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IVCAST 58 : Voyager en Corée du Nord ! Pauline l’a fait !

Pauline a voyagé en Corée du Nord il y a quelques mois. Une aventure…spéciale dont elle a tiré un récit de voyage.Elle nous raconte son aventure dans le pays le plus fermé au monde.  

 

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coree du nord

A propos de cet épisode

Un voyage en Corée du Nord ? Pourquoi pas ! Pauline en revient justement. Elle est parti quelques jours dans ce pays si fermé. Les conditions pour y aller sont spéciales, tout comme le séjour sur place.

Pauline a crée plusieurs récits de voyage dont celui sur la Corée du Nord. Pour l’avoir eu entre les mains, c’est vraiment un livre agréable à lire et à parcourir. Beaucoup de photos et d’anecdotes. Je vous mets le lien ci-dessous :

 

Liens cités

Les livres de Pauline autour de ses voyages.
Sur Amazon

voyage coree du nord

Merci d’avoir écouté !

 

 

Transcription

 

Fabrice :         Alors, bonjour Pauline d’abord !

Pauline :         Bonjour Fabrice !

Fabrice :          Donc voilà, déjà ce n’est pas courant d’aller en Corée du Nord, ce n’est pas quand même le pays le plus touristique au monde, et en plus, tu as ramené un chouette récit de voyage que j’ai devant les yeux là, que je peux feuilleter et qu’on peut trouver sur ton site et sur Amazon, j’en parlerais à la fin.

 

Voyager en Corée du Nord : Comment y aller ?

Fabrice :          Alors la première question classique Pauline, c’est pourquoi ce pays où personne ne va ?

Pauline :          Mais beaucoup de monde va là-bas, enfin ! On est des millions non, ce n’est pas ça à y aller. Alors comment l’idée m’est venue, c’est au Festival des globe-trotters d’ABM, j’y suis allée en 2015 il me semble et où je cherchais comme plein de gens une destination pour partir en vacances. Alors, tout était super intéressant. Évidemment, tous les voyages sont intéressants, mais il y avait un monsieur en particulier qui présentait la Corée du Nord. Alors lui, il m’a vraiment intrigué parce que je me suis dit mais il est complètement dingo, pourquoi on va là-bas, qu’est-ce que c’est que cette idée ? J’ai regardé ses photos et je l’ai écouté m’expliquer justement la spécificité, puis son idée d’y aller et c’est là que j’ai eu le déclic, voilà. Je me suis dit, je veux aller en Corée du Nord moi aussi parce que c’est super-bizarre et c’est ça qui me plaît.

Fabrice :          Non mais je comprends tout à fait, j’aime bien aller aussi dans des pays où personne ne va. J’étais allé d’ailleurs une fois en Transnistrie, c’est un Etat fantôme.

Pauline :         Oh c’est vrai, je veux y aller moi aussi.

Fabrice :          J’y suis allé deux fois même, entre la Moldavie et l’Ukraine. Alors, ce n’est pas un pays quand même fermé comme la Corée du Nord, c’est facile d’y aller en fait, pas besoin d’agence, tu vois, etcetera. Mais voilà, la Corée du Nord, en fait, c’est difficile de faire un pays plus fermé que la Corée du Nord. Je ne vois pas d’autres pays plus fermés, non ?

Pauline :          Oui, alors là, oui. En général, j’aime bien démentir ce qu’on dit sur la Corée du Nord mais en termes de fermeture, là, je suis obligée de confirmer parce qu’on ne peut y aller qu’avec une agence, on ne peut pas circuler librement, les Nord-Coréens ne sortent pas et en général, les gens ne rentrent pas non plus. Donc oui, fermeture, ça je valide, c’est le plus fermé je pense, oui.

Fabrice :          Oui. Comme tu écris sur la couverture de ton récit, une seule façon de m’approcher de la vérité, c’est d’aller y mettre mon nez, forcément.

Pauline :          C’est ça. Parce qu’on dit tellement de choses justement, avec un pays fermé, on peut raconter n’importe quoi, on peut raconter ce qu’on veut, il y a plein de spécialistes qui se disent spécialistes de ce pays sans y être allés, donc je trouve ça absurde. Donc, je voulais aller voir, je voulais voir si on peut voir des choses quand on y est, est-ce que c’est vrai qu’on ne peut rien voir, est-ce que c’est vrai. Donc je voulais y aller moi-même et avoir ma propre idée.

Fabrice :          D’un point de vue pratique, comment tu t’es débrouillée alors ? Évidemment, on ne peut pas y aller comme ça en backpack là en franchissant la frontière avec son sac tranquille et tout, c’est toute une logistique, il faut s’organiser. Vas-y, raconte-nous un peu.

Pauline :          Alors logistique, c’est vrai qu’on ne part pas de son salon en se disant je vais là-bas directement, il faut passer par la Chine, on peut aussi passer par l’Australie, mais en tant que Parisien ça n’a pas de sens. Donc, il faut aller en Chine. Mais il y a que ça qui est compliqué en fait, parce que tout le reste, aller en Corée du Nord, c’est le plus simple, c’est pour moi le passage le plus simple que j’ai jamais fait de tous mes voyages. Au niveau visa, il n’y a rien à faire ; au niveau questions, au niveau formulaire, il n’y a rien, strictement rien à remplir, aucune difficulté, on paie une agence chinoise et elle s’occupe de tout, c’est tout.

Fabrice :         D’accord. Et tout ça, sur internet, quoi. Toi, tu es passée par laquelle ?

Pauline :          Voilà, Google, celle que j’ai choisie s’appelle Explore North Korea en anglais mais c’est une agence chinoise. Je l’ai choisie pour une seule raison, c’est que c’était la moins chère. Il y avait des agences françaises et américaines qui proposent exactement le même type de circuit pour quatre fois le prix de cette agence chinoise.

Fabrice :         D’accord. Il y a quand même une agence française ?

Pauline :         Oui.

Fabrice :          D’accord. Et alors, vous étiez en gros groupe, en général, comment ça se passe, ça dépend, il y a un nombre limité à chaque fois ou ?

Pauline :          Alors nous, on s’imaginait bêtement qu’on allait être greffé. On savait que ce serait en groupe. Je dis nous, c’est une amie et moi, une amie d’enfance et moi, on pensait greffer un groupe d’européens ou au moins d’anglophones puisqu’on avait choisi d’avoir une guide anglophone, puisque cette agence ne proposait que ça de toute façon. Et en fait, pas du tout, on a été greffé à un groupe de 30 Chinois qui ne parlaient que chinois, donc on était un groupe de 32. Alors je ne sais pas s’il y a une limite, je ne pense pas qu’on puisse être un groupe de 50, mais on était un gros groupe.

Fabrice :         Oui, il y a beaucoup de touristes chinois qui vont en Corée du Nord je sais.

Pauline :          Oui. De Chinois mais aussi beaucoup d’Australiens, ça par contre, je ne m’y attendais pas, et pas mal d’Américains aussi. Des Chinois, effectivement, c’est la plus grosse nationalité d’origine qui visite la Corée du Nord.

Fabrice :          Je n’ai pas eu le temps d’embrayer sur la question directement, c’est la prochaine question. Donc, il suffit, tu réserves sur internet, tu prends ton billet bien sûr pour la Chine, etcetera, etcetera. Le voyage dure combien de temps, tu as plusieurs options ?

Pauline :          Il y a plusieurs options. J’ai choisi la plus courte, c’est-à-dire quatre jours sur place, c’était le séjour le moins cher encore une fois. On peut y rester à ma connaissance une dizaine de jours grand max. Donc, il y a des séjours d’une semaine, des séjours de dix jours. Évidemment, le prix augmente selon la durée du séjour choisi, c’était quatre jours.

Fabrice :         Et c’était combien ?

Pauline :         680 €.

Fabrice :         D’accord. TTC ?

Pauline :         TTC tout. Sauf le billet pour aller en Chine.

Fabrice :          D’accord, oui. Donc, en fait, c’est un bon plan quand tu es en Chine quoi finalement. Quand tu es à Pékin, tu peux prévoir tiens quatre jours sur ton voyage, un mois en Chine et tu te dis, tiens, pourquoi pas faire une virée en Corée du Nord, ça doit se faire facilement.

Pauline :          Mais je le recommande. Si on est en Chine évidemment, si on a envie d’un petit frisson ou plutôt que d’aller dans un parc d’attraction, plutôt aller en Corée du Nord, puisque là ce sera l’aventure.

 

Pauline au cœur de la Corée Du Nord

Fabrice :         Ces quatre jours, c’était quoi l’itinéraire ? Essentiellement la capitale j’imagine ?

Pauline :          Oui, il y a toujours un circuit très organisé c’est sûr, mais d’après tous les autres témoignages que j’ai vus au Corée du Nord, il n’est jamais respecté, de toute façon ce circuit prévu à la base. Alors nous dans notre circuit, il y avait tout un tas de villes, pas que Pyongyang, il y a Pyongyang la capitale évidemment mais il y a un petit village un peu plus au sud, il y en a un plus au nord, et il y a la frontière évidemment. Sauf qu’en fait, on a fait complètement autre chose, il y avait toujours des excuses, ça changeait d’un jour à l’autre. Donc on a fait Pyongyang, on a fait la frontière, on n’a pas fait tel village, on a fait un autre village à la place. Tous les soirs, on rentrait à Pyongyang de toute façon, donc ce n’est pas itinérant dans la Corée du Nord, c’était avec un rapatriement au même hôtel tous les soirs dans la capitale. Mais en se déplaçant en bus pour aller dans la campagne notamment, par les fenêtres du bus, on peut voir quand même la campagne et les choses moins reluisantes que dans Pyongyang même.

Fabrice :          D’accord. Premièrement, comment ça s’est passé alors à la frontière, c’est vachement gardé, il y a des militaires de partout, des caméras et tout, vas-y scannage de la rétine et tout ?

Pauline :          Alors non. Enfin oui, il y a beaucoup de militaires du côté Nord-Coréen, mais alors au sud aucun. Donc ça, c’était super bizarre. Alors, je ne sais pas si c’est juste le jour où on y était nous ou si c’est tout le temps comme ça, mais là, il y avait une batterie oui de militaires tous les centimètres de notre côté et en face, il n’y avait rien donc ça paraissait artificiel parce que ce n’était pas une opposition entre deux pays, c’était un pays qui s’opposait à rien du tout. De notre côté, en tout cas, ça donnait ça, de l’autre côté, il n’y a pas de touriste, il n’y avait que nous, du côté Nord-Coréen. Puis les militaires, comme on voit un peu sur la couverture du livre, certains sont sérieux, certains sont complètement d’accord pour prendre des photos, ils sont…

Fabrice :          Alors là, on parle de la frontière de la Corée du Nord et de la Chine, au moins ils sont potes.

Pauline :         Non la Corée du Nord avec la Corée du Sud.

Fabrice :         Ah pardon !

Pauline :          La Corée du Nord avec la Corée du Sud. Non excuse-moi, je n’ai pas précisé, la DMZ, Demilitarized…

Fabrice :          OK. Ah, d’accord. Ça faisait partie du trajet, aller voir cette zone… Et qu’est-ce qu’elle a de… Enfin pourquoi c’est prévu finalement ?

Pauline :          Quand on y va, on se dit, ah d’accord, donc on est venu voir ça en fait. On voit ces militaires qui gardent cette frontière avec rien en face et il y a un No man’s land entre les deux pays, donc on se rend bien compte qu’il n’y a rien. On nous expliquait voilà, c’est là la frontière, on nous explique qu’il faut être tendu, qu’il faut être en guerre dans son idée quoi, mais il n’y a rien à voir, vraiment, y a rien à visiter de plus que cette frontière. La frontière avec la Chine, on ne la visite pas parce qu’elle est barbelée partout, non ça ne fait pas partie des circuits, c’est celle avec la Corée du Sud qu’on visite.

Fabrice :         D’accord. Donc après, cette zone frontière, c’est la visite de la capitale ?

Pauline :          Bah la capitale, comme on y est tous les soirs, on y passe le soir, on y passe le matin. Donc, on voit beaucoup Pyongyang parce qu’on y passe. Puis, on prend ses petites habitudes, on prend le métro, ça fait partie du circuit, on prend le métro dans Pyongyang. Et là, éternel débat, est-ce que c’est un vrai métro, est-ce que ce sont des vrais Nord-Coréens, est-ce que ce sont des acteurs, est-ce que tout est mis en scène…

Fabrice :         C’est un vrai métro.

Pauline :         C’est ça. Il n’y a que deux lignes, il y a que deux arrêts qui se croisent.

Fabrice :         Deux arrêts seulement ?

Pauline :          Oui. Ouverts au public, voilà. Donc, est-ce que les autres existent ou pas ? Voilà, on se demande.

Fabrice :         Deux arrêts seulement pour un métro ?

Pauline :          Et puis, des centaines et des centaines de Nord-Coréens qui font la queue pour ces deux arrêts alors qu’ils pourraient prendre le vélo. C’est bizarre. C’est bizarre comme ambiance, c’est bizarre à l’intérieur, qu’il y ait cette foule de Nord-Coréens comme par hasard au moment où on y est. Donc on se demande s’ils n’ont pas demandé à des Nord-Coréens d’être là quand même au cas où.

Fabrice :         Et dans les rues, il y a peu de voiture, peu de circulation ?

Pauline :          Il n’y en a pas. On a dû en voir trois quatre sur tout le séjour vraiment, dont des taxis. Et là on s’est dit, mais quel Nord-Coréen a les moyens de prendre un taxi, là aussi on s’est dit, qu’est-ce que c’est que ce truc. Après, il y a des fois des touristes qui sont dans les taxis parce que certains circuits sont organisés pour des individuels. Donc nous, on était toujours en car mais les circuits qui sont faits avec un ou deux touristes, ils circulent en taxi.

Fabrice :         Beaucoup de gens se déplacent à pied ou en vélo ?

Pauline :         Oui. Même l’hiver quand j’y étais où il faisait – 10, – 15, en vélo oui.

Fabrice :         Oui l’hiver il faisait – 10, – 15 quand même.

Pauline :         Oui.

Fabrice :          D’accord. Et alors vous avez visité la grande avenue où il y a les Parades militaires, c’est ça, il y a une place je crois, tu sais on voit à la télé parfois quand notre ami Kim fait des démonstrations ?

Pauline :         Oui. Alors, on ne l’a pas vu faire des démonstrations, malheureusement.

Fabrice :         Il n’est pas venu vous dire bonjour.

Pauline :          Déception totale. Mais on a vu son père et son grand-père en statue donc, on les a salués, on s’est incliné et on leur a offert des fleurs, enfin c’est la moindre des choses.

Fabrice :         Vous n’aviez pas trop le choix en même temps ?

Pauline :          Alors, si. Ça c’est une des choses que j’aime bien démentir, on avait le choix complètement, on n’était pas du tout obligés de poser des fleurs, donc on a insisté avec ma copine puisqu’on aimait bien pousser le truc un peu… On a dit, mais comment on fait, où sont les fleurs, on a envie de témoigner notre respect au suprême leader. Ce qui perturbait complètement les guides, elles se disaient mais qu’est-ce qu’elles veulent ces Françaises, pourquoi elles veulent mettre des fleurs à Kim, mais enfin. Ça nous faisait beaucoup rire. Donc on l’a fait, on a mis de fleurs mais on n’était pas obligé. Et la place où il y a les statues, ce n’est pas la grande place ; la grande, grande place c’est la place où il y a la bibliothèque où on voit toutes ces parades militaires. Mais là on, n’a pas vu de militaire, il n’y avait rien.

Fabrice :          Qu’est-ce que tu as pensé de la ville en elle-même au niveau de sa beauté architecturale ?

Pauline :         Alors…

Fabrice :         Est-ce qu’elle peut rivaliser avec Paris ?

Pauline :          Alors, ils ont un Arc du Triomphe, attention c’est très sérieux. Elle nous l’a montré et elle nous a décrit en long et en large et en travers les dimensions de ce truc-là et nous, on était persuadé que c’était ridicule. Puis, en fait, en se renseignant après sur internet, il se trouve que c’est vrai ; leur Arc du Triomphe est plus grand que celui de Paris. Ils jouent un peu là-dessus, avoir des choses plus grandes que les autres, plus belles évidemment non parce que le style n’y est pas hein. Je ne veux pas dire que le style n’est pas bon, c’est une question de goût.

Fabrice :          Est-ce qu’il y a un site, vraiment le site genre l’équivalent de la Tour Eiffel ? Est-ce qu’il y a le site, le monument ?

Pauline :          Il y a la Tour du Juche, c’est une espèce de tourelle avec une flamme tout en haut qui est le symbole leur l’idéologie, l’idéologie du Juche, qui prendrait des heures à expliquer. Elle n’est pas très, très grande leur tour donc non, ça ne rivalise pas avec le Tour Eiffel, mais c’est leur monument phare de Pyongyang, oui c’est ça.

Fabrice :          Et à part ça, le reste c’est des bâtiments très soviétiques, très année, en pur style soviétique, pas très beau quoi ?

Pauline :          Très imposant. Donc c’est là-dessus, elle disait beaucoup la guide que ça forçait le respect quoi, parce qu’elle nous disait regardez comme c’est grand, regardez comme c’est gros, voilà.

 

Photo et internet en Corée du Nord

Fabrice :          Au niveau des photos, comment ça se passait, il y a plein de bâtiments que vous deviez faire attention de ne pas prendre ou vous étiez vraiment libres ou… Comment ça se passait aussi avec les gens que vous rencontriez, ils sont très photo ? Non, j’imagine que ce n’est pas comme genre les Indiens qui vous harcèlent presque pour vous… non ?

Pauline :          Alors non. C’est sûr, ils ne nous harcèlent pas qu’on les prenne en photo, par contre on peut les prendre en photo. Moi, je pensais qu’on ne pourrait pas, que ce soit les militaires ou les civils, ou même certains monuments, je pensais qu’on aurait des interdictions. On nous en a cité quelques-unes au tout départ mais concrètement sur place, à aucun moment la guide ne nous a dit, ne prenez pas telle photo, ne faites pas ci, ne faites pas ça. Elle nous a dit au départ, voilà les trois consignes que je suis obligée de vous donner en gros et puis ensuite, on a pris des photos, même des portraits sans aucun problème ni un fronçage de sourcil quoi, vraiment pas.

Fabrice :         Et tu prends un selfie, tu peux la poster direct sur Facebook ou Instagram là-bas ?

Pauline :          Alors, comme on dirait la guide, oui il y a INTRANET. Donc internet non. Donc non, on ne poste rien sur INTERNET. Sur intranet oui, si on veut.

Fabrice :         Parce qu’il n’y a quasiment pas de réseau, c’est censuré ?

Pauline :          Il n’y a pas de réseau, on ne capte pas d’autres réseaux que l’intranet Nord-Coréen.

Fabrice :         Donc c’est un voyage complètement déconnecté ?

Pauline :          Complètement déconnecté. On peut payer pour avoir cette connexion internet, pour envoyer un email notamment à l’arrivée à l’hôtel. Et je ne l’ai pas fait puisque c’était un truc ridicule, ça devait être 10 $ américain pour envoyer un email que le gars de l’accueil tape pour vous en anglais comme il peut.

Fabrice :         Même en 4G non ?

Pauline :         Non, rien du tout.

Fabrice :          Bon, d’accord. En même temps, c’est quatre jours, je pense qu’on peut se passer d’aller sur internet pendant quatre jours. Bon alors, après la capitale ?

Pauline :          Alors, comme c’était l’hiver, tout était enneigé et complètement blanc, blanc, blanc. Du coup, à plein de moments, on ne voyait rien, c’était blanc. Puis en plus, il y avait un brouillard fou. Donc, la guide elle nous décrivait ce qu’on était censé voir mais nous on ne voyait rien, donc j’ai un peu de mal à dire, alors il y avait ça et ça puisque…. J’ai rapporté certaines photos où on ne voit rien sur les photos, tellement c’était la brume et la neige, c’est dommage. J’ai donc envie d’y retourner en été pour voir plus de paysages.

Fabrice :          En même temps, oui, en même temps, ça a son charme aussi les paysages sous la neige, hein ?

Pauline :          Oui, il y a eu des moments vraiment très beaux, ça faisait village de montagne, vraiment très, très beau, oui.

Fabrice :          Comment était l’ambiance globalement, glaciale on a compris puisqu’il faisait – 15, un peu glauque…

Pauline :          Glauque oui, ça c’est un bon mot qui correspond bien. Glauque, bizarre, absurde, tendu. Du coup, on se dit mais quelle idée donc d’aller dans cette ambiance-là. Mais c’est pour la vivre en fait, pour savoir déjà comme je le disais au début, savoir si c’est vrai, savoir si c’est vraiment comme ça, si c’est vraiment angoissant et oui, ça l’est. Ça l’est parce qu’on le ressent dans les regards des gens, dans le regard de la guide beaucoup et puis aussi à cause de tout ce qu’on a entendu qui interdit, on n’a pas le droit de faire ci, on n’a pas le droit de faire ça. Du coup, on a eu peur. À partir du moment où on met le pied dans le pays, on a peur ; on ne sait pas trop pourquoi mais on a peur. Donc, je dirais qu’il y a deux manières de vivre le truc, soit on se met dans la peur et on ne dit rien et on reste prostré, soit on rigole de tout et c’est un peu ce qu’on a fait, et nos 30 Chinois aussi. Donc, on était un groupe de 32 personnes en éclat de rire permanent, ce qui était très bizarre parce qu’on ne savait pas s’il fallait rire ou pleurer. Et du coup, on a tous pris le parti pris de rire, les guides hallucinaient totalement, se demandaient si on se foutait d’elles ou si on trouvait ça drôle. Mais on n’arrivait pas à gérer autrement, tellement c’était incroyable.

Fabrice :          Et tu n’avais aucune liberté, le guide était toujours derrière vous ?

Pauline :         Oui, elle essayait au maximum de l’être derrière nous, notamment…

Fabrice :         Elle vous suivait aux toilettes ?

Pauline :          C’est ce que j’allais dire oui, moi personnellement. Plus moi que ma copine, je ne sais pas pourquoi, elle me suivait aux toilettes.

Fabrice :         Ah oui ?

Pauline :          Eh oui. Elle toquait à la porte quand il y avait une porte parce que certains d’entre nous sont déjà allés en Chine, vous savez qu’il n’y a pas toujours des portes dans les toilettes ou au Moyen-Orient. Donc parfois, elle attendait devant moi pendant que j’étais aux toilettes pour me dire dépêche-toi, on doit y aller. C’était un peu gênant mais j’étais en train de rire de toute façon, c’est comme je le disais, j’étais trop pétée de rire, tout le temps. Mais il y a certaines fois où elle ne pouvait pas, elle ne nous tenait pas la main non plus. Donc il y a des moments où elle nous disait, attendez je reviens, la pauvre, c’était l’erreur à ne pas commettre. Elle partait sur deux mètres, elle allait parler à quelqu’un d’autre de Corée du Nord et nous on disparaissait. Donc la surveillance permanente, oui en théorie ; mais dans la pratique, on peut s’échapper à plein de moments.

Fabrice :         Elle devrait avoir des pics de stress, là hein ?

Pauline :          Complètement, pour nous et pour elle. Elle c’est sûr qu’elle a, la pauvre. Ça a dû être horrible et pour nous, c’est ça qui était excitant, c’est pour ça qu’on y allait aussi, pour voir si on allait pouvoir le faire et oui, on a pu.

Fabrice :         Est-ce que vous avez pu parler à des Nord-Coréens, lambda ?

Pauline :          J’ai deux exemples d’échange. Avec un Nord-Coréen, ça va être très rapide. Dans la rue à un moment, un jeune est passé devant nous et nous a dit hello et il est parti.

Fabrice :         Ça c’est de l’échange, ça c’est wow…

Pauline :          C’est l’amitié grandiose. C’est tout avec ce jeune-là. Mais on était tellement scié parce qu’on était persuadé qu’ils n’avaient pas le droit de nous parler à nous étrangères. Bon, bah ce jeune-là en tout cas, je ne sais pas si c’est un rebelle ou quoi parce qu’il l’a fait.

Fabrice :         C’est vrai ?

Pauline :          Mais c’est le seul. Donc, est-ce que c’est vrai, est-ce que ce n’est pas vrai, je ne sais pas, s’ils ont le droit ou s’ils n’ont pas le droit, je ne leur ai pas posé la question, mais c’était le seul…

Fabrice :         Pourquoi c’était aussi dur, ils se mettaient en retrait ?

Pauline :          Ils fuyaient tel, je ne sais pas, comme s’ils avaient vu un fantôme en fait quand ils nous voyaient nous. Si on s’approchait un peu, ils reculaient, vraiment. Même avec toute la bienveillance du monde sur notre visage, on n’arrivait pas avec agressivité mais ils s’éloignaient vraiment physiquement de nous, donc c’était impossible. Juste l’autre exemple quand on a échangé, échangé encore ce n’est pas le mot hein, c’était à ce superbe spectacle de Dauphin qu’on est allé voir, derrière nous, il y avait une famille de Nord-Coréens qui nous a tapoté sur l’épaule pour nous dire Happy new year, c’était le 31 décembre. Et là, on s’est dit…

Fabrice :         Moment d’émotion ?

Pauline :          Moment d’émotion. On s’est dit, est-ce qu’ils veulent nous souhaiter une bonne année, est-ce qu’on leur a dit vous leur parlez à tel moment sinon on vous envoie au goulag, est-ce qu’ils parlent anglais couramment, est-ce qu’ils ne sont pas conscients de ce qu’ils viennent de nous dire ?

Fabrice :         Ils n’avaient pas une oreillette ?

Pauline :          On ne sait pas, on ne sait pas, on se posait toutes les questions du monde et on a répondu Happy new year aussi et voilà pour l’échange. Après, il y avait cette guide nord-coréenne qui était notre interlocutrice unique et avec qui on a parlé pendant 15 heures par jour pendant quatre jours.

Fabrice :         C’était un peu frustrant alors ?

Pauline :          Par rapport à la population oui, du coup on a tout lâché sur cette guide, on lui a posé toutes les questions qu’on avait en tête, tout, tout, même les plus bizarres, les plus inappropriées, on dirait.

Fabrice :         Et elle répondait ?

Pauline :          Oui, elle répondait avec… elle avait un art, enfin un talent à ce niveau-là et une manière de détourner les choses toujours, avoir toujours une bonne réponse qui du coup parfois est absurde mais elle arrivait avec aplomb en plus, cette toute jeune fille, à répondre à tout. Et elle niait des choses évidemment, à nier.

Fabrice :         Tiens, au niveau gastronomie, un souvenir particulier ?

Pauline :          Oui, moi je ne suis pas très, très fan de toute la cuisine asiatique par contre, donc je ne suis pas un bon exemple pour parler de la cuisine coréenne qui d’ailleurs on m’a dit être similaire à celle de la Corée du Sud. Donc voilà, c’est pareil. Moi, ce que je n’ai pas vraiment aimé, c’est le chou ultra-piquant au petit déjeuner notamment, je n’ai pas réussi psychologiquement à passer cette barrière. Puis, de tout petits poissons un jour que j’ai cru être des légumes et qui en fait étaient des poissons, donc ça m’a un peu surpris les papilles. Voilà pour mon avis de la gastronomie locale, ce n’est pas terrible.

Fabrice :         Tu aimerais y revenir j’imagine, enfin peut-être parce que c’était très court ?

Pauline :          Alors à la sortie, à la fin de ce séjour, on n’avait qu’une seule envie, c’était d’y retourner effectivement, surtout en été pour voir plus de choses et pour assister par exemple au Mass Games, je viens de le voir sur la page, ce qu’on voit à la télé, dans cet énorme stade, tous ces enfants qui font des acrobaties synchronisées, ça doit être sciant à voir, je ne sais pas comment dire autrement. Et puis aussi pour continuer à poser des questions, continuer à essayer de s’échapper, continuer à en voir plus. Donc oui j’ai envie d’y aller. Mais j’ai une grosse nuance maintenant, c’est depuis la mort de cet étudiant américain qui était en vacances en même temps que nous et qui a fait le même circuit que nous. Lui, il en est mort de ces vacances en Corée du Nord. Donc ça refroidit, c’est sûr, beaucoup.

Fabrice :          Oui, c’est l’étudiant-là qui… c’était quand, c’était en début d’année, il est mort, c’est ça oui, au printemps, je ne sais plus.

Pauline :         Le 29 juin 2017. Il était avec nous dans ce séjour du 1er de l’an 2016.

Fabrice :          Donc il a été interné en prison, on ne sait pas trop comment. Il souffrait d’une maladie apparemment contractée pendant son séjour ou son interrogatoire, on ne sait pas trop, et il est mort en prison, c’est ça. Non, il a été libéré et envoyé aux Etats-Unis où il est mort dans un hôpital.

Pauline :          Oui. Ils l’ont renvoyé aux Etats-Unis parce qu’il était dans le coma dans son camp puisqu’il était dans un camp de travail forcé. Donc ils l’ont renvoyé aux Etats-Unis, il a fait une semaine de coma là-bas et il est décédé. Voilà pour la version officielle. Après, je ne sais pas.

Fabrice :          Oui, il était avec vous quoi et voilà. Sa seule erreur, ça a été de prendre une affiche politique, enfin une affiche, de voler une affiche. Mais enfin, c’est rien quoi et oui, ça a dû refroidir quoi.

Pauline :          Oui, son erreur, mais même ça, est-ce que c’est vrai, est-ce que ce n’est pas vrai. En tout cas, il a peut-être fait l’erreur d’être trop moqueur comme je le disais tout à l’heure, on avait tendance à tous rire, mais lui aussi, mais nous aussi. Donc est-ce que lui a été choisi pour faire un exemple, pour je ne sais pas. Mais il était américain, ce que nous n’étions pas, donc évidemment il était un meilleur exemple que nous pour dire aux Etats-Unis attention à vos petits cons qui viennent chez nous, voilà.

Voyage en dictature

Fabrice :          Qu’est-ce que tu penses, parce que quand tu dis autour de toi, voilà tu es allée en Corée du Nord. Est-ce que eux, il y a des critiques parfois, parce qu’il y a quand même pas mal de monde qui pensent que justement, il ne faut pas aller dans ce genre de pays, pas seulement la Corée du Nord, mais d’autres pays, je pourrais citer la Birmanie, enfin d’autres pays comme ça. Moi, j’avais écrit un article il y a quelques années d’ailleurs à ce sujet sur la Birmanie, c’était quelque chose sur le fait en gros qu’il faut, moi je ne condamne pas le fait de voyager dans des dictatures, au contraire, je trouvais que c’était une façon pour résumer, d’aller à la rencontre de la population. Mais en effet, quand tu voyages en indépendant, tu vois, tu évites de donner moins d’argent au gouvernement, tu arrives quand même à rencontrer les gens, etcetera. Le problème de la Corée du Nord, c’est que visiblement, tu ne peux vraiment pas faire ça, tu ne peux pas, c’est impossible de voyager en indépendant. Donc, la seule option, c’est de passer par une agence et du coup, c’est très contrôlé, du coup, une partie de l’argent va forcément à la dictature, à l’agence et à la dictature. Donc, j’imagine, il y en a qui t’ont, je ne sais pas, est-ce que tu as eu des critiques par rapport à ça ?

Pauline :          Oui, pas mal. Je dirais que ce n’est pas la majorité des réactions. La majorité des réactions comprend que c’est la curiosité qui m’a poussé à y aller et que je ne suis pas juste admirative de Kim IL-SONG et compagnie évidemment, non parce que ce n’était pas sûr non plus. Donc, en général, on comprend l’idée. Puis, en deuxième partie de réaction, il y a ce que tu mentionnes. C’est sûr que donner de l’argent à une dictature, c’est mal, je le sais et je ne suis pas fière de l’avoir fait à ce niveau-là, c’est sûr. Après, quand on me dit ça, je peux avoir tendance à rentrer dans la politique et tout ça, mais à répondre, oui il y a des gens qui meurent de faim en Corée du Nord, il y en a à Paris aussi, voilà. Oui, on tue des gens en Corée du Nord ; oui, on en tue beaucoup plus en Afrique. Après, si je réponds ça et que la personne en face de moi est de toute façon hostile, je m’en prends encore plus plein la figure, ça ne sert pas forcément à convaincre.

De toute façon, je ne cherche pas à convaincre. Mais ça peut rééquilibrer un petit peu le débat parce qu’il y a d’autres dictatures, il y a d’autres pays discutables dans le fait d’y aller. Je veux dire comme tu le disais, les gens se disent, mais pourquoi tu vas là-bas, tu sais ce qui s’y passe et tout ça. Donc ça, c’est vrai qu’on me l’a reproché. Puis, on m’a aussi reproché de toute façon d’y aller en étant naïve et en n’ayant pas compris que c’étaient les circuits de propagande. Alors, je réponds, si, j’avais compris que c’étaient des circuits de propagande quand même. Donc voilà, après, c’est ça les critiques oui, la dictature et la propagande. Mais quand on est conscient…

Fabrice :          Le truc, c’est que quand tu rentres là-dedans, d’un point de vue, oui si tu mets l’éthique et la politique là-dedans, c’est où tu mets la limite parce qu’il y a quand même beaucoup de pays dans le monde qui ne sont pas vraiment démocratiques où tu peux toujours trouver quelque chose à critiquer par rapport à leur politique, par rapport à leur position sur certains points, par rapport au droit de l’homme, par rapport etcetera, etcetera. Donc où c’est que tu mets la limite, c’est aussi une question. Mais tu as eu vraiment des gens virulents ?

Pauline :          Au festival d’ABM oui, une seule dame qui m’a dit, une ce n’est pas beaucoup mais elle était tellement virulente que je m’en souviendrais toujours. Elle m’a dit que j’étais folle, complètement, mais elle était sérieuse. Certains me le disent avec humour un peu, et puis, c’est aussi décalé et tout ça, je me disais moi-même que je suis folle, mais elle c’était sérieux. Elle me disait, vous êtes folle, vous êtes naïve, on vous a manipulée, je vous hais d’y être allée. Non mais… j’en ai rigolé aussi mais c’était sérieux de sa part. Donc voilà, juste une personne.

Fabrice :         Elle ne va pas t’acheter ton carnet hein ?

Pauline :         Non, je ne pense pas.

 

La Corée du Nord du point de vue de Pauline

Fabrice :         Alors, qu’est-ce que tu retiens de ce voyage ?

Pauline :          Ça me confirme dans l’idée qu’il faut y aller par soi-même, que ce soit pour la Corée du Nord ou ailleurs. Si un pays attire l’attention d’une manière ou d’une autre de façon extrême, je pense qu’il y a forcément du faux dans ce qu’on en raconte parce que rien n’est extrême à 100 % et donc, il faut aller voir soi-même. Si on est fasciné par une réputation, trop mauvaise ou trop bonne, il faut aller voir soi-même.

Fabrice :          Il n’y avait pas longtemps, je crois que c’était l’année passée, il y avait une petite polémique parce qu’il y a un blogueur, un youtubeur plutôt, américain qui était allé en Corée du Nord, qui s’appelle, qui est très connu dans le voyage, qui s’appelle, j’ai oublié le nom. Donc lui, il a une grande chaîne YouTube, genre beaucoup, beaucoup, beaucoup d’abonnés. Et lui, il avait été invité par, je ne sais pas, par l’Office du tourisme de promotion, enfin je ne sais pas, il avait vraiment été invité, genre blog trip tu vois, et il avait fait une vidéo en montrant les aspects positifs du pays, tu voyais notamment, je m’en rappelle, il me semble, sur une plage, sur la côte, tu vois. Je ne sais même pas si c’était sur une plage de surf, je ne m’en rappelle plus. Mais bref, voilà, il avait fait plusieurs vidéos et je sais qu’il avait été très critiqué parce qu’il ne montrait que les côtés positifs du pays en omettant pour le coup les côtés négatifs. Donc, c’est une autre approche. S’il a été invité, là c’est quand même plus critiquable pour le coup parce que s’il a été invité à faire juste la promotion positive d’un pays quand même où il n’y a pas forcément grand-chose de positif en ce moment, enfin voilà, c’est autre chose tu vois. Mais toi, c’est quoi ta position ? Qu’est-ce que tu en penses par rapport aux critiques qu’il a reçus ? C’était virulent hein, il a…

Pauline :         Oui, je pense que je vois de qui tu parles, il s’appelle Louis, il a des dreadlocks.

Fabrice :         Oui, c’est Louis voilà. Louis travel…

Pauline :          Oui. Si on remontait un peu dans cette histoire pour comprendre, alors, il n’était pas vraiment invité, c’est lui qui a décidé de joindre.

Fabrice :         D’être, pardon oui.

Pauline :          Mais bon, il y a des choses qui ont été payées pour lui. Il s’est joint à un groupe de surfeurs qui voyagent dans tout le monde et c’est une agence de Hawaï, donc ce sont des Américains qui organisent des séjours une fois par an de surf en Corée du Nord. Alors là, mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Pourquoi aller faire du surf en Corée du Nord ? Ça, c’est discutable dans un premier temps. Ensuite, c’est vraiment discutable. Louis a sa manière de traiter le sujet, c’est vrai parce qu’on aurait dit que c’était fabuleux quoi, tout était génial, on fait du surf, on fait du skateboard, c’est trop bien, venez, regardez, les enfants sourient. Non.    Alors là, j’étais moi-même surprise de sa description et de ce qu’il a montré parce que je n’ai pas vécu ça moi là-bas et puis parce qu’il était trop extrême dans l’autre sens. Donc on ne peut pas être crédible je pense quand on est encenseur à 100 % ou quand on est critiqueur à 100 %. Et Louis, sur ce coup-là, il a été trop positif.

Fabrice :          Mais tu penses que l’endroit où il est allé, je dirais, peut-être qu’il est passé par la capitale forcément, mais l’endroit où il est allé, où il a fait ses vidéos, c’était forcément idyllique ou il en a vraiment rajouté pour faire cette…. Enfin, voilà, tu vois ce que je veux dire, il y a une différence ?

Pauline :          Idyllique non, positif et qui avait l’air normal, oui il y a des moments où on a vu aussi sur Pyongyang des choses qui avaient l’air normal, c’est-à-dire des gens qui se baladent avec une doudoune rouge fluo et un Smartphone à la main. Donc, là on se dit, ils sont normaux les Nord-Coréens. Ça oui, il a pu le voir ça, des choses plutôt normales. Idyllique non, parce qu’il l’a vu et on le voit dans ses vidéos que ces guides ont peur aussi, ça se voit. Il y a certains moments où ces guides sont vachement en retrait, il y a une fille qui est avec lui, elle se demande tout le temps mais qu’est-ce qu’ils veulent ces Américains ? Elle est timide et cette timidité, connaissant la situation de ce pays, on la comprend, je pense, avec notre regard critique d’occidentaux externes à ce pays. Donc il n’a pas pu voir que des choses positives, il avait des œillères sur ce coup-là le gars, alors qu’il a beaucoup voyagé donc c’est étonnant de sa part. Ensuite, il a fait une vidéo pour se justifier un petit peu où il dit qu’il sait qu’il y a des choses pas très jolies ailleurs dans d’autres coins. Évidemment qu’on ne lui a pas montré en Corée du Nord, ça c’est sûr, on lui a montré ce qui était beau, mais même.

Fabrice :          Il aurait pu aussi, oui après, c’était dans son contrat j’imagine avec l’agence, de ne pas faire des vidéos plus réalistes.

Pauline :          Il aurait pu par la suite. Des gens, j’ai vu ça sur YouTube, lui ont demandé de faire une autre vidéo une fois qu’il était rentré aux Etats-Unis où il disait ce qu’il avait pensé sans être sur place ; il aurait pu le faire, il ne l’a pas fait. Alors est-ce que c’est une histoire de contrat, je ne sais pas. Je ne peux pas croire qu’il est complètement naïf puisqu’il a beaucoup voyagé ce garçon et quand on voyage, on s’ouvre les yeux sur plein de choses, on n’est plus naïf, ce n’est pas possible. Un voyageur naïf, ça n’existe pas, je crois. Donc, c’est étonnant de sa part. Voilà ce que j’en pense.

Fabrice :         C’est Fun for Louis je crois, quelque chose comme ça, son nom ?

Pauline :         Oui, je pense que c’est celui-là.

 

La suite

Fabrice :          Et alors, la suite de ton, tu as des prochaines destinations un peu hors des sentiers battus comme la Corée du Nord ? Tu n’arriveras pas à faire mieux que la Corée du Nord, hein ?

Pauline :          C’est ça, je cherche toujours mais depuis que je suis allée en Corée du Nord. Alors après, je suis allée en Californie juste après et j’y ai trouvé pas mal d’extrêmes tout aussi tordus sur la nature humaine parce que Las Vegas, ce n’est pas la Californie, c’est le Nevada, mais pour moi Las Vegas ou Hollywood, Los Angeles, c’est des endroits qui n’ont aucun sens, pas plus de sens que Pyongyang dans l’autre extrême. Donc, je peux tout tourner à la dérision aussi donc j’ai fait ce voyage-là, j’ai fait le Brésil, c’est tout un autre sujet qu’on ne va pas développer aujourd’hui mais sinon la Transnistrie, c’est ce que tu disais tout à l’heure, j’ai vachement envie d’y aller.

Fabrice :         Je pense que oui, c’est un peu dans la ligne, je pense que tu aimerais oui.

Pauline :          J’aimerais, oui. Donc, l’Europe de l’est, dans le cadre d’un séjour en Europe de l’est, parce que je ne vais pas faire que la Transnistrie. Paris-Transnistrie, c’est un peu limité mais…

Fabrice :         Oui, la Moldavie quoi en même temps.

Pauline :         Oui, voilà. Ça, ça me dirait bien, et Cuba aussi un jour.

Fabrice :          Bien. Est-ce que tu veux encore rajouter quelque chose sur la Corée du Nord. Je suis en train de feuilleter ton récit de voyage, c’est très riche, il y a plein de choses à dire sur ce petit voyage qui n’était que de quatre jours mais tu en as quand même fait quelques pages, 100 pages quand même, c’est un petit voyage de quatre jours, ce n’est pas mal.

Pauline :          Alors il y a toute la partie pré-Corée du Nord aussi avec Pékin, c’est pour ça que ça fait un petit peu plus de pages. Ce que j’aurais juste envie de rajouter, c’est que ce n’est pas dangereux si on ne s’amuse pas à faire complètement n’importe quoi. Mais comme dans tous les pays, je ne sais pas un exemple, quand on visite un pays religieux, on respecte un minimum quand même la religion sur place, on n’est pas là pour se faire arrêter. Donc la Corée du Nord, ce n’est pas plus dangereux qu’ailleurs, c’est même moins dangereux que par exemple Rio où je suis allée, où tout le monde me disait, c’est hyper-dangereux. La Corée du Nord, ce n’est pas dangereux, tu ne peux pas te faire agresser dans la rue, ce n’est pas possible.

Fabrice :         Comme c’est souvent le cas dans les dictatures.

Pauline :          Oui. Donc ce n’est pas dangereux. Je dis ça aux mamans peut-être si un jour leur enfant leur dit, maman j’ai envie d’aller en Corée du Nord en vacances avec des copines, ce n’est pas dangereux, il n’y a pas de risque, ce n’est pas dangereux.

Fabrice :         Et alors, où c’est qu’on peut trouver tes récits ?

Pauline :          Sur mon site internet qui s’appelle Paulines, avec un S mais tout attaché, tiret adventures, en anglais, point com. Pour acheter des livres, Amazon est notre ami à tous, vous tapez les aventures de Pauline et tout est dispo. Puis, Facebook aussi est notre ami à tous, les aventures de Pauline pour suivre un peu les photos et les anecdotes, voilà.

Fabrice :          Très bien Pauline. Bah écoute, merci pour m’avoir consacré du temps sur cette destination sur la Corée du Nord. J’aimerais bien aussi aller en Corée du Sud d’ailleurs, justement tant qu’à faire. En Corée du Sud, tu as des agences…

Pauline :         On ne peut pas traverser la frontière dans ce sens-là.

Fabrice :         Il n’y a pas de liaison aérienne ?

Pauline :         Non, il faut passer par la Chine, oui.

Fabrice :          Très bien. Bah écoute, bonne continuation pour tout. Tout le meilleur pour la suite.

Pauline :         Merci beaucoup et va en Corée du Nord !

Fabrice :         Ça marche. Allez bye bye ! Ciao !

Pauline :         Salut !

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