est montagneux, il y a de la végétation, il y a la jungle, il y a des belles plages, comment c’est ?

Violette :         Alors, il n’y a pas de jungle. Non, tu y vas quand même beaucoup plus pour voir les Moai, donc…

Fabrice :         Ah oui, il y a des statues aussi. Non je plaisante, bien sûr, il y a des statues.

Violette :         Bah oui, c’est pour ça. C’est vraiment impressionnant, elles font trois mètres pour certaines. C’est particulier parce que même encore maintenant, ils ne savent pas trop comment elles ont incrusté ici, enfin c’est vraiment impressionnant. Puis, il y a ce qu’on voit dans les magazines et il y a ce qu’on… quand on fait le tour de l’île, j’ai fait le tour de l’île à pied et franchement, c’est énorme parce qu’il y en a pleins qui sont couchées et ça, c’est ce qu’on ne se rend pas compte, il y en a des milliers quoi, c’est vraiment extraordinaire. Après il y a des très belles plages, il y a des plages de sable blanc, c’est assez volcanique. Tu as des plages de sable noir aussi, c’est assez rocailleux, oui c’est volcanique donc… il y a des monts. Mais après oui, c’est beaucoup des plages et surtout tu y vas pour les Moai quoi.

Fabrice :          D’accord. Et donc, tu y circules comment, tu as des routes, des bus, des petits bus j’imagine, des vans ?

Violette :         Alors, il n’y a pas vraiment des bus. Si, tu as des tours organisés, mais bon moi, ce n’est pas trop mon style les tours organisés qui organisent des tours de minibus. Mais sinon, tu peux louer un, pas camping-car, mais un 4×4. Et franchement, moi je l’ai fait une journée parce que si tu es trois-quatre pour louer, ce n’est vraiment pas cher et puis, il y a une, partie surtout l’est, où en fait, c’est mieux à certaines heures pour voir les Moai illuminés par la lumière avec les jeux de lumière et tout, donc du coup, il y a des choses que tu ne peux pas… Je voulais tout faire à pied mais franchement, elle fait quand même 30 km de long donc j’ai fait la côte-ouest à pied de là où j’étais, de l’endroit principal jusqu’à la pointe, mais après, j’ai fait du stop sinon, et le stop, ça marche très bien aussi. Les gens sont vraiment, les Polynésiens en général sont vraiment…

Fabrice :         Oui, mais tu es une femme.

Violette :         Oui bon, je suis une femme, oui. Ça aide, c’est vrai que d’être une femme quand tu fais stop, ça aide, mais enfin j’ai rencontré aussi des hommes qui voyagent et qui font du stop et ça marche. Mais oui, les Polynésiens sont très aidants donc, c’est clair que ce sont des Polynésiens, ils voient une femme en stop, ils vont te prendre, c’est clair.

Fabrice :          J’imagine il y a peu de monde, il n’y a pas de touristes quand même parce qu’il faut y aller quand même sur l’Ile de Pâques ?

Violette :         Non, non, il y a quand même pas mal de monde. Moi, je n’ai pas croisé grand-monde, mais c’est des gros avions et il y en a deux par jour je crois. Il y a quand même vachement de monde parce que ça fait rêver. Tout le monde rêve d’aller à l’Ile de Pâques, qui c’est qui ne rêve pas d’y aller. Il y a beaucoup d’Américains, j’ai rencontré beaucoup de Français parce que de toute façon les Français voyagent beaucoup en général. Mais oui, c’étaient des Chiliens, des Américains, énormément d’Américains et des Français, voilà. Mais oui, il y a quand même, moi je pensais que c’était, j’étais vraiment choquée, c’était un gros, gros avion. Quand j’étais dans les îles du Pacifique, c’étaient des petits avions, 20, 30 personnes donc, ça m’a un peu choqué. Sur le coup, je me suis dit : ouh la la, ça va être horrible. Mais en fait, quand tu fais tes trucs à toi parce que tout le monde va au même endroit, et tu fais tes trucs à toi à pied, tu vois toujours moins de monde, et voilà quoi, donc ça va, franchement.

Fabrice :         Toi qui y es restée une semaine, donc c’est une durée que tu conseilles ?

Violette :         Bah, oui. Après, tu peux faire tout en trois jours si tu loues une voiture, en trois jours, c’est, voilà… Mais si tu veux prendre ton temps, profiter, en plus, il y a vraiment des belles plages sincèrement, ces plages de sable blanc, si tu veux profiter, une semaine, c’est mieux, quoi. Mais bon, ça dépend comment tu voyages.

Fabrice :          L’activité principale, c’est de voir les fameuses statues qui sont positionnées à plusieurs endroits sur l’île j’imagine et profiter de la plage ?

Violette :         Bah oui, puis enfin essayer de comprendre pourquoi c’est là, d’en parler et puis de… C’est vraiment une culture, la culture polynésienne, goûter du poisson cru à la polynésienne, ça c’est vraiment aussi quelque chose que j’adore. Donc voilà enfin, mais c’est vraiment…

Fabrice :         C’est peut-être les restes de l’empire Mu.

Violette :        Hein ? Je n’ai pas compris.

Fabrice :         Tu ne connais pas l’empire Mu ?

Violette :        Ah c’est…

Fabrice :          C’est un peu comme l’Atlantide sauf que c’était la version de l’Atlantide mais dans le Pacifique, des légendes, etcetera, un peu New Age même. Oui, je commence à dire n’importe quoi là, je suis un peu fatigué encore. Mais c’est vrai que ce n’est pas très connu, on pense plus à l’Atlantide, mais il y en a qui disent que l’Ile de Pâques serait… l’empire du Mu aurait été submergé, etcetera, et l’Ile de Pâques serait une des extrémités qui dépassent encore de ce continent qu’il y avait autrefois dans le Pacifique.

Violette :        Je n’ai pas entendu cette histoire.

Fabrice :         Cette légende là-bas ?

Violette :        Non, non, non. Non, je ne sais pas.

Le budget pour un voyage sur l’île de Pâques

Fabrice :         Quel serait le budget à ton avis par jour sur l’Ile de Pâques, hôtel, bouffe, tout ça un peu en mode budget à ton avis, un minimum ?

Violette :         Oh tu peux faire un 30 € je pense parce que… même moins, parce qu’en fait, le camping, c’est 20 € à peu près et après, ça dépend de ce que tu manges. Mais si tu amènes ta bouffe, si tu manges du thon, du riz et des pâtes, c’est même moins cher que 30 € par jour, voilà. Après, comme je dis, on peut quasiment tout faire à pied mais bon, moi je marche bien, j’aime la marche. Après, c’était 60 $, donc on va dire 60 €, pour louer une voiture à la journée, voilà. Par contre, je ne m’en rappelle plus s’il y avait des banques, mais c’est mieux d’emmener son argent et d’être plus tranquille parce que ce n’est pas… Il y a des banques sur place mais moi j’avais pris tout sur moi, donc d’avoir à l’idée. Par contre, ce que j’ai oublié de dire, c’est qu’il y a un droit d’entrée qui est de 80 $. Moi ; j’avais vu sur les blogs… Oui, oui, les Galápagos aussi, c’est très cher. Mais 80 $, j’avais lu sur les blogs, 50 € à peu près, mais là, il est à 80 depuis le 1er janvier 2017. Donc, ça m’a fait un peu bizarre parce que quand tu as préparé ton budget et qu’en fait, tu arrives, tu pensais 50 $ et que c’est 80, bon bah voilà. Mais bon, je m’en suis bien sortie. Non, tu peux faire 30 $, 30 € par jour, voilà.

Fabrice :          Ça me fait penser à un précédent Podcast. J’avais interviewé deux gars qui avaient fait le tour de monde en bateau-stop et ils avaient pris un cargo de Singapour, je crois, pour peut-être Santiago du Chili ou Mexique, je ne sais plus, et ils avaient fait une halte à l’Ile de Pâques.

Violette :        C’est cool, oui.

Fabrice :          Carrément sympa. Ils avaient fait plusieurs îles de la Polynésie et l’Ile de Pâques et alors, je ne sais plus, c’était Santiago, Panama, ensuite là… Voilà. Mais bon, après, ce n’est pas… Je vous conseille plutôt de prendre l’avion parce que ce n’est pas forcément facile de trouver un cargo, c’est cher en plus de voyager en cargo, les places sont limitées, c’est un peu compliqué, alors qu’évidemment, le moyen le plus simple et le plus économique, c’est Santiago et l’Ile de Pâques.

Violette :         C’est le plus facile, on va dire. Après, prendre un cargo, moi je n’ai pas trop le pied marin, donc voilà… Je ne me vois pas sur un cargo et puis, c’est assez long. L’avion, ça prend une heure et demie, deux heures et tu es arrivée. Donc, c’est quand même, selon moi, plus avantageux pour… Voilà, je préfère.

 

Le voyage comme une thérapie contre la fibromyalgie

Fabrice :          Et en 2012, pourquoi tu es partie pour ces années de voyage, quel vent était ta motivation ?

Violette :         Alors, moi à la base, je n’avais pas forcément envie de faire un tour du monde, mais en fait, il y a des raisons pour lesquelles je suis vraiment partie, notamment en 2010 – 2011. Donc, je travaille beaucoup et j’ai une maladie qui s’est déclenchée et j’ai eu vraiment, vraiment beaucoup de problèmes de santé et il s’est avéré que j’ai été diagnostiquée… J’ai une fibromyalgie, en fait. Et du coup, ça a été très dur parce qu’en fait, la fibromyalgie, c’est des douleurs musculaires en permanence. Donc, c’est assez dur de vivre avec ça. Donc, en fait, j’ai mis à peu près un an à m’en remettre et ça a été beaucoup de traitements, beaucoup de suivis, des journées en centre antidouleur ? Enfin, ça n’a pas été facile, facile. Ça m’a vraiment motivé, du coup, j’ai eu l’impression de perdre ma vie, donc ça m’a vraiment motivé ce tour du monde. Je me suis dit, allez soyons fou, je pars faire un tour du monde parce que voilà, enfin j’ai eu l’impression de tout perdre d’un seul coup et il est temps pour moi de faire quelque chose. Donc, ça m’a pris un an de c’était vraiment dur, voilà. Enfin, même les médecins, ils n’y croyaient pas. Mais moi, dans ma tête, j’étais super motivée et c’est ce qui m’a vraiment motivé à partir. Donc, du coup, c’est vraiment la raison pourquoi je suis partie, parce que je n’avais pas de projet, pas d’avenir, c’était compliqué de vivre avec des douleurs chroniques. En France, c’est difficile. Donc, du coup, j’ai décidé de partir. Et en fait, je me suis aperçue que c’était la meilleure décision que j’avais prise.

Le voyage ne m’a pas guérie puisqu’on ne guérit pas, puisqu’il n’y a pas de remède à notre maladie, c’est une maladie assez récente qui a été découverte dans les années 80. Donc, du coup, je me suis dit allez, je pars. Mais ça m’a pris un an de préparation puisque je n’étais vraiment pas bien quoi, je ne pouvais pas bouger beaucoup, je passais mon temps à dormir, les médicaments ne me faisaient rien, parce que les médicaments, c’est des médicaments pour palier, pour un peu diminuer la douleur. Mais comme ils ne savent pas d’où ça vient, on a des médicaments pour diminuer la douleur.

Fabrice :          Tu me disais donc que depuis tu es mieux, c’est ce que t’apporte le voyage en fait. Mais qu’est-ce que le voyage plus exactement, concrètement, ça atténue donc la douleur parce que tu es mouvement, tu me disais aussi le soleil ?

Violette :         Oui. En fait, je me suis aperçue que le mouvement m’aidait beaucoup. Je sais quand j’ai été diagnostiquée, le docteur m’avait dit il faut rester active et je ne comprenais pas, enfin j’étais complètement fatiguée, je dormais tous les jours, je n’étais vraiment pas bien et je ne pouvais pas bouger quasiment. En fait, j’ai réalisé là, il n’y a pas longtemps, qu’en fait, c’est vrai que finalement, inconsciemment, j’ai pris ses conseils en note et je suis restée active donc je marche énormément et j’essaie de ne pas rester statique parce que c’est ça en fait, le problème de rester statique sur des positions statiques, c’est là où mes douleurs se déclenchent beaucoup plus. J’ai toujours des douleurs, voilà, mais j’ai appris vraiment à les gérer. La chaleur me fait énormément de bien, j’ai vraiment réalisé que de vivre au soleil… Et puis, j’essayais de garder le sourire toujours parce que c’est important. Voilà, ça m’a beaucoup, beaucoup aidé. Et de faire ce qu’on aime, je pense que ça aussi, c’est important. Enfin, je n’avais pas de projet, je n’avais pas d’avenir, je me suis dit bon bah, j’ai envie de faire ce que j’aime maintenant et je pense que c’est ma passion. Donc, du coup, forcément c’est plus facile de vivre et de faire sa passion, c’est génial. Donc, du coup, je suis partie et je pense que c’était une bonne idée.

Fabrice :          C’est devenu une bonne… Enfin, une thérapie, c’est un grand mot peut-être, le mot est un peu fort mais au moins, une… Oui, quelque chose comme ça le voyage, c’est devenu…

Violette :         Oui, on peut presque dire ça, que c’est presque ma thérapie parce qu’au final, c’est vrai que quand je suis rentrée, c’était un peu dur de rentrer et de ne pas être en mouvement. Je marchais beaucoup encore parce qu’il faut toujours que je marche, il faut toujours que je reste active. Je ne peux plus travailler devant un ordinateur comme je le faisais avant. Oui, non, le voyage m’a vraiment ouvert des portes que je n’aurais pas imaginées. C’est ça qui est assez impressionnant. Pour moi, c’est une thérapie quoi, c’est ma thérapie, mais après, je ne sais pas…

Fabrice :         Après ?

Violette :         Après, chaque personne est différente. Dans les symptômes qu’on a, les gens, ils n’ont pas forcément…

Fabrice :          Tu veux dire que pour la même maladie, peut-être que le voyage, ça serait moins efficace peut-être pour d’autres personnes ?

Violette :         Moi, c’est vraiment ça qui me fait du bien, la chaleur, les massages, voilà. Dans ma tête, je me suis dit les médicaments, la médecine, elle ne peut rien pour nous pour l’instant, donc il faut que je trouve, que je vive ma passion même si c’est douloureux et tout, et au final, de vivre sa passion et de faire ce qu’on aime, ça aide aussi, ça c’est important. Et d’avoir des projets aussi, ça, c’est hyper important parce que quand on a ces problèmes de santé, on n’a pas vraiment de projet parce que tu vas… Le Pôle Emploi, c’est le Cap Emploi, et tu vas là-bas et en fait, tu leur dis tu as des douleurs chroniques et ils te disent wow, ah oui, bah je ne sais pas, qu’est-ce que tu peux faire, ah tu ne peux pas rester trop longtemps assis, ah tu ne peux pas faire ça, ah tu ne peux pas faire ça.

Bah non, il faut que je reste active, donc moi, avec mon diplôme, je ne peux plus faire ce que je faisais avant. Ça va que je suis jeune et que j’arrive à… Je pense, le fait d’être jeune, ça m’a beaucoup aidé aussi, d’avoir ce diagnostic jeune que j’ai attendu pendant 10 ans. Mais ça m’a beaucoup aidé, c’est le côté positif. Le voyage m’a beaucoup aidé dans ça. Je pense mieux me connaître, mieux me gérer mais de toute façon, le voyage, c’est aussi un travail sur soi et on apprend beaucoup sur soi et je pense que ça, ça a été vraiment important pour moi, le voyage m’a… J’ai vraiment appris énormément, sur moi, sur les autres, la façon de vivre, de ne pas se plaindre et voilà quoi, parce qu’il y a toujours pire de toute façon.

Fabrice :          Et là donc, tu vas continuer, enfin le voyage va continuer à occuper une grande place dans ta vie là j’imagine ?

Violette :         Bah oui, j’ai d’autres projets en cours mais je vais déjà là profiter parce que c’est vrai que je n’ai pas trop profité de ma famille, de mes amis la dernière fois que je suis revenue. Donc là, j’aimerais bien profiter et repartir sur un projet certainement tout en marchant. Je suis vraiment fatiguée des transports en commun et puis bon, il faut que je réalise aussi que le voyage fait partie de ma vie, la maladie elle aussi fait partie de ma vie, mais le voyage, non, il ne va pas s’arrêter parce que c’est ma thérapie quoi, j’aime trop voyager même si j’ai peut-être un peu moins apprécié ce voyage de neuf mois en Amérique Latine, j’ai envie de retourner en Asie, j’ai envie d’avoir des nouveaux projets mais tout en marchant. Je réfléchis à un projet de marcher au profit de la fibromyalgie justement, peut-être en Europe ou en Asie, à voir. Mais bon, c’est un projet qui va être physiquement compliqué aussi à réaliser parce qu’il ne fait pas chaud, chaud non plus en Europe. Donc si je fais ça, ça nécessite une préparation donc voilà, on verra. Mais…

Fabrice :         Il y a pire comme thérapie quand même le voyage.

Violette :         Mais c’est sûr. Mais après je fais des concessions. On dit toujours tu as de la chance de voyager, bon voilà… Moi, je n’ai rien chez moi, je veux dire, j’ai mes parents qui m’hébergent mais sinon là, je rentre, je suis à sec. Il va falloir que je travaille comme tout le monde, quoi. Mais c’est juste que quand on voyage, ça ne coûte pas si cher. Donc au final, je préfère mettre mon argent dans les voyages et me sentir bien dans mon corps parce que je me sens bien dans mon corps, c’est un peu facile à dire parce que sincèrement, j’ai des douleurs tout le temps. Mais voilà, je me sens mieux donc… Et être heureux, c’est hyper important, de faire ce qu’on aime. Après, j’aimerais vivre de cette passion mais bon voilà, souvent, je travaille. La dernière fois que je suis revenue, j’ai travaillé en Auberge de Jeunesse pour me repayer ; et durant le voyage, je travaillais en Australie pour me repayer et pour aller dans les Iles Pacifiques, donc voilà.

Fabrice :          Tu me disais que toi, justement tu préfères vraiment l’Asie à l’Amérique Latine, tu es plus, c’est quelque chose voilà qui te… c’est bien ça, hein ?

Violette :         Oui. Bah oui, après les goûts et couleurs voilà. Mais moi, j’ai bien… Enfin, je pense qu’en termes, enfin c’était très, très authentique. Je suis allée en Mongolie, je suis allée en Birmanie. Donc après, ces pays, c’est vrai que c’est… l’Amérique Latine, c’est très beau, franchement les couleurs, je n’ai jamais vu des couleurs comme ça, c’est époustouflant. Après, au niveau de l’authenticité, ce n’était pas hyper, hyper authentique j’ai trouvé par rapport à l’Asie, mais bon, forcément, j’ai fait des pays qui sont ultra ultra-authentiques, donc voilà. Et j’aime beaucoup marcher et prendre des photos. C’est là où j’étais pas mal frustrée en fait en Amérique Latine parce que dans les villes, c’est un petit peu plus, il faut faire un peu plus attention à soi. Ce n’est pas comme en Asie ou même en Europe, tu marches avec la caméra, personne ne va te regarder, personne ne va te dire non mais range ta caméra, c’est trop dangereux. En Amérique Latine, chaque grande ville, c’était comme ça quoi. À chaque fois, il y avait des femmes, principalement des femmes qui venaient me voir et qui me disent, mais non, non, tu ranges tout ça, c’est trop dangereux l et particulièrement au Brésil, donc…

Fabrice :         Il faut écouter les locaux quand ils le disent.

Violette :         Bah oui, moi j’écoute et puis bon, je tiens à ma vie parce que quand même en Amérique Latine, tu entends des histoires où voilà, enfin tu peux mourir pour pas grand-chose. Donc, pour eux… Il y a un taxi qui me disait la vie ici, de toute façon, la vie n’a aucune valeur, la vie c’est rien. Donc bon, quand tu as un taxi qui te dit ça ou quand tu rentres dans un taxi qui te dit surtout tu fermes bien ta porte à clé et tu ranges, enfin voilà, tu fais attention, qu’il t’accompagne à l’hôtel parce que ça craint. Bon voilà, enfin, c’est un conditionnement qui a été fatiguant. Et puis, c’est très beau mais j’ai fait beaucoup de trek et j’ai beaucoup marché. Donc, c’était beaucoup plus de fatigue. Donc, je voulais rester plus longtemps mais en même temps, j’étais trop fatiguée, il faut le reconnaître. Puis, plus trop d’argent parce que ça coûte cher l’Amérique Latine par rapport à l’Asie. Donc, du coup, je suis rentrée mais je suis contente d’avoir réussi à faire neuf mois en Amérique Latine. Mais oui, au niveau, moi j’adore prendre des photos et j’étais vraiment frustrée. En plus, les gens n’aiment pas qu’on les prenne en photo du tout donc moi j’adore faire des portraits.

Fabrice :         Oui, c’est plus compliqué.

Violette :         Ou alors, ils demandent de payer et moi, ce n’est pas du tout… Enfin, moi, si les gens me demandent de me prendre en photo, je me laisse prendre en photo et ce n’est pas du tout mon truc de donner de l’argent. Après, chacun fait ce qu’il veut mais du coup, j’étais un peu frustrée dans ma démarche de marche à pied puisque je marche tous les jours, beaucoup et je trouve que c’est la meilleure façon de visiter un pays, d’être à un endroit et d’aller marcher à droite à gauche nord, est, ouest. C’est comme ça que tu vois, que tu rencontres des gens parce que tu es beaucoup plus à l’aise quand tu marches et puis, les gens viennent vers toi quand tu marches, puisqu’il n’y a pas beaucoup de gens qui… Enfin, il y a des gens qui marchent mais les gens vont d’un endroit à un autre en bus. Non, moi vraiment, la marche, c’est vraiment important.

Fabrice :          Bah écoute, merci Violette de nous avoir parlé de ton histoire qui… Enfin, le but, c’était que tu me parles de ton histoire et je trouve ça assez, c’est quand même inspirant de… voilà. Il n’y a pas de, comment dire, là tu peux voyager malgré d’abord que voilà, malgré un gros problème de santé et que le voyage, ça peut atténuer en tout cas, toi, ton problème en tout cas, ça l’atténue du moins, donc ça, je trouvais ça intéressant et inspirant en tout cas. Peut-être tu as un dernier mot à ajouter ?

Violette :         Non, c’est ça, c’est le voyage, j’espère que si je peux inspirer des gens, alors là, ce serait vraiment super. Mais oui, j’espère que ça va motiver des gens à se dire, oh peut-être que oui, peut-être que le voyage, même un petit weekend à l’extérieur, ça peut aider quoi, juste changer d’air, juste changer d’air, ça peut aider et de voir les choses positivement. La maladie, on la voit souvent. C’est vrai que c’est difficile de vivre avec des douleurs chroniques donc, moi quand je vais sur les forums je vois des choses, c’est super négatif et j’aimerais bien apporter un peu de soleil, un peu de sourire… Enfin, c’est dur, mais il faut garder le sourire, de toute façon on n’a pas le choix. Donc voilà, donc c’est ça. Si je peux apporter ce côté positif sur la maladie, moi c’est ça, c’est pour ça que je veux témoigner en fait voilà, apporter un côté positif à la maladie.

Fabrice :         Bah, merci Violette. D’ailleurs, on termine sous le soleil qui fait son apparition là.

Violette :        Merci à toi !

Fabrice :         Donc bonne, bonne…

Violette :        Bon retour.

Fabrice :         Bon retour, oui. Oui, après neuf mois là, c’est sympa aussi, c’est agréable de revenir et de reprofiter encore, il va y avoir encore des beaux jours en plus, de reprofiter de tes amis, de ta famille.

Violette :         Et surtout, la bouffe, manger, ici, c’est… le pain, le fromage, la charcuterie là, ça fait du bien d’être en France.

Fabrice :         C’est clair. Bon courage pour tes projets futurs et puis merci, voilà.

Violette :         Merci à toi de m’avoir accueillie et que je puisse témoigner, c’était important. Merci !

Fabrice :          Voilà. Merci d’avoir écouté cet épisode, n’hésitez pas à le partager, n’hésitez pas à mettre un avis sur iTunes, c’est toujours important. Puis, on se retrouve pour un nouvel épisode dans deux semaines. Et moi, je pense que je vais aller faire ma sieste, je vais déjeuner et faire une petite sieste puisque là, je suis vraiment mort. Voilà, à bientôt ! Ciao, ciao !

Violette :        Ciao !

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