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IVCAST 66 : Vivre à Barcelone, avec Anne

Barcelone est une ville qui attire beaucoup d’expatriés en Europe. Anne y vit, elle nous raconte son installation et sa vie à Barcelone. 
  

 

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Les liens :

Le site d’Anne : Novescript. Traduction technique.

 

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Transcription

Fabrice :          Je suis à Barcelone avec Anne qui vit à Barcelone depuis deux ans, c’est ça Anne ?

Anne :             Tout à fait. Bienvenue à Barcelone !

 

Changer de vie : cap à Barcelone

Fabrice :          Voilà. Anne, on était en train de parler déjà de sa vie à Barcelone. Et la première question pour commencer, je te l’ai posée déjà, c’est pourquoi tu es venue ici ?

Anne :             Alors moi, je suis venue ici pour un changement de vie. En fait, je me suis mise à mon compte, donc déjà un changement de vie professionnelle et puis, j’avais envie de le faire dans un environnement différent. J’étais en France à Lyon, une très belle ville, et puis j’avais envie de passer de l’autre côté des Pyrénées et notamment à Barcelone parce que c’est une ville que je connais depuis toute petite parce que je venais tous les ans avec mes parents ici et aussi la Catalogne parce que j’aime beaucoup cette région avec des gens très ouverts et une douceur de vie, une qualité de vie entre la mer, le soleil, les tapas, donc voilà.

Fabrice :          Tu es rédactrice technique, de formation ?

Anne :             C’est ça, oui.

Fabrice :          Donc tu étais salariée avant. Là, tu t’es dit je vais être indépendante pour pouvoir changer de vie, partir de France, m’installer à Barcelone. Qu’est-ce qui a été le plus dur finalement, s’installer à Barcelone ou de passer de salariée à indépendante ?

Anne :             Je pense que le plus dur, c’était passer de salariée à indépendante parce que l’arrivée s’est faite en douceur, je connaissais déjà des gens, et puis du fait de l’ouverture d’esprit, ça s’est très très bien passé. Par contre, me lancer un petit peu comme ça en indépendante, c’était changer un petit peu les idées préconçues que j’avais sur le travail et puis peut-être gagner en responsabilité. Et finalement, une fois que c’est bon, qu’on s’est mis dedans, finalement, on apprécie d’être responsable de son propre travail, de ses propres missions et de son client.

Fabrice :          Donc, tu me disais, ton installation à Barcelone s’est faite assez facilement, c’est assez facile de s’intégrer ici, de venir. Finalement, quelle a été ta plus grosse difficulté dans les premiers mois ?

Anne :             Je dois avouer que là comme ça, je ne sais pas quelles étaient les difficultés réelles. Non, j’étais vraiment très bien, j’ai tellement été bien accueillie que je n’ai pas vu des difficultés. On va dire que peut-être que pour se lancer en indépendant ici en Espagne, donc pour avoir le statut autónomo, tu as un petit peu de papiers administratifs à faire.

Fabrice :          Faire de l’auto-entrepreneuriat ?

Anne :             C’est ça, c’est l’équivalent espagnol de l’autoentrepreneur.

Fabrice :          Qui a l’avantage d’avoir un plafond plus élevé ?

Anne :             Voilà, c’est ça. En fait, ton chiffre d’affaires pourrait être plus élevé…

Fabrice :          C’est combien ?

Anne :             Tu n’as pas de limite.

Fabrice :          Pas de limite carrément, d’accord. Et pas de TVA non plus ?

Anne :             Si, la TVA si.

Fabrice :          La TVA mais pas de limite.

Anne :             Voilà, c’est ça. Donc pour se lancer en autónomo, tu as besoin de faire certains papiers administratifs. On est en Catalogne, donc les papiers sont en catalan. Néanmoins, j’arrive à comprendre, pas de souci, mais j’ai préféré faire appel à une sorte de comptable qui t’aide en fait à mettre en place ton activité, qui t’explique comment préparer ta compta, etcetera. Et finalement, ça m’a bien aidé. On va dire que c’était un petit peu le seul point un peu compliqué. Le [comptable m’a aussi aidé à justement récupérer ce fameux papier qu’on appelle le NIE pour prouver en fait que tu es résident en Espagne et qui t’ouvre ensuite toutes les portes pour avoir un compte bancaire, toutes ces choses-là.

Fabrice :          Tu me disais au niveau des charges, autoentrepreneur, c’est à peu près finalement, entre les impôts et les charges sociales, c’est à peu près comment ?

Anne :             Àpeu près comme en France, l’avantage, c’est que tu peux récupérer ta TVA et tu peux aussi déduire les frais en fait, tes frais de déplacement, etcetera.

Fabrice :          Donc, tu es imposée sur ton bénéficie ou ton CA ?

Anne :             Joker.

Fabrice :          Joker.

Anne :             Joker. Par contre, disons que…

Fabrice :          OK. Donc, tu peux réduire des frais.

Anne :             Oui voilà. Je ne sais plus quelle était ta question.

Fabrice :          La question, c’était si tu étais imposée sur le CA ou le bénéfice parce que si tu peux réduire les frais, c’est que tu es imposée sur le bénéfice normalement. ou alors tu peux peut-être réduire, peut-être que c’est à prendre en compte une partie des frais je ne sais pas. Donc, ça c’était la partie statut de ton activité. Ensuite, la deuxième chose c’est de trouver un appart. Alors, quel est le budget en gros au centre de Barcelone, il faut compter combien pour un appart de 35, 40 m² ?

Anne :             Le budget à Barcelone est assez élevé, on peut à peu près comparer avec les budgets de Lyon par exemple. Donc, dans le centre de Barcelone dans le quartier type le Born, ou Gràcia, il faut compter pour 40 m² entre 800 et 1 000 € pour quelque chose d’assez sympa avec vue sur la rue et non pas sur un mur. Après, dans d’autres quartiers un petit peu plus éloigné du centre, tu peux trouver des choses entre 400, 600, mais bon, ça veut dire métro ou RER.

Fabrice :          C’est facile de trouver ? Enfin, est-ce qu’ils demandent des garants par exemple ?

Anne :             En fait ils demandent de payer en amont plusieurs mois voire jusqu’à six mois d’avant.

Fabrice :          Six mois carrément de caution ?

Anne :             Voilà ça peut aller jusqu’à six mois, oui, ça peut être très cher, c’est plutôt ça en fait. Et ils veulent s’assurer que tu as quand même un poste qui te permet quand même de payer.

Fabrice :          Si tu es indépendant, comment tu fais ?

Anne :             Oui justement les indépendants, ils ont parfois des petits soucis. Mais bon, ça passe quand même.

Fabrice :          Mais ils ne demandent pas trois garants comme parfois à Paris ?

Anne :             Non, les garants, ça va.

Fabrice :          D’accord, donc Ok. Donc si tu veux être dans le centre, c’est relativement assez cher finalement. Mais bon, Barcelone, ce n’est pas non plus une ville immense. Et toi, par exemple, tu me disais que tu es à 20 minutes dans une petite ville côtière avec vue sur la plage et tout et tu as 60 m², oui mais c’est un bon plan d’une copine et tout. Je le dis quand même 60 m² pour 500 € avec vue sur la plage, c’est quand même pas mal.

Anne :             Oui voilà, tout à fait. Moi, ça ne me dérange pas de me déplacer en RER, et puis après, à pied, etcetera. J’aime marcher, donc il n’y a aucun problème. Il y a beaucoup de gens qui utilisent le système de bicing, des types de vélib en fait de Barcelone. Pour moi, c’est simple de se déplacer dans Barcelone, c’est très agréable et on peut faire toute la ville à pied en une heure de bout à bout.

Fabrice :          Moi, si je décide de m’installer ici et de chercher un appart, il faut passer par une agence ou tu as des sites avec des particuliers, c’est facile aussi de trouver via des particuliers ?

Anne :             Oui tout à fait, il y a des sites internet en fait dédiés à la recherche d’appartement, Idealista par exemple des choses comme ça où tu as des offres de logements via particuliers ou via agence comme partout.

Fabrice :          Tu me disais qu’il y a un groupe Facebook français ?

Anne :             Oui tout à fait, il y a plusieurs groupes Facebook de français et il y en a un notamment sur la recherche d’appart, les échanges de bons plans en fait, pour le logement ou même les chambres. Puisqu’ici, partager une chambre, c’est assez courant quand même. Quand tu arrives, c’est tellement cher que du coup les gens partagent pas mal les appartements.

Fabrice :          Donc la colocation, c’est relativement facile à trouver ?

Anne :             Une colocation, c’est facile à trouver, oui tout à fait, dans les bons quartiers.

Fabrice :          OK. Donc tu me parlais du NIE, le NIE c’est le document qui te permet donc d’être fiscalement résident, donc ça veut dire la sécurité sociale espagnole, cela veut dire ouvrir un compte bancaire.

Anne :             En fait, ce papier, n’importe qui on va dire peut le demander. En plus tu as deux formes, tu as un NIE provisoire qui dure trois mois et qui te permet justement d’ouvrir un petit peu ton compte bancaire, faire de la petite paperasse comme ça. Puis ensuite, tu as le NIE permanent qui lui t’ouvre toutes les portes. Mais ce papier, alors j’ai eu de la chance parce que ça s’est passé plutôt rapidement et plutôt facilement mais je sais qu’il y a beaucoup de gens qui galèrent.

Fabrice :          Pourquoi ils galèrent ?

Anne :             Disons que déjà, tu as plusieurs papiers à fournir, c’est juste une première partie. Mais ensuite, il faut prendre rendez-vous à l’agence qui te délivre le NIE alors là c’est prendre rendez-vous sur internet, il faut prendre rendez-vous à 8h00 le lundi matin sinon après c’est foutu, tu ne peux plus le prendre avant une semaine et ensuite, les gens font la queue dans la rue pour ensuite avoir un guichet et pouvoir faire son papier, donc c’est quand même pas simple.

 

Barcelone : vivre à la catalane

Fabrice :          Qu’est-ce que tu aimes le plus finalement à Barcelone, Anne ?

Anne :             Ce que j’aime le plus ici, c’est l’ouverture d’esprit, l’accueil des catalans, des gens qui vivent ici depuis toujours. C’est vraiment des gens à connaître, c’est une culture à part aussi et c’est vraiment des gens très ouverts. Après bien sûr, on a la douceur de vivre, la mer, le soleil, si on aime le windsurf, si on aime le surf, un peu moins le surf mais le paddle, c’est super parce que tu peux en profiter toute l’année. Puis bien sûr, la vie à la catalane, c’est un petit peu la vie à l’espagnol, un petit peu dans ce que j’appellerais les sorties, les tapas, les choses comme ça, ça c’est plutôt l’esprit très ouvert, détendu.

Fabrice :          Tu disais il y a deux choses pénibles ici, c’est le bruit et les pickpockets.

Anne :             Voilà, c’est exactement ça, c’est ce que disent tous les Français quand ils arrivent et c’est vrai que c’est bruyant. Après ça dépend des gens, moi ça ne me dérange pas mais il y a des gens pour qui c’est vraiment un problème. Après ouais, les pickpockets, c’est vraiment une plaie comme je te disais, j’ai vu des gens se faire voler dans le métro, je connais des gens qui se sont faits voler. Donc, on fait attention, peut-être comme à Paris dans les lieux touristiques on va dire.

Fabrice :          Là, on est dans un bar, le volume sonore a quand même augmenté depuis une demi-heure, ça parle un peu fort. Une autre question que je voulais te poser sur Barcelone, on a parlé du budget au niveau logement et pour le reste toi qui as habité sur Lyon, le budget quand même il reste, si tu enlèves le logement, moins élevé que Lyon, la nourriture, etcetera.

Anne :             Disons que pour les sorties, c’est moins élevé, également pour les vêtements, les choses comme ça, ouais tu as plus d’offres moins élevées. Après, si tu as envie de manger bio, écolo, là par contre, on retrouve les prix de Lyon voire un petit peu plus cher, surtout dans le quartier de Gràcia où là, les prix volent. Mais sinon, oui dans l’ensemble, c’est quand même moins cher, même les activités sportives et tout, ça reste quand même moins cher.

Fabrice :          C’est quoi ton quartier préféré pour sortir et prendre une bière entre amis, tout ça ?

Anne :             Le Born là où nous sommes actuellement, pour moi, c’est le quartier le plus agréable pour sortir. J’aime bien Gràcia aussi, mais je ne sais pas, je trouve que le Born arrive à garder ce petit côté authentique quand même.

Fabrice :          Puisque Gràcia, je ne sais pas si je confonds, mais Gràcia, c’est un peu en hauteur, et oui tu as beaucoup de magasins bio, c’est très beau-beau, c’est ça hein ?

Anne :             Oui, c’est ça.

Fabrice :          Oui c’est un peu de village, c’est ça hein, c’est Gràcia. Je me rappelle j’y suis allé l’année passée, j’avais assez aimé oui, ça faisait très très beau-beau.

Anne :             C’est sympa, c’est quand même sympa et puis tu as quand même pas mal de musiciens, tu as pas mal de petites salles de concert, salle de théâtre aussi donc c’est quand même très sympa. Mais ici, disons que pour boire un bon vin ou une bonne bière, un côté comme ça, pour discuter et manger, et à manger, c’est bien le Born.

Fabrice :          Toi, donc tu es indépendante comme moi et tu me disais que tu ne peux pas te passer d’un espace de coworking, donc ici tu as un abonnement dans une salle de coworking. Oui, j’étais assez étonné par les prix, ce n’est pas très cher, tu me disais que tu peux trouver pour 150 € par mois.

Anne :             Tout fait. En fait ça peut même aller de 50 € par mois puisque j’ai vu qu’il y avait un coworking qui proposait ces prix-là mais tu n’as pas la souplesse comme les autres parce que tu ne peux pas y aller le weekend par exemple. Mais là où j’étais avant à Gràcia justement, je payais 150 € par mois hors TVA et c’était illimité. Là je paie 200 € et je suis en bord de plage, c’est pareil, c’est illimité.

Fabrice :          C’est vraiment accessible, c’est vraiment pas très cher. L’année passée, j’étais allé dans un, j’ai un ami qui habite là et qui est allé dans un espace de coworking, tranformers. D’ailleurs, j’avais fait une vidéo sur la chaîne YouTube, je la mettrais comme lien dans l’article, et ouais c’était fort sympa et en effet, les prix n’étaient pas très chers. Puisque d’abord, tu rencontres beaucoup d’étrangers de Digital Nomad, d’indépendants, qui viennent ici pour travailler et vivre quelques mois j’imagine, tu en rencontres pas dans les espaces de coworking ?

Anne :             Oui, on va dire que…

Fabrice :          Ou ailleurs, dans les bars en boîte.

Anne :             Oui de toute façon, on va dire dans le coworking, c’est le lieu pour ça. Je veux dire que la moitié sont des étrangers, les autres sont plutôt des gens, des locaux.

Fabrice :          C’est beaucoup déjà.

Anne :             C’est déjà pas mal. L’autre moitié c’est des locaux, des freelances, des autónomo espagnols. Sinon ouais, la moitié, c’est des étrangers ouais.

Fabrice :          Un peu partout. Est-ce que des Américains, il y en a beaucoup ?

Anne :             Alors de plus en plus, j’en rencontre de plus en plus dans des soirées, des meetup. C’est marrant, Barcelone est connu aux Etats-Unis, oui c’était comme un bijou caché que nous ne connaissions pas et que nous découvrons maintenant donc ouais.

Fabrice :          Tu me parlais des meetup donc tu utilises aussi meetup j’imagine. Donc c’est des meetup d’indépendants, afterwork, des choses comme ça.

Anne :             Voilà. J’ai par exemple un meetup de technical writer justement.

Fabrice :          Carrément, tu as un meetup juste pour ça ?

Anne :             On n’est pas très nombreux, c’est pour ça qu’on se retrouve. Mais là, l’autre jour par exemple, j’ai fait un meetup de dégustation de vin et de truffe, donc rien à voir, et c’était très sympa. Il y en a d’autres pour se balader dans l’arrière-pays, il y a plein plein d’offres, ici c’est très très bien, le meetup, quand on arrive, je le conseille à tout le monde.

Fabrice :          Après, c’est un moyen pour rencontrer des gens. Tu as un autre conseil justement pour rencontrer des gens-là comme ça quand tu arrives dans une ville, que ce soit Barcelone ou ailleurs en fait, à part faire une activité culturelle ou sportive, les meetup, on en a parlé. Pourquoi pas Tinder.

Anne :             Oui voilà par exemple. Là aussi, le site Couchsurfing qui propose aussi comme meetup, en fait des rendez-vous juste pour…

Fabrice :          Est-ce qu’il y a des groupes sur Couchsurfing ?

Anne :             Il y a des groupes exactement, ça, c’est pas mal et puis sinon les réseaux sociaux, facebook, ici ça marche, donc voilà, des tas d’organisations. Moi, par exemple, je suis un peu dans le milieu végétarien, vegan, etcetera. Donc, tous les mois il y a une Feria vegana, donc on se rencontre, on discute, c’est super sympa, très bonne ambiance. Donc voilà, tu as plein d’évènements. De toute façon ici, à Barcelone, tu as des évènements tous les jours.

Fabrice :          Tu as une vie sociale plus développée qu’à Lyon ?

Anne :             On va dire que, parce qu’il faut que je travaille quand même donc il me faut du temps, mais disons que l’offre est énorme. Je dirais qu’elle est plus importante qu’à Lyon, oui tout à fait.

Fabrice :          Oui, c’est difficile de rester seule longtemps, c’est facile de rencontrer, si tu sors si tu es à minimum sociable.

Anne :             Puis, les gens te parlent. Moi mes voisins, on fait des soirées ensemble, des repas, de tous les âges, il y a tous les âges. Donc, c’est quand même difficile de ne pas rencontrer des gens ici.

Fabrice :          J’aimerais que tu me dises tes trois adresses préférées, genre un bar ou quelque chose que tu aimes, quelque chose dans ce style, un bar un lieu sympa pour bosser même avec son laptop, prendre un café. Est-ce que là, ça te vient tout de suite ou je te laisse un peu de temps ?

Anne :             Là où je t’ai emmené, c’est un bar que j’aime beaucoup en fait. Je l’aime bien, je en sais pas, il est chaleureux, il est sympa, ça s’appelle le Bormuth dans le Born.

Fabrice :          Plus pour boire un verre que bosser ?

Anne :             Oui voilà, c’est boire un verre, les bières sont artisanales et bonnes et voilà. Sinon pour bosser, justement, pour pas forcément aller dans un espace de coworking mais quand même avoir son endroit pour bosser, je conseille le Coco office qui est tenu par un Français d’ailleurs et en fait, c’est assez sympa parce que tu paies à l’heure et ce n’est pas très cher et tu peux avoir même une petite salle de réunion si tu veux la réserver, etcetera, c’est assez tranquille. Et tu as le café, les petits gâteaux à volonté. Ensuite, après j’aime bien les concerts, donc il y a plein de salles de concert ici donc j’adore. Une salle de concert, je ne la connaissais pas en arrivant, ça s’appelle le Barts et elle est vraiment super si on veut faire un concert là-bas. Puis, il y a Razzmatazz aussi, il y a plein d’endroits supers pour écouter de la bonne musique.

La vie à Barcelone

Fabrice :          Anne une autre question, Barcelone, c’est réputé pour, c’est une ville hyper touristique, il y a une grosse pression touristique, est-ce que ce n’est pas insupportable l’été quand tu habites ici ?

Anne :             Alors l’été, c’est vrai qu’on est bien plus nombreux. J’habite sur une petite ville côtière au bord de la mer et du coup, forcément, ma plage devient la plage de tout le monde. Donc là, on a beaucoup de monde. Puis, à Barcelone évidemment, il y a les lieux touristiques comme La Sagrada Família, le parc Güell, etcetera, est envahi de touristes. Alors c’est bien, ce n’est pas bien, c’est vrai quand tu vis ici, tu as juste envie, c’est de partir en France voir ta famille, pouvoir un petit fuir le brouhaha et tous ces gens. En même temps, ça se comprend parce que Barcelone, c’est quand même une belle ville, elle a des belles plages, donc il faut accepter aussi un petit peu, c’est le prix à payer.

Fabrice :          Est-ce que tu as un endroit, un truc, une visite un peu insolite, un lieu insolite que tu connais, qui est sympa, qui n’est pas forcément très connu, à part les sites que tout le monde connaît comme La Sagrada Família, Las Ramblas, etcetera, etcetera. Est-ce que toi tu, je ne sais pas, là il y a quelque chose qui te vient à l’esprit, un quartier ou un coin, un site pas très connu que tu aimes.

Anne :             Oui alors en fait, il y a un jardin qui existe, c’est un labyrinthe en fait, c’est le labyrinthe d’Horta justement et c’est un jardin en fait un peu à l’anglaise où en fait tu peux te perdre dans ce jardin, tu es un peu en courant comme dans les films tu vois. Ça peut être sympa, on n’a pas forcément l’idée en fait d’aller visiter ce coin. Sinon après, je conseille aussi de s’échapper un petit peu du centre-ville et puis, d’aller un petit peu dans l’arrière-pays. Moi, par exemple, j’en profite en fait avec le travail d’aller dans un petit village qui s’appelle Vic, qui est dans l’arrière-pays en fait catalan, donc là, on est loin de la mer, on est dans la montagne et c’est vraiment très joli, c’est si médiéval, etcetera, le centre-ville et ça vaut vraiment le détour et c’est tellement différent de Barcelone et du centre, donc voilà. On s’échappe un petit peu, on prend un train, ce n’est pas long, c’est 20 minutes, 30 minutes de trajet et on est dans un autre endroit.

Fabrice :          D’accord, merci pour le conseil, je ne connaissais pas du tout non plus. Je suis venu plusieurs fois à Barcelone par le passé et oui, c’est une ville que j’apprécie. D’ailleurs j’aimerais bien, je te disais, j’aimerais bien y habiter, pourquoi pas plusieurs mois, je pense que ça peut être sympa. Puis l’hiver est doux, c’est le grand ciel bleu. Je ne sais pas s’il fait plus froid qu’en ce moment, non ? Tout le monde me dit en ce moment, il fait assez froid.

Anne :             Oui il fait assez froid mais on a quand même des températures assez douces si je compare aux deux autres années. Cette année, c’est quand même assez exceptionnel. Je me suis baignée jusqu’à fin octobre et l’année d’avant, fin septembre, sans néoprène, sans combinaison je parle. Néanmoins, ce que j’aime, c’est que même s’il fait froid, tu as quand même du soleil tous les jours donc tu peux quand même prendre ton café en terrasse, même si tu as ton blouson au mois de janvier ou février, tu mets ton blouson et tu bois ton café en terrasse.

Fabrice :          Les jours gris nuageux, c’est rare ?

Anne :             C’est rare et la pluie aussi est assez rare. En général tu as une journée où tu as vraiment une bonne journée de pluie et après c’est terminé.

Fabrice :          C’est sympa ça, ça change du nord de la France, surtout de Paris où là en ce moment par exemple c’est gris j’imagine, j’ai regardé sur la météo et tout, et là ouais c’est vraiment le ciel bleu, c’est vraiment sympa. Une autre question que je voulais te poser, tu me parlais d’une fête là en off, d’une fête qui a lieu fin octobre, une fête locale qui s’appelle ?

Anne :             La Castanyada. Moi, je l’aime beaucoup parce qu’en fait, on parle toujours de Halloween le 31 octobre, que les Américains et les Irlandais avant ont cette fête et que du coup, ils nous l’importent dans le pays. En fait, il s’avère qu’en Catalogne, ils ont aussi une fête très sympathique qui s’appelle La Castanyada et c’est quelque chose d’assez familial où en fait les gens mangent au barbecue des marrons chauds, des patates douces et puis, on prépare des petits gâteaux qui s’appellent les panellets, comme on dit en catalan, à base d’amande, de sucre et de patates douces et de pommes de terre, donc quelque chose de très sain, très simple. On le mange en famille, on boit du Moscatel, des fruits secs et c’est vraiment une très bonne ambiance, on fait ça dehors dans le froid, le 31 octobre en parallèle d’Halloween.

Fabrice :          Ça a été mis, c’est daté exprès pour ? Non pas forcément, je ne pense pas.

Anne :             Non c’est quelque chose qui existe depuis très longtemps, les gens le fêtent depuis très longtemps et c’est plutôt Halloween qui s’est collé aujourd’hui à cette fête locale finalement. Donc, ce n’est que Catalan attention. En Espagne, on ne le fête pas, ce n’est que le Catalan.

Fabrice :          Une autre question-là, je ne peux pas y échapper vu l’actualité. En ce moment c’est calme, je veux dire je n’ai pas vu de manif, il y a quelques drapeaux sur les murs, etcetera, avec des pancartes si si si, ou no, plutôt si. Mais je veux dire, c’est complètement calme, c’est comme s’il ne s’était rien passé en fait.

Anne :             Oui. Alors là, on est un peu dans une situation, si tu veux, entre toutes les manifestations qui ont eu lieu, l’arrestation de certains personnages politiques pro-indépendance et puis les prochaines élections qui arrivent le 21 décembre concernant le gouvernement catalan. Donc là, on est un petit peu entre eux deux. Mais auparavant, disons qu’il y a eu des tensions mais surtout à travers les médias puisque finalement moi, je ne peux pas dire que je l’ai vraiment senti, j’ai des amies pro-indépendante, des amis anti-indépendante, des amis pour qui ça leur est égal. En fait, il y avait quand même plutôt une bonne ambiance et c’est vrai que ces des gens passifs. Donc les manifestations, je me suis retrouvée dans des manifestations pro-indépendance dans Barcelone et c’était vraiment familial. On avait des parents, des pères de famille, des grands-parents qui étaient dans les rues et je n’ai pas vu de violence. Vraiment ce qu’on entendait en France dans les médias, ça n’avait rien à voir.

Fabrice :          Ça ne va pas tourner à la violence je pense ici ?

Anne :             Non moi honnêtement, personnellement, je ne le vois pas comme ça. Aujourd’hui, je ne le vois pas comme ça. Après, le problème est là, il est bien là et il ne va pas s’arrêter le 21 décembre.

Fabrice :          Par contre, ça peut avoir un impact sur l’activité économique tu vois. J’ai un ami qui habite là et il voulait acheter un appart, il m’a dit oui je vais peut-être un peu attendre parce que c’est possible que les prix baissent, s’il y a des entreprises, moins d’investissement, moins de touristes, etcetera. Ça par contre, c’est plutôt le risque.

Anne :             Disons que c’est l’incertitude comme pour tout donc voilà.

Fabrice :          Du coup, ça peut avoir un impact aussi sur ton activité ?

Anne :             Exactement, les investisseurs ne vont pas vouloir investir dans des sociétés informatiques. Moi par exemple, ce sont mes clients principaux. Oui ça peut avoir une incidence, ça c’est sûr. Mais maintenant, là tout de suite dans l’immédiat, non. Mais petit à petit, on verra.

Fabrice :          Puisque là je regardais le journal aujourd’hui local et il disait qu’il y avait une chute quand même des réservations hôtelières. Tu vois, là je crois que c’était surtout les entreprises, les salons, séminaires. Ce que j’ai compris, je crois que c’était surtout ça. Mais il y avait quand même une bonne baisse tu vois.

Anne :             Oui. Après, j’ai des amis dans le tourisme qui ont aussi noté une baisse, des gens qui finalement avaient annulé les réservations, une guide touristique en fait de Barcelone. Mais après, je pense que c’est plus…

Fabrice :          Il y a des gens qui flippent pour un rien.

Anne :             Exactement. Je pense que là le problème, c’est vraiment à travers les médias, ce qu’on transmet. Après, je ne dis pas que les médias ne font pas bien leur travail attention, mais c’est ce que toi comment tu l’interprètes, comment tu le vois, comment tu l’imagines aussi. C’est très complexe. C’est vrai que les gens m’appelaient de France en me disant mais ça va, ça ne craint pas trop. Je leur dis mais franchement, excusez-moi mais non, ça va très bien.

Fabrice :          Tiens, dis-moi, si tu devais partir en dehors de Barcelone, si tu aurais envie d’aller dans une autre ville en Europe ou en Espagne, tu irais où ?

Anne :             En Espagne, j’aurais deux villes en vue, ce serait Bilbao au Pays basque parce que je connais assez bien la ville, j’y viens régulièrement, j’ai des amis là-bas, une très bonne amie même, d’ailleurs j’y vais demain ; et sinon si Bilbao ne m’accueillait pas les bras ouverts, ce serait Valence parce que c’est une petite Barcelone, c’est en bord de mer, c’est sympa. Il y a juste le Ub international qui n’est pas forcément si bien développé qu’à Barcelone donc ce sera un petit peu…

Fabrice :          Tu peux y vivre ?

Anne :             J’y suis allée cet été, c’était très sympa mais non, je ne pourrais pas y vivre.

Fabrice :          Pourquoi ?

Anne :             Parce que déjà, on est loin de la mer ou de l’océan. Et puis aussi parce que tu as un peu ce côté musée un petit peu, je ne sais pas, c’est très beau mais je ne me sens pas aussi à l’aise qu’à Barcelone ou comme à Bilbao.

Fabrice :          Madrid, non ?

Anne :             Une grande capitale là tout de suite non ?

Fabrice :          D’accord. Tiens, c’est marrant que tu parles de Bilbao, j’ai un ami australien que j’ai vu cet été et il va être prof d’anglais là-bas. Il y est en ce moment d’ailleurs, il m’invite là, il faut que je prenne le temps d’aller le voir, il est là-bas pour un an. C’est ça qui est cool, quand tu es english spoken, enfin anglophone de naissance, c’est vraiment super facile de vivre et d’enseigner l’anglai mais vraiment n’importe quoi, ça c’est vraiment une chance. On s’éloigne du sujet. Une dernière question pour conclure, c’est quoi tes projets ? Là, tu es partie pour rester a priori un bon nombre d’années à Barcelone ?

Anne :             Oui là pour l’instant, je m’y plais, le business va bien, etcetera. Après, c’est plus des plans de voyage donc là, j’ai prévu un petit séjour en Roumanie et puis, un autre petit de séjour au Vietnam toujours avec mon fidèle ordinateur pour pouvoir répondre à des urgences. Mais voilà, je suis libre comme l’air. Et puis, bien sûr, là, on est quand même bientôt mois de décembre, donc c’est les fêtes, donc je pense aller en France voir ma famille, etcetera. Évidemment, passage par la France, obligatoire.

Fabrice :          Ok. Moi, je reviens en France demain. Bon bah, merci Anne. Je crois qu’on a fait le tour de la question. Je te souhaite bonne continuation dans ton activité qui se développe pas mal, tu me disais, qui se développe même rapidement, c’est cool. Voilà, bonne chance pour tout !

Anne :             Merci à toi.

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  1. Linda dit :

    Merci pour cet article. J’ai déjà visité plusieurs fois cette ville et elle donne vraiment envie d’y vivre.

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