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IVCAST 57 : Voyager en Russie : l’essentiel à savoir avec Thomas

Thomas a vécu plusieurs années en Russie. Fan de ce pays, il nous donne ses conseils pour bien préparer son premier voyage en Russie.  


 

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A propos de cet épisode

Thomas fut un des participants du <strong>Digital Nomad Starter en septembre dernier. Nous nous sommes revu ensuite autour d’un verre, je voulais en effet qu’il vous parle de la Russie, un pays qu’il connaît bien.
C’est même un passionné de ce pays. Il faut dire qu’il y a vécut plusieurs années.

Dans cet épisode, Thomas nous donne ses conseils, et nous livre l’essentiel à savoir avant de partir en Russie.

 

Liens cités

Tout pour apprendre le russe avec Thomas.

Merci d’avoir écouté !

 

 

Fabrice :         Bonjour Thomas !

Thomas :        Salut Fabrice ! Salut à tous !

Fabrice :          J’ai retrouvé Thomas à Paris sur une terrasse au Pavillon… Comment il s’appelle le bar, tu te rappelles Thomas ? Le Pavillon… C’est une bonne adresse, hein. Si vous êtes du côté de Paris, vers le canal de l’Ourcq, c’est une bonne adresse, c’est vraiment un café, un bar que j’aime beaucoup, avec une grande terrasse, etcetera, qui est dans une maison.

Thomas :        Le Pavillon des canaux.

Fabrice :          Voilà, le Pavillon des canaux. C’est vraiment bien situé et tout. Voilà. Si vous passez dans le quartier… Bref, on s’écarte du sujet, on revient sur la Russie !

 

Voyager en Russie, la préparation

Fabrice :          Alors, Thomas, la Russie, c’est un vaste sujet aussi, aussi vaste que le pays, je devrais dire. On ne va pas parler de tout dans ce podcast parce que sinon, on va y passer du temps. On va rester assez pratique et assez synthétique. Et la première question, bon, toi, tu m’as raconté un petit peu le tout avant. Tu y as voyagé pas mal, tu y as vécu notamment plusieurs années.

 Thomas :        J’y ai travaillé.

Fabrice :          Tu y as travaillé. Tu y as voyagé, donc beaucoup, tu connais bien. Il y a une question, la pratique tout de suite, que beaucoup de gens se posent, c’est la question du Visa. Alors, comment faire le plus pratique et le moins cher ?

Thomas :         Le plus pratique et le moins cher. Le plus pratique, c’est de s’y prendre un certain temps à l’avance pour être zen et pas avoir de pression de ce côté-là. Il y a un petit dossier à faire. Le dossier, il faut qu’il soit complet. En gros, carte d’identité, passeport à jour pour tout le temps du voyage largement. Il faut remplir une fiche pour le ministère des affaires étrangères russes, et ils sont très rigoureux. C’est un truc en ligne mais s’il y a la moindre petite faute, ça ne passe pas. Donc, il faut être clean là-dessus. Si ça vous angoisse un peu, mon conseil, c’est de passer par une agence, ça sera un petit peu plus cher, mais ils vont s’occuper de remplir cette fiche à partir de vos données, ils savent le faire, ils le font tous les jours, donc ils vont vous faciliter le dossier grandement. Et c’est… Moi, en tout cas, c’est ce que je fais tout le temps parce que ça me simplifie vraiment la vie.

Fabrice :         C’est combien la séance pour ça ?

Thomas :        Alors, pour moins de 100 €, le Visa et le service de l’agence.

Fabrice :         D’accord.

Thomas :         Et nom de l’agence ? Au moins un. Il y a par exemple une agence qui s’appelle « Rapide Visa » sur Paris. Il y a une autre agence qui s’appelle… Il y en a pleins en fait, il suffit de taper Visa Russie sur Google, vous allez en trouver une série tout de suite.

Fabrice :         Une semaine ?

Thomas :         Alors, pour les Visas d’une semaine, ça marche très bien, c’est des Visas touristiques qui sont limités à trois mois en fait, ou juste pour la durée de votre séjour. Et avec ça, vous avez largement ce qu’il faut pour aller soit sur Moscou, soit sur Saint Petersburg, soit plus loin. Il faudra juste indiquer dans votre demande de Visa les endroits où vous avez l’intention de passer, même à peu près. Voilà. Vous avez besoin d’une invitation aussi pour faire votre Visa, et ça, normalement, l’agence vous la fournit, ou l’agence de voyage. Voilà. C’est inclus dans le tarif et ça se passe très bien. Sinon, un ami sur place peut aussi vous envoyer cette invitation.

Fabrice :          D’accord. J’ai vu que les prix des vols sont assez corrects, je trouve, pour la distance. Oui puisque là, je suis en train de me renseigner aussi pour mon voyage. Je disais à Thomas avant que j’avais envie d’aller à Moscou. Alors, je pose un peu les questions en direct là. Donc, j’ai vu des vols quand même pas trop, trop chers.

Thomas :         Alors, si on s’y prend un petit peu à l’avance, on peut avoir des vols aller-retour pour 250 balles, 250 € à peu près, hors Visa. Après, ça dépend des saisons parce qu’il y a des saisons qui sont évidemment très touristiques. Je vous déconseille fortement Juin 2018 sauf si vous aimez le foot parce qu’il y a la Coupe du Monde là-bas. En dehors de ça, si vous vous y prenez à l’avance, vous avez des tarifs vraiment intéressants, ça n’ira pas plus loin que 350 €. Quand tu parles de distance, tout est relatif parce qu’on est à 3 heures d’avion de Paris, 3 heures et demie et pas plus pour Saint Petersburg ou Moscou. Après, si vous allez à Vladivostok, ça vous prendra 8 ou 9 heures d’avion de plus. Voilà.

Fabrice :          D’accord. Et alors, pour un weekend… Enfin, pour un séjour du moins à Moscou, un weekend, c’est un peu court quand même, toi tu me disais oui, une semaine. Une semaine, c’est bien pour avoir une bonne vue globale de la ville.

Thomas :         En une semaine, il y a le temps de faire pas mal de choses, quoi. Vous avez le temps de vous balader, vous allez tester plusieurs restaurants, vous avez le temps de visiter, de vous faire un trip à l’opéra, ou voir le ballet russe, si c’est au Bolchoï ou Mariinsk, ça dépend, ça vaut vraiment le coup de le voir. Vous pouvez aller voir des pièces de théâtre, même si vous ne comprenez pas, ça peut être assez marrant de voir l’intensité du jeu russe, ce qui est quand même assez exceptionnel. Il y aussi pleins de concerts, des festivals, pleins de choses à faire. Ce qui peut être bien aussi, ce que je vous conseille, c’est de… Si vous allez dans une grande ville comme Moscou ou Saint Petersburg, c’est de prévoir aussi une sortie un peu dans la campagne, dans un village, dans une ville un peu éloignée, prendre le petit train pour ça. À une heure de ses deux grandes villes-là, il y a vraiment des endroits fabuleux à voir, comme Tsarskoïe Selo, dans la banlieue Saint Petersburg, où c’est un ancien village du Tsar où Pushkin a grandi et a fait ses études. Dans la banlieue de Moscou, éloignée, il y a un truc qui s’appelle Serguiev Possad avec un monastère, c’est magnifique. Et ça vous donne aussi une vision de ce qui se passe en dehors de ces grandes villes qui sont quand même très particulières et qui ne sont pas vraiment la Russie. Enfin, c’est des exceptions, ici.

Fabrice :         Saint Petersburg, pareil ? Une semaine ?

Thomas :         Pareil. Il y a tellement de choses à faire qu’en fait, dans tous les cas, une semaine, vous allez trouver ça trop court parce que vous allez voir, même si vous avez vécu un séjour très riche, à quel point vous auriez aussi pu faire ci et ça en revenant. Et peut-être que vous allez avoir envie d’y retourner justement pour en voir un peu plus. Mais une semaine, c’est bien aussi pour rentabiliser le voyage parce que le billet aller-retour ne sera pas plus cher. Pour un séjour un petit peu plus long sur place, vous en profiterez un peu plus. Voilà. Après, il faut savoir que dans les conditions, logés en Airbnb, par exemple, sur ces deux grandes villes là, une semaine complète avec toutes les visites que vous voulez, les restaurants et les souvenirs, vous en aurez vraiment grand maximum pour 1000 €. Même 10 jours. Vous pouvez très bien vous en sortir pour 800 € si vous êtes un peu démerdard. Ce n’est pas une destination très chère aujourd’hui et c’est encore très proche de chez nous géographiquement.

Fabrice :         Moscou, ça a la réputation d’être une ville chère pour les logements ?

Thomas :         Alors, c’est cher pour le logement quand on y habite. C’est-à-dire que le loyer, c’est à peu près aux équivalents parisiens, voire plus cher, voire beaucoup plus cher si vous visez un truc un peu luxe. Là, il y a des prix qui peuvent vraiment crever le plafond. Après, en tant que touriste, il y a des auberges de jeunesse. Il y a des plans, chez d’habitants, par des sites comme Couchsurfing par exemple. Donc là, c’est carrément gratuit.

Fabrice :         Ça marche bien Couchsurfing ?

Thomas :         Oui, ça marche bien. Ils connaissent ça aussi, ils en profitent aussi en venant en Europe. Donc, les russes sont connectés au web. Il n’y a pas vraiment de censures internet, en tout cas, rien d’équivalent à ce qu’on peut voir en Chine, par exemple.

 

La Russie : Les destinations incountournables

Fabrice :          D’accord. Et alors, autre question. Arrêtes-moi si je me trompe mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de touristes, l’essentiel des touristes, quand ils vont en Russie, c’est Moscou, Saint Petersburg. Soit l’un, soit l’autre, soit les deux, non ?

Thomas :         Oui. En fait, c’est à la fois des villes qui sont fascinantes et très, très différentes l’une de l’autre. Elles n’ont vraiment rien à voir. Il y en a une qui est la capitale, donc, c’est un peu comme Paris en France, il y en a qu’une. Et l’autre, c’est très atypique aussi parce que ça a été créée par Pierre Legrand, il y a plus 300 ans, comme une ouverture sur le monde. Donc, les gens sont particuliers, les habitants eux-mêmes, et l’architecture de la ville. Les gens sont plus ouverts sur le monde, sur l’étranger et sont accueillants différemment qu’ils peuvent l’être dans la capitale. Après, c’est les deux destinations les plus simples. Clairement, pour commencer, si vous n’avez pas encore mis les pieds là-bas. Et c’est les endroits par lesquels vous allez passer pour aller un peu plus loin dans le pays derrière. Donc, de toute façon, vous passerez par là.

Fabrice :          Justement, après, si on veut s’écarter une fois qu’on a visité ces deux villes, tu conseilles quoi ?

Thomas :         Alors, après, il y a pleins de possibilités derrière. Les plus simples, on va dire, ou les plus abordables… Alors, ça dépend de votre budget aussi parce que plus vous allez loin dans la Russie, plus ça va vous coûter cher en billet d’avion ou en transport. Vladivostok depuis Moscou, c’est au moins 500 € aller-retour, rien que pour le transport. En train, vous pouvez peut-être vous en sortir pour 300 – 400 €. Par contre, il vous faudra deux semaines.

Fabrice :         Il y a le lac Baïkal qui est un spot.

Thomas :         Alors, le lac Baïkal, c’est le joyau de Sibérie. C’est la plus grande réserve d’eau douce au monde. Il y a des espèces faunes et flores absolument uniques au monde. C’est un endroit vraiment, même par les russes, qui est vu comme très pur. C’est un rendez-vous avec la nature et tout le monde en revient avec un « Waouh, c’était vraiment extraordinaire ! » Ça vaut le coup d’y aller. Si vous pouvez y aller, allez-y soit en été, soit en hiver, en évitant les inters saisons pour éviter la boue, et profiter vraiment de la saison.

Fabrice :          D’accord. Est-ce qu’il y d’autres villes intéressantes parce que c’est vrai que là, on ne connaît pas, à part les deux villes qu’on a citées, pour l’essentiel, je n’ai pas vraiment d’autres noms qui me viennent là, à part Irkoutsk. Voilà. Il y a Stalingrad, enfin, je crois que ça a changé de nom, non ? Depuis ?

Thomas :        Oui. Stalingrad, maintenant, ça s’appelle Volgograd.

Fabrice :          Ça n’a pas trop d’intérêt, non ? C’est complètement détruit depuis la [inaudible 0:10:18]

Thomas :         Alors, ça a été reconstruit complètement aussi. Ils ont perdu plus de la moitié, ce n’est pas les deux tiers de leur population sur la fameuse bataille qui est le tournant de la guerre d’ailleurs.

Fabrice :          Excellent film d’ailleurs, avec je ne sais plus quel réalisateur. Ce n’est pas Jean-Jacques Annaud ?

Thomas :        C’est ça.

Fabrice :         Très bon film.

Thomas :         Stalingrad, il y a un monument absolument démesuré à la mesure des pertes humaines qu’ils ont subi à ce moment-là, qui s’appelle Rodina Mat. C’est la Mère-patrie. Donc, c’est une femme avec un grand glaive, avec le vent dans ses vêtements et tout. Et rien que le glaive fait 30m de long, je crois. Donc, c’est un truc immense avec un point de vue exceptionnel sur la ville. Après, ce n’est pas l’endroit où je vous conseillerai de passer une semaine sauf si vous avez des proches ou des amis sur place. Je vous conseille plus d’approcher la Russie régionale par une région justement. Par exemple, vous avez la Carélie. La Carélie, c’est les petites églises en bois construites avec des petits morceaux de bois sans aucun clou, ni vis, ni rien, c’est juste de l’assemblage.

Fabrice :         Ça, c’est au Nord, hein ?

Thomas :         C’est au Nord. Il y a des lacs, il y a des réserves naturelles. C’est très, très beau et vous avez des petites datchas…

Fabrice :         C’est vers la Finlande, non ?

Thomas :         Oui, c’est ça. C’est assez proche de la frontière finlandaise. Ensuite, vous avez la Sibérie dans son ensemble. Il y a l’Altaï qui est une région fabuleuse dans le sud de la Sibérie. Là, vous avez plutôt, des trips en traversant plusieurs villes ou villages. La grande ville, c’est Barnaoul, vous passez par là. Ensuite, vous descendez soit en voiture, soit en bus, soit en stop comme moi je le fais si vous êtes suffisamment à l’aise. Et vous pouvez descendre dans la région des lacs et des montagnes de l’Altaï qui sont en connexion direct avec la Chine, la Mongolie et le Kazakhstan. Il y a une frontière commune avec ces quatre pays-là et c’est des montagnes magnifiques, c’est la nature sauvage, c’est fabuleux.

Fabrice :         Bien sûr, il y a le mythique Transsibérien.

Thomas :         Alors, le Transsibérien, c’est une autre aventure. Là, ça fait partie des voyages à partir de deux, trois semaines, ça devient intéressant. Alors, vous pouvez aussi faire un Transsibérien en une semaine et revenir, c’est possible. Vous aurez la vie à bord, vous aurez le partage de… La rencontre avec les gens à bord, les passagers parce que vous êtes dans des petits espaces confinés pendant des heures avec eux. Donc, ils vont partager avec vous leur nourriture, ils vont vouloir discuter avec vous, peut-être boire un coup aussi avec vous, même si vous ne parlez pas russe, il y a toujours moyens de se démerder. Les Russes le font très bien, avec le langage des signes, avec les quelques mots d’anglais qu’eux connaissent, et pour passer des moments assez intéressants. Le Transsibérien, c’est aussi l’occasion de traverser une série de villes si vous avez le temps, comme Novossibirsk, comme Saratov. Alors, je ne sais plus si Saratov, c’est sur le Transsibérien mais il y a toute une série de grande ville à voir comme ça avec… Vous pouvez faire des escales de deux, trois jours, et prévoir vraiment le voyage pour ça. Ça vaut le coup aussi pour justement se faire au climat de ces différentes régions, surtout le parcours jusqu’à Vladivostok, si vous allez jusqu’au bout par-là ou jusqu’à la Chine, si vous prenez le Transmongolien qui est le même tracé jusqu’en Sibérie et qui ensuite va vers la Chine.

 

Voyager en Russie : Les conseils pratiques de Thomas

Fabrice :         Comment est le contact avec les Russes ?

Thomas :         Alors, le contact avec les Russes. Il y a celui du russe de la rue dans la vie de tous les jours qui n’est pas forcément le russe le plus chaleureux. On va dire qu’il a une image assez froide bien que ces dernières années, on commence à les voir sourire dans la rue. C’est assez nouveau parce que structuralement, ils ne sont pas souriants comme ça, comme nous, on peut l’être. Et puis, il y a le russe… ou là où les Russes qu’on va rencontrer chez eux. Dès qu’on aura passé le palier de la porte, on aura un masque qui va tomber et on aura un accueil extrêmement chaleureux, on aura encore une notion de partage très forte, c’est-à-dire que les Russes n’ont pas forcément énormément de choses sous la main, mais ils vont tout partager avec vous, ils vont mettre tout sur la table, et leur but sera de partager le meilleur moment possible avec vous, pour que vous en ayez un souvenir super de part et d’autre, et en espérant que vous allez vous revoir. Ils sont très forts en amitié et en émotion, et à partager ce genre de moment avec vous.

Fabrice :          Et au niveau de la communication, comment ça se passe ? Il y a peu de Russes qui parlent anglais, non ?

Thomas :         Alors, si vous allez être sur Moscou ou Saint Petersburg, vous allez trouver des Russes qui parlent anglais. Vous allez même trouver des Russes qui parlent français. Alors, il n’y en a pas forcément beaucoup, mais quand ils parleront français, vous serez bluffés par leur niveau de langue.

Fabrice :         Parce que le français est l’une des langues étrangères enseignées.

Thomas :         Oui. Et non seulement, c’est enseigné mais les Russes sont assez forts au niveau de leur méthode de langue. Ils sont très efficaces dans leur apprentissage. Et en Russie, on apprend l’anglais, le chinois, l’arabe, le français. Voilà. Ils ont des connexions maintenant avec le monde entier et sont assez forts dans cet enseignement-là et dans les relations internationales en général. Donc, vous allez trouver des gens pour parler en anglais, mais pas tout le temps. En même temps, sur Moscou et Saint Petersburg, ce n’est pas trop un problème. Au bout de quelques personnes, vous trouverez quelqu’un qui pourra vous aider. Maintenant, si vous allez plus dans les régions et en Sibérie, par exemple, au Carélie ou ailleurs, ou dans l’Oural, ou peu importe, là, ce sera plus difficile de trouver des gens qui parlent vraiment l’anglais. Vous risquez d’être un peu frustré et peut-être de ne pas toujours avoir vos renseignements parce qu’il va vous manquer quelques phrases de russe. Et souvent, pas grand-chose d’ailleurs, c’est souvent…

Moi, ce que je pourrai conseiller à quelqu’un qui veut vraiment s’aventurer en région, à faire le Transsibérien ou quoi, c’est au moins de se munir d’un guide, déjà avoir avec soi, c’est évident, pour avoir les phrases types sur les sujets de la vie courante, quoi. Pour s’acheter un ticket, pour manger un truc, pour demander son chemin, ce genre de chose. Ça, c’est vraiment indispensable d’au moins avoir recours à un petit guide si vous ne connaissez pas les phrases vous-mêmes. Et si vous pouvez en plus, à minima, apprenez l’alphabet. Ça, c’est indispensable, ne serait-ce que pour reconnaître la station de métro où vous allez, ne serait-ce que pour reconnaître le nom du bus. Enfin, voilà. Le nom de la rue où vous habitez aussi et prononcer le nom de la rue où vous allez si jamais, vous prenez un taxi pour rentrer. Ce n’est pas très difficile, l’alphabet, c’est l’affaire d’une semaine. L’affaire d’une semaine en faisant une petite demi-heure par jour avec une petite révision la semaine d’après. Je pense que ce sera vraiment suffisant pour déchiffrer ce qui se passe. Et au moins, avec ça, vous serez capable de dire où vous êtes. Et c’est le minimum si vous ne voulez pas être complètement perdu.

 

Comment se déplacer pendant son voyage en Russie ?

Fabrice :          Et au niveau du transport, c’est quoi le mieux ? Bus ? Train ? C’est plutôt le train, non ?

Thomas :         Alors, les trains fonctionnent très bien en Russie, surtout si c’est pour des longues distances. Entre les grandes villes, c’est ça probablement le meilleur moyen de transport. Après, si c’est vraiment très loin, il y a l’avion qui devient intéressant aussi. Ça marche comme chez nous. Vous prenez ça de l’aéroport international de Moscou, en général. Puis, vous partez, je ne sais pas, à Novossibirsk, à Vladivostok. Vous pouvez même le faire en anglais, il n’y a pas de problème, c’est un aéroport international. Le train, c’est un petit peu plus compliqué. Il y a maintenant des sites comme trains.ru, enfin, train.ru en anglais, où vous pouvez vous acheter votre trajet depuis n’importe quel endroit où vous êtes. Le mieux, c’est quand même de l’acheter dans une gare. Directement à la gare, vous aurez des tarifs plus intéressants. Et après, le train, il faut être prêt à y passer une vingtaine d’heures, parfois plus. Ça dépend du trajet que vous avez à faire, mais en moyenne un train, en Russie, à part les très grandes lignes entre Moscou et Saint Petersburg, maintenant, c’est 50 km/heure la moyenne.

Fabrice :         Ah oui. C’est tout ?

Thomas :        Voilà. On prend son temps, et on prend à manger avec soi, et on est prêt à…

Fabrice :          Prendre des moments sympas. Voyager en train, enfin, je pense en Russie particulièrement.

Thomas :         Alors, c’est très sympa. C’est beaucoup moins ordinateur portable qu’on peut avoir dans le TGV en France, par exemple. C’est beaucoup plus, voilà, on va parler avec ses voisins. De toute façon, si on n’est pas prêt à parler, eux, ils vont vous parler, ils vont briser la glace à un moment donné. Et souvent, c’est l’occasion de boire un coup, de manger un morceau ensemble, de se montrer des photos de famille. Voilà. Ah, tu habites là. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Moi, voilà. Tiens regarde, là, c’est ma sœur. Et puis, d’évoluer avec le vocabulaire qu’on a à la disposition. Le petit guide qu’on a ou pas sous la main, les quelques mots d’anglais qui peuvent faire le pont, et voilà, et l’aventure est au rendez-vous.

Fabrice :          Et louer une voiture, c’est intéressant ? Enfin, vu les grandes distances, pas forcément j’imagine. Qu’est-ce que tu en penses ? C’est intéressant ? Est-ce que c’est cher ?

Thomas :         Ce n’est pas forcément cher… C’est des tarifs à peu près équivalent à ce qu’on peut avoir chez nous, peut-être un peu moins chers même. On peut se balader en BlaBlaCar. Maintenant, en Russie, ce qui est probablement plus simple et le plus safe, enfin le plus tranquille, parce que…

Fabrice :         Les routes russes sont dangereuses ?

Thomas :         Il y a beaucoup d’accidents de la route en Russie parce que d’une part, les routes sont défoncées, et d’autre part, les conducteurs font un peu n’importe quoi. Il y aussi un côté, on peut s’acheter son permis pour quelques sous alors qu’on n’a jamais passé le test. Voilà. Donc, il y a un risque quand même qui n’est pas le même que chez nous, enfin, en tout cas pour la France. Si vous prenez la voiture, je vous conseille de le faire avec des Russes qui vont vous emmener, qui ont une voiture fiable qui fonctionne, et qui connaissent beaucoup mieux la situation, comment ça fonctionne sur les routes là-bas parce que les règles ne sont pas tout à fait quand même les mêmes que chez nous. Voilà. Après, effectivement, pour les courtes distances, c’est mieux. Moi, ça m’est arrivé des trajets en voiture sur 300 – 400 Km. C’était un peu roots. Je dois dire qu’une fois ou deux, ça m’est arrivé de ne pas être complètement rassuré par les mecs qui étaient dans la voiture avec moi. Mais, au final, je n’ai pas regretté. Et là, par contre, il faut être prêt à rentrer dans la brousse, quoi.

Fabrice :         Sur les vols intérieurs, il y a encore beaucoup de Tupolev et Antonov ?

Thomas :        Oui.

Fabrice :          Moi, je me rappelle d’un Antonov que j’avais pris. C’était à Cancun, c’était avec Air Cubana. Ce n’était pas triste, hein.

Thomas :         Ok. Il y avait un problème sur les lignes intérieures, plus que sur les lignes internationales, parce qu’il y avait beaucoup moins d’exigences en termes de normes. Il y a un certain temps, surtout quand ça a explosé pendant les années Eltsine et un petit peu après. Aujourd’hui, les vols sont quand même vérifiés et à peu près aux standards internationaux. Et à part un conflit majeur, comme ce qu’on a vu en Ukraine avec l’avion qui s’est fait dézingué, on ne sait pas trop d’ailleurs par qui exactement. Il n’y a pas de soucis sur les vols intérieurs aujourd’hui en Russie. Alors, essayez de ne pas survoler des pays un peu chauds si vous pouvez. Mais grosso modo, ça fonctionne très bien. Et voilà. Ça ne pose pas de souci, les Russes sont même habitués à faire tourner leur machine sur -20, -30° quand il faut aller en Sibérie, ils y vont quand même. Et il y a des accidents, comme ailleurs, mais pas plus ni moins.

Fabrice :          D’accord. Une question pratique, pas de problème pour retirer de l’argent aux ATM, au distributeur avec une carte ?

Thomas :         Alors, aucun problème pour ça. Il y a des ATM un petit peu partout. On en trouve partout dans les villes, dans les aéroports, dans les gares. Le seul truc, c’est de trouver le bouton pour switcher en anglais si vous avez besoin de parler anglais. Il y a rarement le truc en français. Sinon, vous l’avez en russe. Mais vous avez souvent des choses qui vous indiquent comment retirer de l’argent, etcetera. Vous pouvez, par déduction, y arriver ou vous faire aider par quelqu’un s’il y a besoin. Mais souvent, pratiquement, systématiquement, il y a la version anglaise du logiciel qui vous permet de retirer de l’argent tout à fait simplement.

Fabrice :          D’accord. Est-ce qu’il y a, je ne sais pas, des arnaques made, enfin des arnaques russes spécifiques à éviter ou ?

Thomas :         Je pense qu’il y a toujours des magouilleurs et des gens qui vivent dans la pauvreté ou pas loin, donc qui sont un peu prêts à toutes les combines. Maintenant, quand vous voyagez dans des pays comme ça, vous savez aussi qu’il faut être un peu discret. Vous n’allez pas montrer votre cash comme ça, votre appareil photos ou votre machin. Vous allez le garder dans vos sacs et voyager, pas incognito, mais ce n’est pas la peine de vous faire remarquer pour rien. Sauf si vous êtes dans votre chambre d’hôtel, vous pouvez sortir vos trucs, sans problème. Après, il y a un truc classique, par exemple, vous allez sûrement prendre le taxi et le taxi sauvage. Le taxi sauvage, c’est vous mettez votre main et n’importe qui s’arrête. Et là, regardez, jaugez un peu le chauffeur. Voyez si la voiture tient la route, si le mec a l’air correct, et surtout, ne rentrez pas dans la voiture avant d’avoir négocié votre prix. Alors, faites-le en anglais, en russe, comme vous voulez, mais mettez-vous d’accord sur un prix pour l’adresse convenue avant d’entrer dans la voiture.

Fabrice :         D’accord. Et les taxis, j’imagine qu’ils sont assez filous ?

Thomas :        Alors, pas forcément. Non, non.

Fabrice :         Ils ont des compteurs ?

Thomas :         Alors, non seulement, il y a des taxis officiels avec des compagnies qui tournent très bien. Vous pouvez réserver en ligne en anglais, et vous aurez un sms quand le taxi s’approche. Ils ont un service qui est exceptionnel là-dessus. Il y a même le Wifi dans certains taxis. Je n’ai jamais vu ça ailleurs.

Fabrice :         Ils ont des compteurs donc ?

Thomas :         En fait, vous pouvez convenir à l’avance du prix de la course. Et donc, vous savez d’emblée, il n’y a pas besoin de compteur, quoi. C’est-à-dire que souvent, vous décidez du tarif avec le taxi avant même de rentrer dedans, soit par internet, soit en négociant, quand le taxi s’arrête.

Fabrice :         D’accord. Est-ce qu’il y a Uber ?

Thomas :         Alors, Uber, il faudrait regarder, il me semble que oui, à vérifier. Il y a BlaBlaCar, c’est sûr. Ils ont fait une très forte percée vers l’Est et ça fonctionne très bien. Je l’ai essayé moi-même, c’est comme chez nous. Vous regardez la note du chauffeur, s’il a une bonne bouille ou pas, et c’est parti.

Fabrice :         Et l’auto-stop, ça marche ?

Thomas :         Et l’auto-stop, ça marche si vous êtes aventurier. Là, soyez équipé du minimum de russe pour dire où vous allez et voilà. Et puis, tchatchez un peu pendant la route, surtout si elle est longue. Et ça marche. Je sais qu’il y a des gens qui font ça, et ça se passe très bien. Il faut savoir éviter les mauvais plans. Si le type a une tête trop chelou, il ne faut pas y aller, quoi. Voilà.

 

Quel budget pour son voyage en Russie ?

Fabrice :          Alors, parlons un peu argent. Question budget, à ton avis, il faut combien par jour pour voyager en mode Backpackers ? Donc, un logement dans les moins chers, on va dire.

Thomas :        Pour un logement le moins cher ?

Fabrice :          Disons, un budget par jour, avec le logement compris, genre hôtel Backpackers, tu vois ? Et en faisant quelques visites, quelques bières, etcetera.

Thomas :        Alors, je sais que tu as un truc sur ton site où tu parles de 20 € par jour, c’est ça ?

Fabrice :         Oui.

Thomas :         Je pense que c’est carrément faisable en Russie, surtout si tu t’éloignes des grosses, grosses villes comme Moscou et Saint Petersburg. Après, un bon restaurant à Saint Petersburg, c’est 10 balles hein. 10 €, tu as le plat, le dessert, la vodka, tout compris. Après, ça peut aller beaucoup plus cher si vous allez dans des trucs un peu luxes, mais déjà à 10 balles, vous avez d’excellentes recettes…

Fabrice :         Le prix d’une bière du coup ?

Thomas :         Le prix d’une bière… Là, je n’ai pas forcément ça en tête mais c’est genre 1 €, 1,50 € pour une grande bière.

Fabrice :         D’accord. Et le prix d’une chambre ? En hôtel Backpackers, le budget ?

Thomas :        Alors, l’hôtel Backpackers, qu’est-ce que tu appelles Backpackers ?

Fabrice :          Alors, en général, il y a des dortoirs. Il y a une partie dortoir, une partie avec des chambres privées…

Thomas :         L’auberge de jeunesse, un truc comme ça à peu près. Je pense que pour 20-30 €, il y a carrément moyen de trouver. Il y a moyen de trouver aussi gratuitement si vous aimez le principe Couchsurfing. Ça marche bien là-bas aussi.

Fabrice :         Airbnb bien sûr.

Thomas :         Airbnb, c’est à peu près les standards qu’on peut avoir chez nous, c’est-à-dire que vous pouvez trouver une chambre à 30-40 €. Ça dépend après si vous êtes en plein centre ou pas. Mais en tout cas, à proximité du métro, à 30 € la nuit, sans problème, dans des endroits qui sont plutôt sympas.

 

Infos pratiques sur la Russie

Fabrice :          Très bien. Alors, autre question Thomas, au niveau internet, comment est le débit ? Il y a du Wifi j’imagine ? Le wifi s’est généralisé depuis le temps.

Thomas :         Alors, vous seriez très surpris de voir à quel point internet fonctionne bien partout en Russie. Alors, peut-être pas dans le camp de brousse profonde, par -55, vraiment dans la campagne, évidemment, mais dans n’importe quelle grande ville, vous avez le Wifi partout. Et ça fonctionne mieux qu’à Paris. C’est-à-dire qu’à Paris, moi j’ai souvent du mal, j’ai souvent des bars où je vais m’installer pour travailler et il n’y a pas moyen d’avoir le Wifi, quoi. Ou alors, le mec dise oui, sauf que le code, il fait 3Km de long, et en réalité, il n’y a pas de débit, ça ne marche pas. En Russie, ça marche à fond partout. Il y a même des taxis où vous avez un service de Wifi quoi. C’est des compagnies de taxi qui proposent ça, et c’est insolite. Et voilà. Moi, je me souviens dans les années 98 où je bougeais beaucoup dans les régions, je faisais beaucoup de villes à cette époque-là pour le travail. Il y avait des internet-café déjà partout. Donc, en 1998, ça fait déjà longtemps, il y avait partout un internet-café, et j’avais toujours pu en quelques minutes trouver l’endroit où envoyer mes mails sans aucun problème. Donc, internet, ça fonctionne bien là-bas.

Fabrice :          Finalement, qu’est-ce que tu aimes dans la Russie, en fait ? Dans le fait, dans ce pays. Toi qui y as voyagé, toi qui y as vécu, qu’est-ce qui te touche dans ce pays ?

Thomas :         Alors, moi, il y a pleins de trucs qui me fascinent un peu. Il y a le côté « No Limit » déjà. On le retrouve aussi bien dans l’état d’esprit des gens que sur les limites physiques du pays. C’est-à-dire, il y a eu 11 fuseaux horaires, il n’y en a plus que neuf, parce que Poutine les a raccourcis. C’était plus pratique au niveau administratif. Mais dans l’esprit des gens, on ressent aussi ce côté « No Limit », c’est-à-dire que tout est possible même quand on n’a rien. Et en très peu de temps, on peut déplacer des montagnes. Les Russes peuvent se mettre en quatre pour vous s’il y a une bonne idée qui cristallise en fait chez eux. Et tout d’un coup, on se retrouve propulsé dans une aventure. Par exemple, si vous faites un peu de musique, vous pouvez vous retrouver un jour en concert le soir même sur scène. Moi, ça m’est arrivé parce que je faisais un peu de percussion et le mec me dit ah, tu as une percussion. Ce soir, si tu veux, on fait un concert, viens avec nous.

Et je lui disais ok, mais on va jouer quoi ? Il dit ne t’inquiètes pas. Et on se retrouve sur scène le soir à improviser des trucs et c’était juste complètement fou quoi. Après, tu peux être dans le train à faire 800 Km entre deux villes et tu vas te retrouver à côté d’un ancien sous-marinier russe qui va te raconter les sous-marins, le côté militaire de la Russie, à vouloir boire une bouteille de vodka avec toi et à la finir parce que pour lui, c’est quand même dure la vie, etcetera. Tu vas pouvoir aussi croiser des gens qui font du commerce entre deux villes et qui trimballent des quantités de chapkas dans des gros baluchons, et qui vont juste approvisionner leur kiosque. Voilà. Ils viennent d’acheter leur truc, leur marchandise, ils vont dans une autre ville pour les vendre. Tu as toutes sortes de gens, en fait, qui ont des profils vraiment incroyables quoi. Tu as des chauffeurs de taxi qui sont anciens diplomates par exemple, qui se sont reconvertis là parce qu’il y a eu moins de problèmes ou parce que, voilà, la vie a fait que…

Fabrice :         Oui. Il y a une espèce de folie, de nostalgie…

Thomas :         Il y a un peu les deux mêlées parce qu’il y a… En fait, la Russie, c’est un pays qui a un extraordinaire potentiel, qui est souvent bridé par des difficultés dans la société, des choses comme ça. En même temps, ils réussissent à faire des trucs extraordinaires à partir de trois fois rien à d’autre moment. Et cette espèce de paradoxe aussi qui est en permanence là-bas pour celui que je viens de dire et pour, par exemple, il y a une très forte présence de l’histoire quand même chargée là-bas. Il y a eu des révolutions, il y a eu la conquête de l’espace, la guerre froide. Il y a eu plus récemment l’Ukraine et des tas de trucs. Il y a cette confrontation entre l’ancien, l’historique et l’ultramoderne, entre la pauvreté extrême et l’ultra riche, qui donne en permanence un contraste extrêmement fort dans ce qu’on vit tous les jours.

Fabrice :          Je crois que c’est sans doute une des choses qui touche beaucoup de personnes qui aiment la Russie en général. Enfin, moi, ça me fait penser un peu à ce que disait entre autre Sylvain Tesson, tu dois le connaître. Il a beaucoup écrit sur la Russie, c’est un russophile. Enfin, il aime beaucoup, c’est clair. Et je me rappelle que dans un de ses livres, il parlait de la Russie un peu en ces termes. C’est ce qui le touchait un peu, ce grain de folie qu’on peut rencontrer un peu partout, en fait.

Thomas :         Oui. Mais c’est… On a du mal à se rendre compte… Alors, il y a, comment dire ? Ce qui est difficile de faire en Russie, c’est vraiment de prévoir les choses comme on prévoirait sa semaine en France ou… Voilà. Il y a des gens qui sont un peu arcboutés sur leur calendrier. Ils prennent des rendez-vous, etcetera. C’est tout difficile là-bas parce que là-bas, il y a tellement d’imprévus que souvent, on saute sur une belle occasion. Parce que la vie n’est pas toujours facile. Donc, quand il y a une bonne occasion, on la saisit. Et ça peut nous emmener dans des aventures un peu improbables. Alors, le côté déstabilisant, c’est qu’on n’a plus finalement un calendrier aussi pointilleux que ce qu’on peut avoir chez nous. Mais le gros point positif, c’est qu’on vit en permanence un peu dans un film quoi, c’est-à-dire que tous les jours, il y a une aventure à faire. Tous les jours, il y a une aventure à vivre, un souvenir à créer, une occasion folle. Et ça peut être juste une ambiance, ça peut être une rencontre avec quelqu’un qui va nous ébouriffer le cerveau, une femme magnifique, quelque chose de souvent très fort et pimenté. Et jamais on ne s’emmerde là-bas, en fait.

Fabrice :          Alors quand t’en parles là, j’ai vraiment envie de prendre mon billet d’avion là. Même ce soir, là. Ça donne envie, dis-donc.

Thomas :         Écoute, je comprends. Je pense que c’est un pays qui m’a transformé, qui m’a permis d’adopter aussi un autre regard sur le monde. Parce qu’à travers cette folie, les Russes ont aussi une réflexion sur le monde qui les entoure. Ils sont, aujourd’hui ouverts comme jamais, même si on en dit beaucoup de choses souvent négatives. Les Russes n’ont jamais autant voyagé. Ils voyagent partout dans le monde avec ou sans moyen. Ils prennent leur vélo pour passer les frontières, ou leur jet privé. Mais ils vont voir ce qui passe dehors et aller au bout de la planète aussi. Aujourd’hui, voilà. Ils savent ce qui se passe dehors, ils s’y intéressent. Ils savent aussi trier les choses de l’étranger et ramener le meilleur chez eux. Et je ne suis pas sûr qu’on sache le faire aussi bien qu’eux parfois là-dessus. Après, il y a pleins de conneries là-bas, des trucs qui déconnent. Ils ont beaucoup de progrès à faire sur les droits de l’homme et sur pleins de trucs. Mais ça reste quand même un endroit où il y a une puissance de vie qui est quand même phénoménale.

Fabrice :          D’accord. Écoute, sur ces bons mots, je crois qu’on va terminer cette interview. À moins que tu aies quelque chose encore à rajouter. Mais je pense qu’on a…

Thomas :         Un petit truc. On l’a abordé très brièvement, mais il y a beaucoup de négativités qui entourent l’image de la Russie, notamment dans les médias et tout ça. Et si j’avais une chose à vous dire, c’est avant de vous faire votre idée, allez voir vous-mêmes, mettez les pieds là-bas. Vous allez vous emmener dans un truc fabuleux, ne serait-ce que pour quelques jours, à découvrir les choses que jamais les médias ne vous mettront en tête. Et puis, vous verrez qu’il y a une grosse différence entre ce qu’on vous raconte et ce qui se passe réellement. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de faire le voyage.

Fabrice :          Voilà. Ça c’est une bonne conclusion. Et d’ailleurs, c’est quelque chose qu’on peut appliquer à beaucoup de destinations. Malheureusement, c’est vrai, qu’on a souvent, des clichés qui sont véhiculés, notamment par les médias. Et malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas ou qui n’osent pas aller au-delà.

Thomas :         Donc, ils sont persuadés de connaître sans y être allé, quoi. C’est ça qui est le plus grave, en fait, je trouve.

Fabrice :         Oui, j’ai un ami comme ça. J’ai un ami qui dit souvent des choses comme ça. Des…

Thomas :        Des vérités toutes faites.

Fabrice :          Vérités, qui ont l’air de vérité, il pense que c’est des vérités alors qu’en fait, il ne connaît pas du tout et il n’y est pas allé. Voilà. Moi, il m’en parle souvent sur la Colombie. Des fois, on se dispute un peu, je lui dis mais c’est débile ce que tu dis. Comment tu peux dire un truc comme ça alors que tu n’y es pas allé, alors que tu ne connais même pas. Enfin, voilà. Ça me dépasse un peu, mais bon. Il y a beaucoup de gens comme ça et… et voilà. C’est pour ça que le voyage, ça aide un peu, je pense à parfois aller au-delà des apparences, pas seulement dans le voyage. Ok. Merci Thomas, je mettrai le lien vers ton blog et tout ça, etcetera. D’ailleurs, tu fais aussi des formations, pour apprendre le russe.

Thomas :        Yes.

Fabrice :          On peut retrouver ça sur ton blog russie.fr parce que comme tu me disais, on a fait une vidéo l’autre jour-là, tu me disais que c’est super intéressant d’apprendre le russe, enfin, d’apprendre une langue en général.

Thomas :        Ou sur ton lien, juste en dessus du Podcast.

Fabrice :          Oui, voilà. Je mettrai le lien aussi. Et en effet, oui, c’est intéressant. Et apprendre le russe, ce n’est pas si dur que ça en effet. Et ça permet, surtout dans un pays comme la Russie où le contact humain est sans doute fort et chaleureux, de pousser ça encore plus fort et de vivre le voyage peu intensément lorsqu’on, ne serait-ce lorsqu’on arrive à parler, on arrive à communiquer, à faire quelques phrases…

Thomas :        Exactement.

Fabrice :         En russe et dans la langue maternelle.

Thomas :         Juste sur ce point, ce n’est pas la peine de vous fixer un objectif monstrueux. Le truc simple qui vous fasse du bien et dont vous pourrez vraiment profiter, c’est échanger quelques phrases, même des petites phrases et vous verrez, chez votre russe en face selon l’effort que vous faites, il sera juste hyper content de vous voir faire cet effort-là. Et vous aurez un moment d’un bien meilleure qualité grâce à ça.

Fabrice :          Très bien. Écoute, bonne continuation à toi. Merci beaucoup et comment on dit « Au revoir et Bonne Route » en russe ? Allez, je te laisse sur ce dernier mot.

 

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1 commentaires : participez à la discussion !

  1. Thomas dit :

    Très bon moment, merci pour l’interview Fabrice ^^

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