29

IVCAST 71 : Une famille nomade digital autour du monde

Depuis juillet 2013, Christine, Patrice et leur fils voyagent autour du monde grâce à leurs revenus en ligne. Ils nous racontent leurs histoire. 
  

 

  • Ecoute cet épisode et les prochains sur la plateforme iTunes.
  • Pour une écoute sur les smartphones et les tablettes Apple, utilises une application comme Stitcher ou Podcasts.
  • Ajoute le flux du podcast dans ta play list. Ou cherche Instinct Voyageur !
  • (clic droit-enregistrer sous ) 

 

 

 

Les liens :

Le blog de la famille nomade digital.

★★ Infos sur le Digital Nomad Starter #2 

 

Merci d’avoir écouté !

Transcription

Fabrice : Bonjour à tous. Bienvenus pour ce nouveau podcast, ce nouvel épisode du podcast « Instinct Voyageur », on a une nouvelle interview aujourd’hui avec une famille de digitales nomades, c’est vraiment une famille digitale nomade, même le nom de leur blog, c’est « FamilleDigitaleNomade.com » c’est bien ça ?

Christine & Patrice : FamilleNomadeDigitale.

Fabrice : C’est ça. Je suis avec Christine et Patrice qui sont en direct de Shanghai. Alors, bonjour à vous.

Patrice : Bonjour Fabrice.

Christine : Bonjour Fabrice.

Devenir une famille nomade digital

Fabrice : Alors, vous êtes donc une famille de digitale nomade, vous êtes sur la route depuis 2013. Vous êtes partis fin 2013. Donc, ça fait déjà 5 ans quasiment. Et bien on va revenir un peu déjà aux origines. C’est toujours intéressant quand on choisit un mode de vie comme être digitale nomade, comme digitale nomade puisque ça implique un mode de vie. Donc, c’est d’autant plus important de comprendre un peu les origines et comment vous en êtes arrivés là. Et bien je vous laisse la parole. Comment vous en êtes arrivés là ? Comment vous êtes partis ? Comment vous avez décidé de prendre la route.

Christine : Alors, en fait, donc à l’époque, on vivait dans le Var, on avait une entreprise, un e-commerce de création graphique, on faisait donc par internet. On travaillait de chez nous déjà à l’époque. On avait installé nos bureaux au rez-de-chaussée et on avait notre appartement au dessus. Et en fait, on s’est rendu compte un peu comme beaucoup d’entrepreneurs ou chefs d’entreprises qu’on passait notre temps à travailler, que malgré le fait qu’on était dans un joli environnement, on n’en profitait plus tant que ça. On ne prenait jamais de vacances. Et puis, notre fils grandissait. On avait envie de reprendre notre vie en main, de profiter un petit peu plus et en fait, ça s’est fait un peu par hasard en lisant certains livres, on s’est rendu compte qu’il y avait des familles à l’époque, donc, c’était fin 2012 des familles américaines qui vivaient, qui voyageaient tout en travaillant par internet.  Et donc, on s’est dit que nous en fait, on pouvait faire la même chose, puisque notre activité était sur le web. Et donc, fin 2012, on a commencé à réfléchir à ce projet, comment le mettre en place, donc, on s’est occupé de tout ça, toute la paperasse, les changements et compagnies pour l’entreprise et pour le personnel. Et puis, le 31 juillet 2013, on a rendu les clefs de notre maison et puis, on est parti avec notre voiture et on est parti à travers la France tout d’abord. Et puis, après différents pays d’Europe. Et voilà, ça a débuté comme ça.

Fabrice : Quelle était la motivation ? C’était l’envie un peu de changer de rythme, d’avoir un rythme plus cool ou c’était vraiment l’envie de voyager parce que vous avez déjà voyagé autour du monde ou est-ce que c’était un rêve, une envie que vous aviez depuis quelques années et là, vous aviez l’occasion de la réaliser ?

Christine : C’était de reprendre sa vie en main, de profiter plus, de ne pas rester juste là à travailler tout le temps et se rendre compte que les années, elles passent et qu’en fait, tu n’as rien fait à part bosser et tu ne profites pas de la vie !

Fabrice : Cela dit tu peux comme certains digitaux nomades travailler presque autant en étant en Thaïlande, qu’en France.

Patrice : C’est sûr mais tu vois des choses.

Christine : Voilà, tu profites quand même du quotidien différemment, parce que comme tu ne restes pas longtemps dans un endroit, tu te dis, il faut que j’en profite. Alors que là, ça faisait des années qu’on était dans le Var et on se rendait compte qu’on connaissait à peine la région en fait, parce que chaque fois, on se disait, on ira visiter ça, on ira faire ceci et puis en fait, on ne le faisait pas. Alors que là tu n’as pas le choix, nous en général, depuis le départ, on reste un mois au même endroit. Donc, tu te dis, tu n’as qu’un mois pour visiter l’endroit, le lieu. Donc, tu n’as pas le choix, tu le fais !

Patrice : Tu te mets des impératifs comme tu le fais pour le boulot, parce que tu te dis, j’ai une date limite en fait à découvrir ça, à découvrir ta vie actuelle. Et donc, tu te dis, bon ben je n’ai pas le choix, à partir de 5H, on va se promener, on va boire un coup, on va profiter des lieux, on va vivre quoi ! Alors que avant chaque fois tu remettais au lendemain parce que ce qui passe en premier c’est le boulot ! C’est participer au truc, penser justement à tes employés, penser à ton entreprise et jamais trop penser à toi. Et c’est vrai que c’est de voir notre fils qui grandissait, qu’on se disait lui, il faisait déjà à l’époque, l’école à la maison. Et pourtant, il était juste au dessus et je me rendais compte moi personnellement que je ne le voyais presque pas parce que je travaillais jusqu’à pas d’heure, jusqu’à tard le soir.

Fabrice : Tu travailles avec ta femme ? Vous travaillez ensemble ?

Patrice : Pardon ?

Fabrice : Vous travaillez ensemble ?

Christine : Oui.

Patrice : C’est ça.

Fabrice : Bon, au moins, tu voyais ta femme.

Patrice : Ah oui ça, je voyais ma femme !

Christine : Quoi que j’étais dans mon bureau. Tu étais dans le tien. [Rire]

Patrice : Voilà, c’est vrai qu’elle était dans son bureau, j’étais dans le mien. Oui, je la voyais, mais c’était dans le cadre du boulot.

Christine : On se croisait. [Rire]

Patrice : Je la voyais dans le cadre du boulot. Et donc, des difficultés qu’il peut y avoir aussi dans le boulot. Et on ne profitait pas assez justement. Tu vois, tu arrives à une date à un moment où tu te dis, à quoi ça sert à part participer à un système, à quoi ça sert qu’on bataille comme ça si on ne peut pas vivre des trucs, si on ne peut pas partager des trucs ensemble, en famille, avec notre enfant. Où est la raison de tous ces efforts. Voilà. Et du coup, avec ça, on a pu cumuler, comprendre en fait, se dire, bon voilà on bosse mais au moins, ça nous mène à vivre des trucs à se remplir de quelque chose plutôt que de travailler pour avoir des choses dont on ne profite pas du tout en fait.

Fabrice : Je comprends tout à fait. Après, cet état de réflexion, cette prise de conscience, vous avez franchi le pas comme dirait l’auteur d’un blog. Et donc, vous avez commencé par le sud de la France, ensuite l’Europe. Et ensuite l’Asie. Alors, de l’extérieur, on dirait que c’est un peu graduel. C’était voulu d’y aller graduellement, y aller petit à petit ?

Patrice : C’est tout à fait voulu. En fait, on est très prudents à la base, on n’est pas du tout… Moi, je suis quelqu’un qui calcule beaucoup, qui prévoit beaucoup, maintenant je le suis de moins en moins, je t’avoue. Maintenant, c’est à l’instinct, parce que tu te rends compte que ça ne sert à rien de calculer, tout peut se passer. Et qu’au contraire, c’est en déclenchant que ça se passe. Mais à l’époque, j’étais toujours avec un plan A, un plan B, un plan C, un plan Z et toujours à me dire si ça se passe mal et s’il y a tel problème et donc, on a même fait deux jours à notre domicile comme si on était des digitales nomade pour pouvoir savoir si ça se passait bien.

Christine : De tester avant pour pouvoir savoir s’il y a des difficultés tu sais comme ça. On a testé comme ça à la maison.

Patrice : Voilà. Après, on a testé pendant un weekend dans un gite. Puis, en s’éloignant de plus en plus.

Christine : En fait, on a fait plusieurs régions de France.

Fabrice : Ah oui, c’est vraiment progressif !

Patrice : C’est ça.

Christine : Mais, même nous avions fait plusieurs régions en France au départ. Puis, en même temps, ça nous a permis d’en découvrir certaines qu’on ne connaissait pas du tout. Donc, on a fait ça pendant 3 mois. On s’est dit, la première fois, ça marchait assez bien. Après, on a fait un test, on est partis au Maroc pendant un mois. Et vu que ça s’est très bien passé, qu’il n y a eu aucun souci, on s’est dit, bon ok, on peut attaquer l’Europe. Donc, on est partis. Il y a des régions où on est restés plusieurs mois en changeant de ville à chaque fois. Après, on revenait parce qu’on avait des coups de cœurs sur certaines régions. Donc, c’est vrai que …. Et puis, il y a tellement de beaux pays aussi, de belles choses à voir en Europe que c’était un peu difficile aussi de ne pas avoir envie de les faire.

Patrice : Et puis, one ne pouvait pas trop s’éloigner aussi avant parce qu’il faut dire qu’on avait l’entreprise de e-commerce toujours en France et que par contre, on rentrait pour Noël pour la grosse période puisqu’il y avait beaucoup de travail à Noël. Donc, on rentrait à chaque fois à Noël. Donc, on ne pouvait pas trop s’éloigner et en même temps, on avait un petit peur de s’éloigner et de se dire si on doit rentrer en urgence parce qu’il y a un problème, c’est compliqué. Et il faut dire aussi qu’avant on était avec la voiture. Du coup, ça change tout après.

Digital nomad en Asie

Fabrice : Là, vous êtes venus en Asie en 2016, c’est ça ?

Christine : Là, on est arrivés en Asie en novembre 2017.

Fabrice : Ah oui d’accord. C’est tout récent.

Christine : Voilà. On est restés deux mois au préalable dans le sud de la France pour justement préparer tout ça, pour préparer les vaccins et tout ce qu’il y avait à faire et prendre les billets et compagnies. Et on est partis début novembre 2017.

Fabrice : D’accord. Et là, si vous faites un petit bilan de ces premières années, si vous regardez en arrière, quelles ont été les choses les plus difficiles finalement, les principales difficultés ? Je parle plus au niveau équilibre, business, vie par rapport au mode de vie.

Patrice : Les premières années parce qu’elles étaient quand même les plus difficiles, c’est quand même plus compliqué quand il y a une entreprise avec des employés sur place parce que et puis parce que justement, tu as quand même une attache physique quelque part. Et quand tu rencontres des difficultés techniques et que tu n’es pas sur place pour les régler par exemple, quand il y a justement des problèmes de machines, etc. C’est toujours plus compliqué que si justement tu as plus d’attache et d’en trouver sur place. Et c’est vrai qu’on a rencontré quelques difficultés comme ça sur comment réagir quand il y a un problème, comment confier tous les … on ne peut pas décharger tous les problèmes sur un employé forcément et comment réagir quand il faut rentrer. Il y a eu des fois où on a dû justement retourner en urgence quand même en France parce qu’il y avait un problème qu’il fallait solutionner.

Fabrice : Parce que vous aviez, pour restituer pour bien comprendre, vous aviez donc une société de e-commerce, donc avec des employés, donc, vous étiez ce qu’on appelle une TPE, enfin je crois !

Patrice : C’est ça, avec un employé.

Fabrice : Mais, c’est quand même un employé. Enfin, entre 1 et 2. Je ne sais pas s’il y a une grosse différence…

Patrice : Parce que s’il y a un problème avec eux, ils peuvent les soutenir ou les remplacer. Mais, à Noël, c’est plus difficile je pense.

Fabrice : C’est vrai. Mais donc, depuis dans votre société, ça s’est passé. La société a fermé. Et depuis un ou deux ans, vous avez enchaîné sur une autre activité. Là, c’est aussi une structure différente, puisque là, Patrice, c’est ce qu’on appelle solopreneur, tu n’as pas d’employés, à moins que je me trompe. Tu fais peut-être appel à des freelances et tout. Donc, c’est une structure différente plus légère et qui est finalement plus adaptée – j’imagine – à ce mode de vie.

Patrice : Oui, franchement, en fait, si tu regardes l’entreprise : On l’a fermé, elle a été liquidée en Janvier 2017. C’était franchement très dur. On s’y accrochait, parce qu’on ne voulait pas fermer.

Christine : On l’a fait en 2005. Donc, ça faisait entièrement partie de notre vie. Donc, c’est vrai que c’était difficile quand même.

Fabrice : C’était un deuil à faire quoi !

Patrice : Il y a le deuil et puis, tu as l’impression d’avoir vraiment une grosse responsabilité par rapport à ton employé et d’avoir une grosse responsabilité par rapport à tes associés. Du coup, c’était très difficile de franchir le cap et d’accepter la fermeture. Donc, tu vois, tu l’as fait vivre sous perfusion pendant un moment parce que tu te dis, mais non on va la sauver ! Donc, quand on a fermé, on a vraiment tout perdu : Tout justement, plus de voiture, plus d’argent du tout. Et c’était peut-être la pire chose qui pouvait nous arriver en fait. On se disait vraiment c’est une catastrophe, tu te dis, il ne peut pas y arriver pire. Et puis, au bout d’un certain temps, tu te dis, et bien c’est la meilleure chose qui nous est arrivé. Voilà. Parce que tu coupes la jambe malade, et tu te remets à courir. Tu vois ?

Fabrice : Parfois, une amputation c’est mieux.

Patrice : Oui voilà. Tu t’amputes et tu te dis voilà. En fait, tu crois que tu ne vas pas t’en sortir, tu crois qu’il y avait que ça qui te permet d’être en fait. Et en réalité, c’est comme tout ! Si tu as vraiment ….

Fabrice : Mais, tu sais ce qui est difficile je crois, c’est que quand on fait quelque chose de plus longtemps, ça fait partie de notre identité en fait.

Patrice : Exactement !

Fabrice : ça fait partie de notre identité et du coup, comme ça fait partie de notre identité, en plus l’habitude et tout. Mais rien que le fait que ça fasse partie de notre identité, on a du mal à envisager le changement en fait.

Christine : On ne sait pas comment on va exister autrement en fait. On a l’impression que…

Patrice : Oui, c’est ça. Et puis, non seulement ça, il y a ça d’une part et il y a aussi la question de responsabilité où tu crois que c’est une trahison que tu arrêtes. Enfin, moi, j’avais l’impression de trahir nos associés en n’ayant pas réussi à conserver l’entreprise et la faire prospérer alors que j’étais à deux doigts d’y arriver. Tu as l’impression que tu ne peux pas, vraiment que tu vas tout perdre, que tu ne vas plus exister si tu n’existes pas à travers ce que tu avais pendant X temps. Et après, quand tu te dis que tu n’as pas le choix. Vraiment, quand on s’est dit qu’on n’a pas  le choix, il est arrivé un moment où on a dit qu’on va se relever. On a touché le fond, on ne peut plus rien perdre. La situation ne peut pas être pire puisque si d’ici trois mois, si on n’a pas trouvé de solution, on n’a plus de toit, on n’a plus un seul revenu, on n’a plus de voiture, on n’a plus rien. Au contraire, c’était le truc qui a permis de rebondir et de se dire et bien maintenant, on va trouver une solution et qui a permis qu’au contraire on soit encore plus libre aujourd’hui et qu’on soit encore mieux dans notre peau.

Fabrice : Donc, pas d’employés, pas d’associés, plus libres, plus heureux.

Patrice : C’est ça, exactement. On est encore plus dans le processus, et de se dire qu’on va…

Christine : C’est vrai que j’ai l’impression qu’on n’ose plus, c’est vrai que le fait d’avoir l’entreprise en France. C’était toujours un petit peu comme une sorte de boulet qui nous empêchait d’aller de l’avant en fait. Et là, on s’est senti quelque part malgré tout ce qu’on a pu vivre, on s’est sentis quelque part libérés. Et en fait, voilà, cette liberté à laquelle on tenait tant, on était entrain de l’atteindre. Et voilà. Ça, nous a quelque part libéré et nous a donné un nouvel élan.

Patrice : Et bien déjà parce que tu n’as plus la responsabilité par rapport aux autres de dire, mais je ne peux pas faire autre chose que ça, puisque je suis engagé auprès d’eux ou parce qu’il y a un employé là-bas, parce que là tu ne prends des risques que pour toi. Tu te dis par exemple en ce moment, donc, au niveau du business, il y en a deux de busines principaux : les micro-services sur 5€ pour situer où je fais beaucoup de rédactions web et la création de formations. Et bien, je peux dire, à ce moment là, j’ai besoin de libérer du temps parce que j’ai d’autres projets et tu prends le risque de dire, bon je vais faire moins de rédactions web, moins de contrats, tant pis je prends le risque, mais il n y a que toi qui prend des risques. Et du coup, tu avances en fait, parce que tu te mets à fond dans ton truc, tu as la tête libre et tu avances tout simplement, tu trouves toujours des solutions en réalité, parce qu’en étant nomade digitale, tu n’as pas les mêmes contraintes qu’en étant sédentaire, tu vois ? Tu adaptes ta vie à tes revenus et non pas le contraire. Ça, c’est quand même un point qui est très important dans le nomadisme.

Fabrice : Donc, pour bien comprendre là ton activité encore principale c’est du micro-service sur 5€ alors pour ceux qui ne connaissent pas 5euros.com c’est une plateforme où chacun peut proposer ses services. Alors, ça va de la rédaction web au graphisme, à la programmation. Enfin, tout ce qui est un peu geek en fait.

Patrice : Oui, tout est lié au webmarketing, c’est un peu geek. Mais, après, tu as des conseils pour les gens justement comment arriver à faire ceci ou cela ou ouvrir un compte en banque. Tu as beaucoup de choses. Il y a beaucoup d’aides administratives.  Il y a plein de petits services comme ça pour le grand public. Mais, c’est vrai que la majeure partie du business sur 5 € c’est beaucoup pour le web en fait, pour les services web, pour les blogs.

Fabrice : C’est l’équivalent du Upwork que tu dois connaitre aussi, sauf que celui là c’est français français…

Patrice : Mais, à part Upwork, tu réponds à des appels d’offres et tu essaies de négocier dessus, tant dis que 5€ c’est un service ferme que tu proposes avec des options : pour tant de mots, pour tant d’articles, c’est tant.

Fabrice : C’est un peu le bon coin du micro-service.

Patrice : C’est ça, à part justement voilà c’est très clair en fait. Les offres sont claires dessus. Et, en fait, ce qu’on peut reprocher, ce que les gens croient quand ils voient le nom 5euros.com, c’est que tu gagnes une misère dessus parce que tu te fais payer 5€ , ça, tu le trouves souvent mais en réalité, en t’y prenant de la bonne façon avec la bonne stratégie, 5€ : c’est vraiment un prix d’appel, mais sur l’autre service qui n’a rien à voir avec le prix que tu te fais payer au bout du compte. Pour te donner un ordre d’idées, moi j’ai une moyenne par commande de 140€.

Fabrice : D’accord.

Patrice : Donc, on est loin du microphénomène de 5€.

Fabrice : Ah oui, 5€ c’est plutôt l’équivalent de favor, je cherchais le mot.

Christine : C’est exactement ça, c’est l’équivalent de favor, c’est 5€.

Fabrice : Non, je disais avec l’accent c’est mieux, favor !

Patrice : [rire] On est en France.

Christine : Non, tu n’es pas en France. [rire] En français, voilà !

Fabrice : Donc, voilà, vous vous êtes reconvertis, vous êtes restés quand même dans le domaine du web. Mais, vous avez le web. Enfin, ce qui est chouette dans le web c’est qu’il y a tellement de modèles économiques différents, il y en a quand même beaucoup, donc ça permet de rebondir. Là, on a vu le côté business, j’aimerais qu’on voit un peu le côté logement, parce que c’est quelque chose d’important, surtout quand on a une famille, surtout quand on travaille sur la route, c’est important d’avoir…. On ne va pas dans des hôtels backpacker, enfin, on fait ça au début, etc, parce qu’on ne gagne pas beaucoup. Mais, au bout d’un moment, surtout quand on est en famille, je crois que c’est une option qui est révolue. Alors première question, vous étiez propriétaires, vous aviez une maison en France ? Comment ça s’est passé ?

Christine : Non, en fait, on était locataires. Ce qui a facilité le changement de vie puisqu’on a juste eu à déposer le préavis et voilà en tremblant ! En fait, on a déposé le préavis, mais c’est vrai que comme ça s’est fait assez vite, on se disait, bon au pire pendant le préavis si on change d’avis, ce n’est pas bien grave ! A ce moment là, j’avais quand même peur, j’étais très craintive.

Fabrice : Je comprends parce que ce n’est pas facile de retrouver un locataire quand on est au chômage en fait déjà si vous changez d’avis. C’est un petit risque !

Christine : Non, à ce moment là, on avait toujours l’entreprise mais c’est vrai qu’avec une entreprise, c’est assez difficile de trouver une location en fait. Ce n’est pas toujours évident de verser une grosse caution mais disons que c’est vrai que moi ça me faisait un petit peur de me retrouver à changer de logement fréquemment. C’est vrai que c’était ma crainte au départ de ne pas arriver à faire à ce mode de vie. Mais, c’était plus facile parce qu’on était locataires, on a rendu les clefs et on n’avait pas le choix, on était obligé de partir en fait.

Patrice : Il faut dire que le jour où on a rendu les clefs, quand on a pris la voiture, on était avec notre fils Logan qui avait 13 ans à l’époque. Lui, il était serein, ça ne lui posait aucun problème.

Christine : Oui, de partir, il n’avait aucun souci.

Patrice : Et autant on avait la crainte jusqu’où on va partir, mais ce qui est dingue, c’est que quand on est montés dans la voiture et qu’on est partis, on en a discuté et aucun de nous n’avait plus de craintes en fait. A partir du moment où tu t’es lancé dans le bain, ça y est c’était fait. C’était magique.

Christine : Il n y avait pas de regrets où on se disait mon dieu, mais qu’est ce qu’on vient de faire on est fous !

Patrice : Jusqu’à la veille, on était un peu stressés.

Christine : Du coup, c’est vrai que ça stresse beaucoup plus avec le déménagement quand tu dois tout vendre.

Patrice : C’est-à-dire, au dernier moment, on a tout vendu. Donc, il n y avait pas de retour en arrière possible.

Christine : Donc, quand tu vois la maison qui se vide.

Patrice : Il y avait une dernière personne du boncoin qui est venue prendre les dernières affaires. Il n y avait plus rien. Il ne restait plus que ce qu’il y avait dans le coffre de la voiture.

Fabrice : Et ensuite, quand vous êtes sur la route, donc vous ne passez que par des Airbnb. Comment vous les sélectionnez car il faut un minimum de confort, il faut un espace de travail. Enfin, je ne sais par expérience que ça demande un petit peu de recherches pour trouver ce que j’appelle un appartement digital nomade freindly. Je ne sais pas quelle est votre expérience ? Quel votre sentiment par rapport à ça ?

Christine : Disons que oui, c’est vrai que ça prend quand même un certain temps parce qu’il faut, bon, nous nous avons un certain nombre de critères sur lesquels on se base. Donc, en priorité d’avoir une bonne connexion internet. Donc, on contacte toujours le propriétaire, on le contacte avant de réserver pour lui poser des questions, pour être sûr que justement au niveau de la connexion internet, il n y a pas de soucis. On insiste bien là-dessus, des fois, on est même un peu lourds, parce qu’on n’a pas envie d’avoir une mauvaise surprise en arrivant. Donc, nous avons ce critère-là en priorité, après on met des critères basiques si possible d’avoir une machine à laver, avoir deux chambres c’est mieux. Des fois, ça nous est arrivé, on n’avait pas le choix, on n’avait qu’une chambre et Lougan dormait sur le canapé par exemple, canapé-lit. Mais voilà, on a certains critères. Bon, au niveau des espaces, moi je regarde au niveau des photos, le nombre de tables qu’il y a dans l’appartement ou dans la maison pour calculer et me dire voilà Lougan pourra s’installer là, Patrice ici, moi je peux me mettre là. Pour manger, tiens, il y a une table sur le balcon, et bien on mangera sur le balcon, voilà, on essaie de calculer au niveau des espaces de travail qu’il en est suffisamment pour nous trois, parce qu’à la base au départ, Lougan faisait ses études, donc, il avait quand même aussi besoin d’avoir un espace pour travailler. Donc, il fallait qu’on respecte ertains critères.

Fabrice : Et vous restez en général combien de temps dans une ville ?

Christine : Alors, au départ, on est partis sur la base de un mois, dès qu’on est partis, on s’est dit on va rester un mois au même endroit. Donc, on a fait ça pendant un bon moment. Après des fois, ça variait, des fois on restait deux mois.

Patrice : Il y a eu des fois où on est resté moins longtemps mais c’est plus rare.

Christine : Oui, une fois, je crois qu’on est restés 15 jours mais c’est parce qu’on attendait entre deux locations. Notre location se libère, donc on n’avait pas le choix, donc, on est restés 15 jours. Mais, ce n’est vraiment pas assez 15 jours, c’est très peu, le temps de s’installer, on repart de suite. Donc, c’est vrai que ce n’est pas… Au moins, c’était un bon compromis.

Patrice : Après, maintenant, on parle de rester plutôt deux mois par exemple. Mais, le seul truc c’est que quand on réserve on ne sait pas si au départ l’appartement et le lieu vont nous plaire, donc, on se dit, on met deux mois, si ça nous plait pas, ça va commencer à faire lent !

Christine : Il y a eu des endroits où on s’est dit, heureusement on n’a pris qu’un mois, parce que plus d’un mois, on n’aurait pas…. On aurait moins apprécié.

Patrice : Donc, un mois c’était un bon compromis, et après, quand on retourne dans les pays, on pourra songer à rester plus longtemps.

Christine : L’Espagne par exemple, on y retourne assez, enfin quand on peut y retourner, on y reste deux ou trois mois.

Fabrice : Et là, vous êtes bien en Thaïlande, parce que Shanghai c’est un des gros hubs de digitale nomade, c’est une ville très agréable au nord de la Thaïlande. Il y a beaucoup de … C’est vraiment une ville très agréable, plutôt petite.

Patrice : On est vraiment bien à Shanghai. On n’est pas trop….

Christine : On n’est pas dans le centre et on n’est pas dans le quartier des digitales nomades, on s’est mis un peu à l’extérieur. Mais, justement, il y a plus de …. Il y a beaucoup de lowcost !

Patrice : C’est très sympathique, il y a tout ce qu’il faut.

Christine : Oui, voilà ; nous avons tout à proximité, on est vraiment bien. La rivière juste en face. Voilà.

Le mode de vie d’une famille digital nomad

Fabrice : On peut y rester longtemps alors je pense ?

Patrice : 3 mois. On est restés 3 mois et….

Christine : La première fois quand on est venus, on n’avait pris qu’un mois, mais comme c’était l’Asie, je réservais en avance les locations suivantes. Donc, quand on est arrivés, on a eu un coup de cœur, on s’est dit, ah c’est dommage de repartir, on n’est restés qu’un mois. Mais, on avait déjà réservé pour le Vietnam, le billet d’avion, le logement et tout. Du coup, on s’est dit, bon ce n’est pas grave, on revient, on va voir s’il est libre à partir de telle période et on va y revenir et là, on va essayer d’y rester 3 mois.

Fabrice : Et ensuite, vous allez où ?

Christine : Alors, après, on va à Hong Kong, on va peut-être rester un weekend, enfin 2 jours, le temps de voir un petit peu la ville et normalement, ça devrait être la Corée du sud.

Patrice : Corée du Sud un mois et après…

Christine : Et après, 3 mois au Japon.

Fabrice : D’accord, le budget va être plus élevé.

Patrice : Là, le budget va être plus élevé.

Christine : [rire]

Christine : On fait un peu des économies là. Mais voilà !

Fabrice : Puisque je vous tiens là justement, une question sur le visa en Thaïlande, comment ça se passe parce qu’il y a eu beaucoup de changements ces dernières années ? Combien de temps on peut rester, 6 mois, pas plus de 6 mois, ou on peut encore re-sortir du pays et re-rentrer ? Comment ça se passe ?

Christine : Alors, sortir et rentrer comme ça se faisait il y a un moment, c’est vraiment de plus en plus compliqué. Sinon, c’est vrai que nous, on l’a fait au Vietnam le visa tourisme pour deux mois. C’était assez facile. C’est plus facile à faire.

Patrice : Il vaut mieux le faire au Vietnam ou à Malaisie qu’en France.

Christine : En France, c’est toujours un peu plus compliqué. Là, on l’a eu en 24 heures en plus, ça était très rapide. Donc, voilà. Après, il y a plusieurs visas, il y a de nouveaux visas, mais c’est beaucoup accès sur des visas qui s’adressent aux retraités, aux personnes qui ont plus de 50 ans. Mais, après c’est vrai qu’en cumulant un visa tourisme, une extension, peut-être après sortir. Je ne sais plus s’il y a un délai entre les deux, mais après tu peux revenir et voilà.

Fabrice : Donc, on peut rester plus de six mois dans un pays.

Patrice : 3 mois.

Christine : Voilà 3 mois, c’est déjà bien.

Fabrice : On peut rester plus de six mois dans le pays ?

Christine : Oui en cumulant oui. Après, il y a d’autres visas qui coutent un petit peu plus chères, qui sont plus complexes au niveau de la paperasse, voilà tout dépend, mais sinon, c’est vrai que rester 3 mois, après peut-être aller dans un pays voisin, revenir pour 30 jours gratuits et faire à ce moment là une extension. Enfin, voilà,  il y a plusieurs moyens de cumuler pour avoir plus de mois.

Patrice : Il faut vraiment montrer les revenus, etc.

Christine : Voilà, c’est un peu plus compliqué. Il y a plus de paperasse. Donc, c’est vrai que sur 3 mois, c’est assez facile en fait. Voilà, pour 3 mois, je trouve que c’est facile de venir pour 3 mois en tous cas. Après, c’est un peu plus strict maintenant.

Fabrice : Vous croisez beaucoup de familles digitales nomades comme vous sur la route ?

Christine : Alors, on en a croisé ! En fait, on se connaissait déjà. Donc, on en a profité de certains endroits pour se rencontrer… Oui, voilà, on se connaissait déjà en ligne par le biais d’internet. Donc, on en a profité quand on est dans certains endroits pour se rencontrer en vrai. Donc, on a rencontré une famille en France. Après, on a fait connaissance avec une autre famille en Espagne qui trouvait juste à côté de chez nous, dans une petite ville voisine. Donc, voilà, quand on a des opportunités de rencontrer des personnes qui seront nomades, on en profite.

Patrice : C’est vrai que le courant passe bien.

Fabrice : Vous avez peut-être rencontré la famille voyage ?

Christine & Patrice : Oui tout à fait !

Patrice : Justement, c’est l’exemple que j’ai dit. Le courant est très bien passé. C’est vraiment des familles cools.

Christine : En fait, on est changé par facebook au niveau des groupes qu’on fréquentait ceci et cela et quand j’ai vu qu’ils arrivaient, nous on partait, on ne restait qu’une semaine. Enfin, ils arrivaient, nous on allait partir. Donc, j’ai dit, ça serait peut-être l’occasion de se rencontrer. Et c’est vrai que voilà ils sont venus dans l’appartement où on logeait, ont bu le café et en fait, on s’est rendus compte qu’on avait plein de points communs tous. Et du coup, voilà pendant une semaine où on était encore dans Torremolinos en Espagne, on s’est vus fréquemment et voilà, ça s’est super bien passé.

Fabrice : Bonjour à Cédric s’il m’écoute. Je ne le connais pas en fait, mais je le connais seulement par Internet.

Patrice : C’est un mec super.

Christine : C’est difficile de se quitter. [Rire]

Patrice : C’est un gros coup de cœur, c’est ça qui est génial aussi, c’est qu’avec notre hobbies nomade, ce qui est quand même important, c’est que souvent on souligne que ce soit pour les gamins, par exemple, la vie nomade, ça posait problème de sociabilité, je peux te dire que depuis qu’on est partis, c’est tout à fait le contraire, et qu’on n’a jamais eu d’aussi belles rencontres que depuis qu’on est nomades. On a une nouvelle famille en Espagne qui étaient nos hôtes Airbnb quand on est allés là, et qui sont devenus notre famille. Très sincèrement, on était invités à leur mariage, on doit passer Noel ensemble dès qu’on retourne en Europe. C’est des gens qui sont très chers à nos cœurs maintenant. Et c’est pareil, avec Cédric et sa famille, c’est des gens qui sont très chers à notre cœur….

Fabrice : C’est l’avantage d’être une minorité tu vois. Quand tu es une minorité. C’est comme un peu les motards, ils se saluent sur la route, tu vois ? Les digitales nomades, il y a un peu de ça, non ? Il y a un peu de ça quand t’es une minorité, ça favorise un peu.

Patrice : Je ne sais pas si c’est que ça. Je pense que ça peut être dans l’esprit aussi, parce que regarde, on a beaucoup d’hôtes Airbnb, avec lesquels, on a vraiment fraternisé, quand on est allés manger justement ensemble au restaurant, qu’on échangeait beaucoup, et avec qui on est restés en contact. Tout cela, tu ne peux jamais l’avoir avec une vie sédentaire. Avec une vie sédentaire, tu restes dans ton cercle souvent.

Christine : C’est rare que tu ailles manger au restaurant avec ta propriétaire. [Rire]

Patrice : Voilà. Avec un propriétaire, c’est rare que tu ailles lui parler parce que tu ne le connais pas tandis que là, tu te dis, le type il a l’air sympathique, tu te pousses pour avancer et pour sociabiliser et tu as des surprises. Et ces surprises, tu ne les as pas parce que tu restes dans ton cercle en général. Je pense c’est vrai qu’il y a ce truc que tu dis parce que justement ils sont une famille nomade, on dit,  on va se rencontrer en tant que premier nomades et tu as des surprises étonnantes mais c’est vrai qu’on a rencontré ce microphénomène avec des hôtes avec qui on a partagé…

Christine : Même il y a une chose, une activité qu’on a découverte et je regrette qu’on n’avait pas faite plutôt quand on était en Europe, c’est les visites guidées gratuites, enfin gratuites, en fait, tu donnes …

Fabrice : Free machin. C’est un mec qui connait bien la ville, qui est passionné et qui te fait visiter la ville « gratuitement » parce que tu lui donnes un pourboire.

Christine : En l’occurrence c’est des associations, c’est des étudiants. Et après, au final, tu leur donnes un pourboire à la fin de la visite quand même. Et donc, la dernière fois, on l’avait faite en Grèce, à Athènes. Et on a rencontré la personne qui faisait cette visite, elle avait une soixantaine d’années. Et en fait, on a discuté, on a accroché, elle était un peu [rire] elle avait une vision de la vie qui nous a éblouis, une belle vision de la vie. Et on a accroché.

Patrice : Elle t’apprend les dessous de la Grèce, ce qui s’est passé réellement, elle nous a tout expliqué, voilà.

Christine : Ce qui est aussi intéressant en faisant ce type d’activités, c’est de découvrir un pays avec les yeux d’un habitant. Donc, tu le vois différemment. De tout ce qu’on te montre à la télé ou dans les médias ou de ce que tu peux entendre. Et donc, voilà. Tu as une vision différente, tu en apprends beaucoup, et ça peut faire donner de belles rencontres. Et nous, ça était de belles rencontres pour boire un verre ensemble, on est restés en contact. Voilà.

Fabrice : C’est en effet, un truc sympa à faire lorsque vous visitez une ville, je le fais souvent en fait, quand j’arrive dans une ville. Et c’est assez simple, il suffit de taper sur Google « free + le nom de la ville » et souvent, vous tombez sur ce qu’il faut. Et en général, en effet, c’est sympa.

Christine : Oui, ça, c’est vraiment un truc que je conseille souvent. On l’a découvert un peu tardivement, on a pu le faire à Budapest en fait, à Sophia et à Athènes. Mais c’est vraiment sympa, je trouve et puis même des fois, les personnes qui sont avec toi dans le groupe.

Patrice : Par contre, il faut le faire avec cet esprit là, si vraiment tu veux le faire, il faut le faire avec cet esprit là et pas rester dans ton coin même si tu es en groupe parce que c’est ça aussi de rester en famille. Quand tu es seul, tu as plus tendance à aller vers les autres. Quand tu es en famille, tu peux avoir tendance à te replier sur ton petit mini-cercle familiale et parler entre groupes tu vois ? Et si tu fais free working tour, ce qui est bien c’est vraiment aller parler aux autres qui participent au free working tour, savoir ce qu’ils font, etc. On a mangé au restaurant justement avec une famille israélienne…

Christine : Et bien, nous quand on l’a fait à Athènes, en fait, dans le groupe, on était juste deux familles : il y avait la notre et il y avait une autre famille qui était très grande : Ils étaient au moins 10 en fait ! Et voilà, au final, à la fin de la visite, on a mangé tous ensemble au restaurant. Donc, c’est vrai que c’est sympa. Tu rencontres d’autres personnes…

Patrice : C’est bien de s’intéresser aux autres en fait !

Christine : Tu en apprends sur d’autres cultures. C’est un truc vraiment sympa je trouve. C’est un truc à faire.

Fabrice : Alors Christine et Patrice, j’ai une question pour vous. Imaginez-vous là, vous serez célibataires, est-ce que chacun – je sais c’est difficile à imagine mais… – est-ce que ça serait un mode de vie que vous pourriez faire pendant plusieurs années ? Parce que la particularité de ce mode de vie, c’est qu’on est un peu solitaires quand même grosso-modo. Sauf que quand on est en couple, quand on en famille, c’est forcément plus facile, je trouve. Mais, quand je regarde autour de moi, il n y a pas forcément beaucoup de digitales nomades qui font ça pendant 5 ou 10 ans en fait, souvent à un moment, ils se posent, je parle des célibataires. Donc, je ne sais pas est-ce que vous vous êtes déjà posé la question ?

Patrice : Déjà, c’est difficile de s’imaginer célibataire, ça fait presque 12 ans qu’on est ensemble.

Christine : ça fait très longtemps. Depuis nos 19 ans ! Donc, ça fait très longtemps en fait !

Fabrice : C’était avant Internet ou après Internet. Je plaisante !

Patrice : C’était avant l’apparition de la télévision. [Rire]

Christine : Si en noir et blanc à l’époque !

Fabrice : Attendez, Internet, ça doit être fin des années 90, on n’est pas loin !

Patrice : Non, mais nous, il n y avait pas Internet à l’époque.

Christine : [rire] Non, il n y avait pas internet.

Fabrice : C’est mi-90 plutôt, j’exagère.

Patrice : Donc, on s’était connu avant Internet. C’était le minitel.

Christine : C’est difficile de s’imaginer célibataire et puis en plus je ne sais pas surtout après ça dépend à quel âge, si à l’époque, est-ce qu’on a 20 ans, est-ce qu’on a 30 ans, ou 40 ans.

Patrice : Si j’étais célibataire aujourd’hui, je continuerai ma vie de nomade. C’est sûr et certain.

Christine : Tu veux dire, si on se sépare.

Patrice : Ah oui si on ne pouvait plus être ensemble.

Fabrice : Je ne vous demande pas de faire le test.

Patrice : Oui, moi je continuerai ma vie de nomade.

Christine : Moi aussi. Franchement, j’aurais peut-être peur de le faire seule car ça fait tellement longtemps qu’on est ensemble, mais je pense que je continuerai.

Patrice : Quitte à se reposer quelques mois pour avoir l’esprit sain, mais bon je ne serai plus avec ma femme, je ne voudrais plus d’autres accroches.

Fabrice : Ah c’est beau. C’est mignon !

Christine : Non, mais c’est vrai que c’est difficile de s’imaginer célibataire. Je ne sais pas !

Patrice : Je sais que Logan a commencé à parler de partir de son côté. Il a 18 ans. Il prévoit ça pour peut-être dans 2 ans. Je sais que lui, il dit qu’il ne compte pas faire complètement nomade. Et peut-être aussi 6 mois à un endroit, 6 mois à un autre. Mais, c’est vrai que lui, il parle d’avoir plus une accroche sans être installé, mais d’avoir 2 ou 3 endroits de prédilection.

Christine : Mais pas de changer tous les mois en fait. Et peut-être que nous aussi on viendra à ça après, on aimera ça et qu’on va être fatigués la semaine prochaine.

Christine : Même des fois, c’est vrai que ça fait 5 ans qu’on fait ça de changer tous les mois et c’est vrai que des fois, tu te dis un mois, ça passe quand même vite. C’est vrai que des fois, on aurait envie de rester plus longtemps à un endroit.

Patrice : Si un jour on est fatigués, honnêtement je ne le vois pas dans bientôt. J’espère qu’on sera assez en forme pour continuer longtemps comme ça. On n’a pas de plan de dire, on arrête de voyager. Même quand on en parle, on se dit, je ne me sens pas. Je sais que quand on a eu 3 mois en un même endroit, honnêtement, ça commence sérieusement à nous tirer dans les jambes.

Christine : Oui, c’est vrai. Trois mois, c’est le maximum.

Patrice : Ça commence à être difficile pour nous de rester plus longtemps.

Christine : [38.52] Peut-être qu’après en vieillissant, on aura peut-être envie de rester 6 mois à un endroit. Puis, après de changer, voilà d’avoir deux endroits et de mixer entre les deux.

Patrice : Notre règle dont on parle, c’est ça, c’est d’avoir par exemple un pied à terre en Andalousie, tu vois ? D’avoir un endroit où on peut se reposer en Andalousie fixe pendant 6 mois et partir voyager pendant 6 mois. Ça, ça sera peut-être quand on commencera à être fatigués, peut-être que c’est ce qu’on essaiera de faire.

Fabrice : Merci d’avoir répondu à la question en détails. Donc, moi ce que j’en ai conclu c’est que vous n’imaginez pas du tout être séparés, donc ça c’est bien ! Alors, pour terminer, vous avez évoqué Logan, et on va terminer sur votre fils, enfin, sur le fait de voyager avec un enfant, puisque tout le monde devra se poser la question. Alors, l’école comment vous faites ?

Christine : Alors, l’école. En fait, depuis qu’il était au CE2, donc depuis ses 8 ans, on avait décidé par choix éducatif de faire l’école à la maison. Donc, il faisait déjà l’école à la maison. Il avait connu l’école physique. Mais voilà.

Patrice : Avec des cours en ligne !

Christine : Oui voilà. Donc, on a essayé de faire l’école à la maison. On avait pris des cours en ligne, on a testé différentes écoles. Et puis donc, voilà, il avait déjà, il connaissait déjà ça. Et donc, quand on est partis, c’était assez simple de continuer de poursuivre, par contre là on a opté pour le CNED parce que il y avait cette possibilité d’avoir les cours en version numérique, ce qui était beaucoup plus simple en voyageant. Parce que c’est vrai que transporter 10 kilos de livres en plus, c’est vrai que ce n’était pas évident. Donc, à ce moment là, on a poursuivi avec le CNED parce que c’était plus simple. Donc, voilà c’était assez facile à mettre en place au niveau du travail, puisque si tu veux il avait déjà… il faisait déjà l’école à la maison. Et sinon, après, c’est une question d’organisation et d’avoir, de se tenir à certaines heures de travail par jour, de travail scolaire et voilà.

Fabrice : D’accord. En gros, c’est de la discipline et de la motivation.

Christine : C’est ça voilà. Il y a une certaine discipline et après ça roule tout seul.

Patrice : Et rapidement, on lui a laissé les reines de dire « il devait rendre des comptes ». Mais, c’est lui qui organisait son emploi du temps. Tu sais, on a une mentalité quand même d’entrepreneur et donc, on voulait que notre fils soit un auto-entrepreneur et qu’il prenne son propre destin en mains. Et donc, c’est lui qui organisait son emploi de temps, c’est lui qui organisait ses passions et donc, par exemple, il décidait je fais les cours, l’école le matin. L’après-midi, je fais plutôt apprendre à programmer, apprendre à dessiner, apprendre la musique, enfin il décidait des différents trucs qu’il faisait. Et je trouve que ça lui a beaucoup appris justement au niveau de ça, de savoir être responsable, être autonome, de pouvoir gérer comme ça sa destinée en gros.

Fabrice : Et lui, ça ne lui a jamais manqué ses amis, avoir un groupe d’amis, etc. les booms, non ?

Patrice : Les booms alors là, je peux te dire attention les booms, ah là, on va avoir ton âge, attention !

Fabrice : C’est vrai. Ce n’est plus le mot. Je commence à être fatigué, je commence à dire des conneries là. Ça fait vieux du coup ! Du coup, là je pense à la musique du boom et à Sophie Marceau, parce qu’il est tard, je ne sais pas je vais aller me coucher et je penserai à Sophie Marceaux. Elle ne m’écoute sûrement pas, bon ce n’est pas grave. Par quoi, on va conclure, parce qu’il est presque plus de 40 minutes qu’on parle, et il y aura bientôt la cloche qui va sonner, la cloche de la limite des interviews. Oui, alors Logan, si j’ai bien compris, vous en avez fait un apprenti, un futur digitale nomade, bravo !

Patrice : Oui, et puis surtout un entrepreneur je pense quand même. Bon, là, il a arrêté les études. Il nous a présenté son plan d’arrêter ses études. En fait, en gros, il a arrêté au niveau du bac, avant le bac quoi. Et pour pouvoir mener ses projets d’entreprenariat, il essaie de se construire des revenus passifs à travers des applications pour mobiles, à travers quelques services sur 5 euros. Il se construit des revenus passifs et en même temps, il continue à apprendre.

Christine : Mais, il continue à apprendre.

Patrice : Surtout, il continue à apprendre ce qu’il veut.

Christine : Mais dans les domaines qui l’intéresse, qui lui apporte vraiment quelque chose sur le plan professionnel ou personnel. Donc, voilà, il continue quand même à se former en plus.

Fabrice : Oui, ce qu’il a fait, j’ai vu une application pour les aveugles, alors c’est quoi exactement cette application ?

Patrice : C’est une application qui s’appelle « Lis » et qui en fait, tu passes le téléphone au dessus du code à barres. Si tu es malvoyant, c’est facile. Si tu es aveugle, tu passes lentement au dessus du paquet. Et dès que ça va rencontrer le code à barres, ça va le voir, ça va lire toutes les informations sur le produit, le contenant, etc. Tout ce qu’il y a à savoir sur le produit.

Christine : Les ingrédients, ce n’est pas juste le nom du produit. Ça donne des informations qui sont liées au produit. Voilà pour le médicament, c’est quelque chose qui aide beaucoup.

Patrice : Exactement, ça va dire la date limite du médicament, ça va dire la posologie, ça va dire toutes les informations sur le médicament. C’est une des nouvelles fonctionnalités qu’il a ajoutées il y a quelques mois et qui sont vraiment utiles, parce que c’est vraiment tous les médicaments que ça lit et que les aveugles ou les malvoyants, même les personnes âgées n’arrivent pas à lire en tout petit, ça permet de donner quelques informations sur le médicament en question.

Fabrice : D’accord. Bravo à lui. Il a déjà des revenus passifs. Il a déjà mis en place une application. C’est chouette bravo. Je crois qu’on va le suivre. Bon écoutez, on va peut-être conclure à moins que vous avez une dernière chose que vous voulez aborder, un dernier truc à ajouter pour conclure ou pas…

Patrice : Ecoute, je ne sais pas. Je n’en sais rien. J’espère juste qu’un témoignage comme celui là, ça fait dire à tout le monde que tout est possible quelque soit la situation.

Christine : Quelque soit l’âge.

Fabrice : Quelque soit l’âge, ça c’est important aussi et puis même en famille parce que beaucoup avant de nous contacter par exemple se posaient la question si c’était possible en famille car on croit toujours que c’est plus compliqué, comme tu le disais tout à l’heure, c’est plus facile en famille alors que le ¾ des gens pensent que c’est plus difficile.

Christine : Oui, parce que beaucoup de gens ne prennent pas en compte que c’est une envie commune.

Patrice : ça pousse un petit peu les gens à sortir surtout pas ceux qui sont heureux dans leur vie, c’est bien tant mieux, c’est génial. Mais, tous ceux qui sont un peu prisonniers de leurs vies, qui croient qu’il n y a pas de sortie de secours, qu’il n y a pas d’alternative et bien qu’ils sachent qu’il y a toujours une alternative, et puis, quelque soit la situation, c’est toujours mieux que d’être triste tous les jours.

Christine : On peut changer de vie !

Fabrice : Voilà, on va finir sur cette conclusion. Merci Christine et Patrice.

Patrice : Merci à toi.

Fabrice : Je rappelle le nom de votre blog, je ne vais pas me tromper de sens : famillenomadedigitale.com. Je mettrai le lien dans la description, en dessous comme d’habitude. Et puis, voilà. J’invite tout le monde à visiter votre site. Si certains veulent se lancer sur 5euros, Patrice a mis au point une formation pour aider, il en a parlé un peu pour aider les gens à gagner des revenus via les micro-services sur 5€. Alors, ce n’est pas la formule magique, évidemment, il faut bosser les gars comme dans tout. Et ce n’est pas Patrice qui va dire le contraire mais voilà, il a le mérite que cette formation existe. Vous la trouverez sur leur blog, et puis, je crois que j’ai tout dit. Je ne sais plus comment on peut dire Au revoir en thaïlandais.

Christine : Lagon. Moi, j’ai une mauvaise prononciation.

Fabrice : Lagon à vous deux et puis bonne route et à bientôt. Ciao, ciao.

Christine & Patrice : Ciao, ciao, merci.

 

 

Vous avez aimé cet article ?

Notez-le en 1 clic

[Total : 3    Moyenne : 5/5]

Faites tourner sur les réseaux ! (déja 29 partages)

Commentez via Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *