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IVCAST 80 : Mélusine Mallender, voyager en moto pour la liberté

Mélusine Mallender voyage en moto à travers le monde depuis une dizaine d’années. Voyager en moto pour plus de liberté, mais aussi pour aller à la rencontre des femmes dans le monde et de ce que signifie la liberté pour elles. 

 

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A propos

Mélusine Mallender traverse actuellement l’Amérique Latine en moto. J’ai pu la rencontrer lors d’une courte pause en France pendant son voyage. La liberté, c’est le mot qui revient le plus souvent dans ce podcast.

La liberté du voyage en moto, mais aussi et surtout la quête de la liberté des femmes dans le monde.

Les liens :

L’Instagram de Mélusine pour la suivre

Sa page Facebook.

– Ses documentaires en DVD !

Et :

– Le groupe Facebook Digital Nomad Starter

– Mon coaching.

 

Merci d’avoir écouté !

 

Transcription

Une passion pour le voyage en moto

Fabrice : Bonjour à tous. Bienvenus sur ce nouvel épisode du podcast et aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Mélusine Mallender, qui se définit elle-même comme une exploratrice à moto que vous connaissez peut-être parce qu’elle a réalisé plusieurs documentaires qui sont passés sur les chaînes du câble, sur les chaînes voyages notamment. Et elle réalise depuis plusieurs années des expéditions à moto à travers la planète. C’est bon, je t’ai bien présentée l’exploratrice en moto ?

Mélusine : [Rire] Oui, c’est parfait.

Fabrice : Parce qu’on pourrait dire, j’ai vu que tu faisais de la plongée, tu avais été monitrice de plongée, tu as fait de l’alpinisme même. Tu es costumière à tes heures. Tu as un couteau suisse en fait.

Mélusine : Oui, c’est à peu près ça. Je ne fais pas une chose, je fais plein de choses. Et voilà. C’est vrai que c’est compliqué de dire en une seule phrase qui je suis. Mais, voilà, je suis Mélusine.

Fabrice : Voilà, on va revenir un peu sur tes différentes expéditions que tu as faites. J’ai lu que tes parents étaient des motards à la base. Donc, on sait d’où vient ta passion de la moto. Ils font encore de la moto d’ailleurs ? Tu as déjà fait des voyages avec eux ?

Mélusine : Oui, mes deux parents sont motards. Ma mère a arrêté, mais elle avait aussi une tiger triumph comme moi. Et mon père est toujours en motard. Et nous sommes allés sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle juste avant cette année. Mais, pour juste faire le chemin tous les deux en moto, c’était super chouette on s’est vraiment régalé. Lui, il a une vieille transalp de 30 ans. Et c’était un vrai plaisir.

Fabrice : Ah d’accord. C’est super sympa de faire des voyages comme ça en famille. Tu as de la chance quelque part.

Mélusine : Père fille !

Fabrice : Père-fille, oui. Et alors, en ce moment, ta moto elle est à Bogota, dans un garage soigneusement gardé j’imagine. Et là, tu es venue je crois pour deux semaines à Paris, notamment pour aller au salon de la moto, enfin pour différentes choses, je ne sais pas, c’est ça ?

Mélusine : Oui, c’est exactement ça. Le mondial de la moto, d’autres conférences aussi, voir ma famille, manger un peu de fromage et repartir du bon pied.

Fabrice : Voilà. Et avant de parler un peu de ton voyage actuel. Alors, en 2010, tu as fait une première traversée de l’Asie jusqu’au Japon avec une 125 cm3. Alors, puisque je sais ce que c’est que de voyager avec une 125cm3, parce que j’avais traversé l’Afrique de l’Ouest en 2006 avec une 125cm3. Mais, c’était peut-être pire, parce que c’était une Honda, tu sais le genre de motos que tu achètes là en Afrique, les Honda chinoises, à 400€ à l’époque. Franchement, c’était physique sur les pistes. Les vibrations dans les mains et tout. Là, ça doit être physique.

Mélusine : Oui, c’était hyper physique. Mais, c’était aussi une histoire très sentimentale, parce que c’était vraiment ma moto, ma vieille moto. Donc, on a fait ce voyage là. C’était un peu une manière pour moi de lui dire au revoir. Et c’était une initiation, une vraie initiation.

Fabrice : D’accord. Et tu es allée jusqu’au bout alors ?

Mélusine : Je suis allée jusqu’à Vladivostok après 4 mois et 22500 kilomètres, après la Mongolie, Kazakhstan, Ouzbékistan et à Vladivostok, la moto a dit, maintenant ça suffit laisse-moi tranquille, dernier accrochage et elle est restée là-bas.

Fabrice : Tu as versé une larme ?

Mélusine : [Rire] Oui, j’ai beaucoup pleuré.

Fabrice : Non, parce que moi tu vois quand je l’ai vendue à un garagiste à Dakar, je l’ai caressée. Le mec m’a pris un peu pour un taré je pense. Pourtant je n’avais fait que 3 mois. Alors toi, je n’imagine même pas !

Mélusine : Ah non, je perdais ma partenaire. Donc, c’était très douloureux. Et en même temps, c’était comme ça. Mais, non, c’est toujours avec un pincement au cœur que je pense à elle.

Fabrice : Okay. Et en 2011, tu es montée en gamme cette fois-ci, tu es sur une 800. C’est ça ?

Mélusine : C’est ça. [Rire] oui une crossrunner.

Fabrice : C’est déjà le grand écart. De 125 à 800 ! D’ailleurs, qu’est ce que ça fait, en fait, je ne connais pas pour le coup, cette montée en gamme je veux dire, ça change quoi ? Ça change vraiment la façon de voyager en moto, évidemment, c’est moins physique, c’est plus confortable, tu vas plus vite, tu peux emporter plus de choses, c’est ça ?

Mélusine : Je ne sais pas si c’est moins physique. Ce n’est pas la même chose. C’est-à-dire, c’est beaucoup plus puissant. Donc, c’est vrai qu’on ne fait pas exactement les mêmes bornes. Enfin, en tous cas, pas avec la même facilité. Mais, je peux charger plus la moto. On peut être à deux. Alors qu’avec la 125, à deux plus le chargement, on réfléchit deux fois ! On pense beaucoup à la suspension. Et puis, non, c’est vrai qu’il y a un confort. C’est vrai qu’au niveau de la suspension, on n’a pas du tout la même chose. Mais, pour moi, c’était bien aussi de montrer que c’était faisable, parce que souvent quand je suis partie avant avec la 125. Les gens me disaient : « Ah partir avec une 125, ça va pas ! Tu es folle ! Tu n’arriveras jamais ». Quand je suis rentrée aujourd’hui, quand je suis arrivée c’est normal, c’était une 125, c’était facile parce que c’est petit.

 

Mélusine Mallender sur les routes d’Asie

Fabrice : Ah bon ? Ils sont gonflés les gens !

Mélusine : Mais oui ! Après quand je suis partie avec la 800, ils ont dit : « Mais ça va pas, c’est trop lourd pour toi ! ». Donc, en fait, quoi que tu fasses, on va te critiquer ! Et puis, l’idée était aussi de montrer que je pouvais être avec une plus grosse moto et plus lourde, mais que c’était toujours faisable, que si on a envie de voyager, finalement c’est dans la tête d’abord. Et l’avantage, c’est que tu as moins de problèmes mécaniques avec une 800, qu’une 125, non ?

Mélusine : On a moins de problèmes avec une moto neuve qu’avec une vieille moto. C’est surtout ça.

Fabrice : Oui, c’est vrai ça.

Mélusine : [Rire] C’était plutôt ça. Et maintenant, je suis avec la Tiger 800 qui est vraiment préparée pour l’aventure. Donc, je suis protégée avec tout ce qu’il faut et là, c’est vraiment beaucoup plus confortable. C’est le grand luxe.

Fabrice : Et donc, avec cette 800, tu as fait les routes Persanes? Donc, c’était un voyage en Asie centrale et en Iran notamment.

Mélusine : Iran, Tadjikistan, Kirghizistan et je suis rentrée en France. Voilà.

Fabrice : Et d’ailleurs, tu sais quoi, j’ai une bonne amie qui t’a rencontrée en Tadjikistan d’ailleurs. Je lui ai dit que j’avais fait une interview avec Mélusine, elle était comme une folle. Je te jure elle a failli venir pour se cacher quelque part, elle est peut-être par là d’ailleurs, je ne sais pas.

Mélusine : [Rire]

Fabrice : Mais, oui, elle t’avait rencontrée un soir je ne sais pas, je crois que tu campais quelque part. Bref, elle s’est rappelée de ça. Depuis, elle est fan, elle te suit et tout.

Mélusine : C’est bien. Ça prouve que je ne suis pas toute seule. Il me faut ces fans là ! Les gens n’y croient pas parfois. Ils disent que ce n’est pas possible, tu filmes, il y a une équipe qui te suit ! Mais.., non, je suis vraiment toute seule.

Fabrice : Ah c’est clair. Je confirme. Elle m’a raconté que tu étais vraiment toute seule ! Bon, bref, elle était admirative. Donc, ça c’était en 2011. Ensuite, tu as fait un voyage en Asie, un autre non ?

Mélusine : Non, je suis partie en Afrique de l’Est : Éthiopie, Somalie, Djibouti, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi et Tanzanie. Voilà.

Fabrice : Les plus belles parties de l’Afrique.

Mélusine : C’était magnifique, c’est vraiment très beau. C’est vraiment de très beaux pays.

Fabrice : C’était plus dur ou plus difficile de voyager en moto là qu’en Asie ou pas ?

Mélusine : La route est plus rock’n’roll dans ces coins là. Là, j’ai vraiment éprouvé la moto, le sable, la boue.

Fabrice : Tu es contente d’avoir une 800 là, d’avoir quelque chose qui dépote, alors qu’avec avec une 125 imagine !

Mélusine : [Rire] J’imagine oui ! J’étais très contente.

Fabrice : Rien que pour les suspensions déjà ! Donc, ça, c’était l’Afrique, c’était en 2014. Et puis, ensuite, ces voyages tu as commencé à monter des documentaires. La série qui s’appelle…

Mélusine : « Ne te dégonfle pas ! » sur la chaîne « Voyage ».

Fabrice : Alors, ils y a déjà des rediffusions ? Je ne sais pas… Où on peut la voir ?

Mélusine : Oui, c’est rediffusé régulièrement. Il y a 11 épisodes maintenant.

Fabrice : Parce qu’en fait à travers ces voyages, et pas seulement ce voyage en moto, ce n’est pas seulement découvrir des pays. Tu as aussi un projet derrière, enfin une thématique, qui est celle de la liberté notamment, de la condition des femmes, c’est ça ?

Mélusine : Oui. Alors, vraiment le thème principal, c’est la liberté, c’était surtout d’aller dans des pays qu’on ne connaissait pas bien, d’aller par exemple en Iran, ou Rwanda, ou Bangladesh, aller dans ces endroits qui ne sonnent pas forcément à première vue comme des destinations de vacances pour aller sur place et se rendre compte de ces réalités. Aller avec la moto toute seule, et justement discuter de ce que signifie la liberté dans ces endroits là, dans ces endroits qu’on assimile justement plutôt fermés, plutôt difficiles et d’aller poser la question en particulier aux femmes qui sont souvent les premières victimes d’un manque de liberté.

Fabrice : Et pour toi, c’est ce que tu recherches dans le voyage ? Ou bien qu’est ce que tu recherches exactement ? C’est vraiment cet aspect, c’est vraiment essayer d’appréhender ce qu’est la liberté dans d’autres pays ?

Mélusine : Je crois que ce que je recherche c’est d’avoir plutôt ce qui nous rapproche dans ce qu’on pense de la liberté. Et en fait, c’est un peu, je crois que tout être humain dans un sens recherche une forme de liberté à sa manière. Et du coup, c’est plutôt toutes ces choses qui font de nous des êtres humains que je cherche à voir et à regrouper et qui me fascine en fait. C’est au travers de nos diversités culturelles. En fait, voir plutôt ce qui nous met en commun.

Fabrice : Dans certains pays que tu as traversés, la liberté de la femme est réduite ! Mais, il y a quand même, j’imagine que ça t’a touché parfois des femmes que tu as rencontrées. Je ne sais pas, peut-être que tu penses à… Est-ce que tu as comme ça en mémoire des rencontres qui t’ont touchée ?

Mélusine : Oui, il y a énormément de rencontres qui m’ont touchées. C’est vrai que quand on parle de liberté, quand on pose la question de la liberté, il faut aussi accepter des réponses. Et forcément, il y a des moments où les réponses ne sont pas toujours évidentes à entendre. Mais en même temps, de très belles rencontres, dont au Népal, une ancienne fille offerte en esclavage aux familles riches. Et cette jeune femme avait été esclave pendant 7 ans et avait été sauvée par une ONG, qui du coup, l’avait rachetée. Ils font tout un travail comme ça. Ils ont pu sauver 12000 filles au Népal.

Fabrice : 12000 ?!

Mélusine : Oui, 12000. Il en reste encore 400 à peu près. Mais tout le travail de l’ONG, notamment avec cette fille qui s’appelait Sano, travail pour essayer de changer les mentalités. Et elle, elle me disait avec son immense sourire que ça avait été très difficile. C’était une joie juste indescriptible quand elle est sortie de cet esclavage-là. Et surtout, elle expliquait que c’était compliqué d’apprendre à choisir, d’apprendre à être libre, parce qu’elle avait dû tout apprendre. Mais en même temps, c’était merveilleux de pouvoir même juste décider soi-même, de boire un verre d’eau, d’aller peut-être juste dehors et ne rien faire. C’était en soi une liberté qui était complètement totale et qu’elle découvrait. Et en fait, chaque instant, elle le savourait.

Fabrice : Oui, parce que finalement, une des définitions de la liberté, c’est avoir le choix finalement.

Mélusine : Oui, totalement ! Et après, « plus on a de choix » et plus on a de libertés. Après, nous en France, on assimile souvent liberté et bonheur. Et dans d’autres endroits, ce n’est pas forcément lié.

Fabrice : C’est-à-dire ? Parce que forcément, si tu as plus de choix, même si on dit que : « Justement avoir trop de choix, ça nuit au bonheur, parce que justement, on n’arrive pas à faire des choix ». Il y a un peu de ça, c’est vrai. Mais globalement, dans ta vie, plus tu as de l’altitude pour choisir, plus tu peux faire en sorte que ta vie colle à ce que tu veux faire, colle à ce que tu veux devenir.

Mélusine : Oui, c’est vrai. Mais, on est dans …. Si je parle de certaines femmes qui ont moins de choix ou qui vont avoir par exemple… dont on va arranger le mariage. Et bien, elles ont un choix qui est réduit. Mais, ça ne leur empêche pas de trouver une forme de bonheur à travers leurs enfants, peut-être d’aller voir leurs familles. Et heureusement parce que c’est aussi notre force d’être humain et de trouver des moments de bonheur, même dans des moments, où on n’a pas forcément beaucoup de choix, et on crée d’autres choix. Et oui, je pense que c’est vraiment notre force !

Fabrice : C’est clair, cette capacité d’adaptation.

Les chemins de la liberté

Mélusine : Oui, c’est ça. Et du coup, en fait, la perspective de liberté est différente de chez nous. Et elle est beaucoup plus limitée. Mais, ça n’empêche pas forcément… Enfin, si ça peut empêcher, mais… J’ai trouvé en tous cas des formes que certaines femmes avaient la force en tous cas ou même certains hommes, une force de trouver un certain bonheur dans ces existences-là. Même si de mon avis, elles ont moins de choix et moins de libertés et qu’après, il y a des choses que nous, on assimile vraiment à un manque de libertés. Dans d’autres endroits, ce n’est pas forcément… Par exemple, quand on parle beaucoup d’Iran, les gens disent : « Les femmes sont voilées, elles sont soumises. C’est horrible ». Et c’est vrai que ce n’est pas un choix dans ce pays-là, les femmes sont obligées de mettre un voile. Mais le voile dans ce pays, c’est vraiment la pointe de l’iceberg. Les femmes se battent pour le voile, mais il y a plein d’autres combats qui sont plus importants, comme le choix de divorcer, le choix de pouvoir rouler simplement à vélo ou en moto ou la garde des enfants ou de voyager toute seule. Et ça, ce sont des choses qui sont plus importantes, qui peuvent être plus importantes. Ça dépend des femmes.

Fabrice : Oui, je vois qu’il y a un peu l’apparence de ce qu’on peut voir et les choses où il faut creuser, qui sont moins apparentes en fait.

Mélusine : Il y a plein d’aspects dans la liberté. Et en fait, c’est beaucoup plus vaste et plus compliqué que juste l’apparence effectivement.

Fabrice : Et toi Mélusine, c’est quoi ta définition de la liberté à toi ?

Mélusine : Alors, moi, je pense… Enfin, ça change et ça changera.

Fabrice : ça change selon l’âge aussi peut-être ou des périodes de sa vie plutôt ?

Mélusine : Exactement ! Ça change selon l’âge qu’on a, suivant l’expérience, suivant le moment, et maintenant, je me dis que c’est vrai que plus on a de choix, et plus dans un sens, on a de la liberté. Et ce n’est pas forcément facile d’être libre ! Ça entraîne des responsabilités. Ce n’est pas juste, je fais ce que je veux. C’est je fais un choix, mais j’ai conscience du choix que je fais. Et ça, c’est primordial. Ensuite, je crois que les gens que j’ai vus ou en tous cas qui paraissent le plus libre c’est des gens qui avaient réussi à être eux-mêmes et je crois quand on arrive à être soi-même sans peur et bien on est libre.

Fabrice : Mais, parfois, c’est une route qui prend toute une vie.

Mélusine : [Rire] Parfois, c’est long. Et ce n’est pas une route facile. Mais, elle existe !

Fabrice : Alors, voyager en moto quand on est une femme ce n’est pas courant dans la plupart des pays du monde. C’était quoi l’impression des gens quand ils te voyaient en général, la surprise j’imagine ?

Mélusine : Oui, il y a une surprise. Et il y a souvent la question : « Est-ce que je suis vraiment seule, est-ce que mes amis vont arriver… »

Fabrice : Il n’y a pas un camion derrière…

Mélusine : Oui, ou juste d’autres motards qui vont arriver, qui m’accompagnent. Est-ce que mon mari n’est pas là et pourquoi du coup je suis toute seule. Dans certains endroits les gens sont tristes pour moi parce que je suis toute seule. Ils ont de la peine. [Rire] Et puis, d’autres moments, ils sont impressionnés. Il y a vraiment tous les cas de figure. Mais généralement, ça surprend.

Fabrice : Tu as certaines femmes qui t’ont enviée ? Enfin, est-ce que tu as pu rencontrer ça ? Des personnes qui t’enviaient ?

Mélusine : Oui. Il y a des femmes qui aimeraient bien partir. Pas forcément en moto, mais pouvoir avoir le droit de partir. J’ai des femmes qui m’ont demandé comment j’avais fait pour avoir la permission de mon mari de partir avec la moto. Et il y a d’autres femmes qui n’ont pas forcément envie pour elles, mais qui l’espèrent pour leurs filles. Et c’est vrai que ça a un impact d’arriver dans ces endroits-là. Alors, je suis quand même toujours l’étrangère. Je suis quand même une Alien, j’arrive avec cette grande moto, une espèce d’extraterrestre qui est là et qui va passer. Mais, c’est aussi le fait d’être une femme, ça me permet d’avoir des hommes qui viennent et aussi des femmes du coup qui s’intéressent à la moto et ça, c’est chouette.

Fabrice : ça c’est chouette quand tu es une femme pour ça, parce que dans beaucoup de pays, quand tu es un homme, tu n’as pas accès à la moitié de la population quasiment. Enfin, je ne sais pas en Inde ou dans des pays comme ça. Mais quand tu es une femme, c’est vrai que tu as accès aux deux moitiés !

Mélusine : Oui, il y a cette vulnérabilité. Enfin, je ne vais pas m’inquiéter. On peut me permettre de dormir avec la grand-mère ou la fille ainée, je peux aller dans la cuisine ou le salon. Tout m’est ouvert quasiment !

Fabrice : Et tu as des règles que tu suis comme ça sur la route. Enfin, je pense plus au niveau de la sécurité.

Mélusine : Oui, j’évite quand même dans certains endroits de rouler de nuit. Ça, c’est une des règles. Après, suivant les endroits, il y a des endroits où ça ne pose absolument pas de problème de camper n’importe où. Mais, il y a des endroits où je préfère rester près d’un village, là où il y a des femmes et des enfants, parce que c’est plus sécurisant pour moi.

Fabrice : Il y a d’autres choses non ?

Mélusine : [Rire] Oui, mais il y a forcément le comportement. C’est-à-dire qu’il y a des choses. Je serai un homme, on m’inviterait à boire des coups le soir. Oui, j’irai peut-être alors que moi en tant que femme, non ! Voilà. Ce n’est pas que ce ne soit pas sympa. Mais un homme qui boit au début c’est sympa et puis après au fur et à mesure de la nuit, on ne sait pas comment il va se transformer. Donc, il vaut mieux refuser avant.

Fabrice : Oui, ça peut être lourd, c’est clair ! Et c’est quoi ta plus grosse frayeur que tu as eue sur la route ?

Mélusine : La plus grosse frayeur. Je crois justement que la plus grosse frayeur, c’était dans un sens une fois où j’étais confrontée à quelqu’un qui voulait rentrer dans ma tente et qui voulait passer un moment avec moi. Et sur le coup, j’étais hyper en colère, j’étais très fâchée, je me suis vraiment fâchée pour dire non ! Mais, je sais que dans le fond, j’ai eu peur !

Fabrice : Mais, tu étais dans un endroit isolé.

Mélusine : Oui, j’étais dans un endroit isolé. J’étais avec ma tente.

Fabrice : Le gars est sorti comme ça !

Mélusine : [Rire] Non, en plus c’était quelqu’un que j’avais rencontré. « Pour l’histoire », j’ai campé et je pensais être seule. Et à un moment donné, il y a un camion qui est arrivé avec un jeune et qui m’a dit : « En fait, mon frère est derrière la colline. Je n’avais pas vu la maison ». Et on est allé boire du lait de chèvre chez son frère. C’était très sympa, j’ai regardé la télé avec les enfants. C’était mignon. Ensuite, je suis revenue à ma tente et j’ai dit bonne nuit. Et le gars est parti. Et en fait, je me suis dit, c’est génial, c’est super. J’ai passé une bonne nuit. Et à 4H du matin, le mec est revenu avec sa camionnette bien bourré avec ses copains et armé de courage, il est venu me demander si je n’avais pas envie de me réchauffer. Et là, je me suis vraiment énervée. J’ai dit : « Non, ce n’est pas possible ! » Etc. Et ça a duré un moment et finalement, ils sont partis. Mais…

Fabrice : J’ai envie de dire ouf quoi ! Comme ils étaient plusieurs…

Mélusine : Oui, ils étaient plusieurs et j’étais très fâchée. Après, avec le recul et ma grande sagesse, j’étais dans une zone où il y a très peu de villages. C’est des jeunes qui sont frustrés. Enfin, on n’a pas de petite amie. Les seules littératures ou vidéos de la sexualité, c’est la pornographie qui vient de l’occident. Donc, quand ils voient une fille qui vient de nulle part, poser sa moto et sa tente. Et bien voilà, il fait son propre scénario dans sa tête et tente sa chance. Bon, ça ne fait pas plaisir. Mais, je peux comprendre. Par contre, il faut être ferme et ne pas se laisser faire, parce qu’aussi c’est des endroits où les femmes ne disent pas non ! Donc, ils sont souvent surpris. Donc, ils reviennent. Alors, des fois ils ne comprennent pas le non. Ils disent, elle n’a pas très bien compris. Il faut peut-être lui redemander une deuxième fois au cas où pour être sûr de la traduction on ne sait jamais. La fille n’a peut-être pas bien saisi, mais il faut être très ferme et du coup aussi se protéger et faire en sorte de ne pas se trouver dans ces situations-là. Mais, par contre, ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça. J’ai aussi rencontré des hommes vraiment très aidants, au Kazakhstan aussi, j’ai rencontré un garçon, il m’a donné les clefs de sa maison. Et j’ai pu dormir chez lui, dormir chez ses parents. Il m’a nourrie. Il s’est occupé de ma moto. Il était adorable. Il ne m’a rien demandé. Il voulait vraiment juste que je sois bien. Il y a vraiment aussi ces cas de figures là. Ça c’est chouette ! Et ça, c’est vraiment chouette, ça me réconforte.

Fabrice : Tu es allée en Iran. Moi, en Iran, ça m’avait marqué parce qu’il y avait vraiment plein de personnes qui venaient juste pour parler avec moi mais sans…. Je ne m’attendais pas… J’étais même surpris parce qu’elle venait juste parler puis elle partait. Je me suis dit, tiens elle ne m’a rien demandé c’est bizarre ça. Non, mais c’était rafraichissant en fait.

Mélusine : Ah non, mais en Iran, c’est juste quelque chose d’exceptionnel. Moi, je n’ai jamais été aussi bien accueillie qu’en Iran. Et c’est une des plus belles destinations au niveau humain que j’ai faites.

Fabrice : C’est clair. Je suis d’accord avec toi là ! Tiens une question pratique : Comment tu fais pour les passages de frontières, parce qu’au niveau des assurances, c’est galère, tu passes du temps à passer les frontières, tu t’organises avant au niveau des assurances, des visas, enfin je parle au niveau des papiers et de la moto et tout ça, parce que ce n’est quand même pas facile non ?

Mélusine : Alors, il y a plusieurs règles pour moi. C’est-à-dire, je ne traverse pas une frontière de nuit. J’essaie toujours de traverser la frontière le matin en ayant à manger et à boire sur moi et en me disant peut-être ça va durer 3 jours. Donc, je suis prête à camper.

Fabrice : C’est arrivé 3 jours !

Mélusine : Justement ce n’est pas arrivé parce que je suis préparée. Après, chaque pays qui a besoin d’une assurance, il y a toujours une petite … à côté de la frontière qui vous attend pour vous faire payer. Ça c’est facile. Et en fait, c’est une procédure qui peut être assez longue. Mais, du coup, il y a l’immigration pour soi et du coup l’immigration, la douane pour la moto. Donc, on fait chaque papier. Et il faut prendre le temps que ça prend. Mais, généralement, ça se passe relativement bien, en Asie centrale, on fouillait souvent mes affaires. C’est arrivé de fouiller l’ordinateur, le disque dur, les caisses, évidemment, c’est toujours la caisse qui est la mieux fermée. Ils veulent tout voir. Mais globalement, en général, je passe assez facilement.

Fabrice : D’accord. Alors, revenons un peu à ton voyage actuel. Tu es partie de Patagonie ? Non, pardon de Santiago ! Pardon ! Tu es remontée en Chili. Un petit tour à Bolivie, ensuite Pérou, Equateur et là, tu es en Colombie, tu as la meilleure place. Et ensuite donc, tu vas traverser, tu vas remonter jusqu’au nord de la Colombie, là, tu vas prendre le bateau puisqu’on n’a pas le choix, enfin c’est dangereux. D’ailleurs, je ne sais même pas s’il y a une route.

Mélusine : Non, il n’y a pas de route.

Fabrice : Alors, ça c’est une des rares endroits sur la planète ou entre deux pays où il n’y a pas de routes.

Mélusine : C’est un des seuls parce qu’il pourrait y avoir une route. Il y a la terre.

Fabrice : Alors pourquoi finalement ? Tu ne sais pas en fait !

Mélusine : C’est politique, c’est les Etats-Unis qui bloquent. Ils ne veulent pas sous des prétextes de drogues, d’immigrations. Mais, ça n’empêche pas du tout le passage de la drogue et des clandestins.

Fabrice : Du coup, la moto sur le bateau.

Mélusine : La moto sur le bateau. Donc, il va falloir trouver un bateau.

Fabrice : Voilà. Et après, je remontre vers le Guatemala et le Mexique.

Fabrice : D’accord. Les Etats-Unis ?

Mélusine : Les Etats-Unis, juste la frontière.

Fabrice : Tout ça avec l’objectif aussi de faire plusieurs films cette fois-ci.

Mélusine : Exactement. Donc, il y a aura sur la Colombie j’espère, le Guatemala et le Mexique.

Fabrice : que l’on pourra voir… On sait déjà où ?

Mélusine : Sur la chaîne Voyage et pas avant un an je pense !

Fabrice : D’accord. Tu ne fais pas des festivals avec ces films là ?

Mélusine : Alors, je vais faire l’année prochaine. Il y aura plusieurs festivals avec le film qui va sortir là au mois d’Octobre. Et là, je ferai plusieurs festivals, oui oui ! Ça m’arrive. C’est prévu l’année prochaine.

Fabrice : D’accord. Tu as ensuite un autre projet de voyage après ?

Mélusine : J’ai toujours quelques projets de voyage dans la tête. Mais on verra comment je rentre.

Fabrice : Parce que là tu as fait presque tous les continents, en tous cas certains mais bon pas toutes les régions, mais certains continents. L’Amérique du nord, tu as l’atlantique, mais bon, il faudra attendre quelques années avant que ça dégèle. Le rythme ça va tu pourras peut-être le faire malheureusement. Mais, tu as une envie particulière après ? Il me reste pas mal de régions en Afrique où je ne suis pas allée en moto. J’ai le Maghreb. J’aimerais bien peut-être revenue en Europe aussi. Ça peut-être aussi je pense la question de la liberté se pose. Mais non et il y a encore un grand terrain de jeu.

Fabrice : C’est clair !

Mélusine : Donc, on verra.

 

La pression de la société

Fabrice : J’ai une question un peu perso. Comment tu gères la pression de cette société un peu qui nous pousse un petit peu parfois plus au moins consciemment parfois plus au moins d’une façon détournée à nous poser, à être un peu dans le monde des petits tiroirs à se poser – enfin j’allais dire surtout pour une femme – Mais je ne sais même pas si on peut dire ça. Peut-être, je ne sais pas tu vas me le dire ! Voilà, tu vois, une maison, une famille et tout. Je sais que ce n’est pas forcément facile, ça dépend peut-être de la sensibilité de chacun, mais tu la ressens un peu cette pression déjà ?

Mélusine : Oui, bien sûr ! On la ressent et souvent on me pose la question c’est bien tu as fait des voyages que tu voulais et tu vas te poser maintenant et faire une famille ? Donc, oui, les gens me posent la question. Je crois que j’ai décidé de vivre la vie que je voulais. [Rire] Donc, j’essaie de ne pas trop écouter ces voix-là. Et puis même mes familles, mes entourages ne sont pas forcément faciles. Pour la plupart, ils ont leurs maisons, leurs enfants, cette vie qui est plus régulière. Donc, du coup, c’est vrai que oui, c’est une sorte de pression. Mais, ce n’est pas ça qui est le plus difficile pour moi, parce qu’après chacun vit comme il en a envie et moi, dans un sens, je fais mes choix de vie. Ce qui me rend plus triste, c’est que quad je reviens et que je vais discuter ou je fais des conférences, je suis confrontée à des gens qui me parlent beaucoup de regrets de ne pas avoir fait les choses, de ne pas avoir osé passer le pas. Et quand je vais dans d’autres endroits où on a beaucoup moins de choix, on a beaucoup moins d’opportunités, je trouve que c’est dommage que certaines personnes se restreignent parce qu’on peut faire énormément de choses malgré tout, même si on  a une maison, même si on a des enfants, on peut faire un voyage, ce n’est pas interdit. Ça ne doit pas être à notre époque où l’avion est quand même assez meilleur marché ou…. Il y a des possibilités. Et c’est ça plutôt qui me rend triste et qui me déstabilise parce que, que quelqu’un en Bangladesh me dit je peux pas sortir de mon pays parce que je n’ai pas de passeport ou je n’ai pas d’argent, je le comprends et c’est beaucoup plus dur pour cette personne là mais que quelqu’un qui certes a une vie établie, mais il s’est mis dans une telle routine et dans une telle pression justement sociale et de dire : « Mais oui je ne peux pas parce que j’ai mes enfants, j’ai mon crédit ». C’est ça qui m’oppresse.

Fabrice : Oui, souvent, ce n’est pas l’argent. Parce que tu as un mauvais passeport, c’est des barrières internes, enfin des blocages internes.

Mélusine : Parce qu’on imagine que c’est plus dangereux ailleurs, qu’on ne va pas supporter, que les enfants ne sont pas prêts. Enfin, je ne sais pas plein d’excuses et c’est dommage.

Fabrice : Oui, tu as raison. En effet, c’est vrai tu as cette opposition entre ces pays que tu traverses et ici ces personnes qui des fois se mettent. Enfin, l’obstacle c’est eux même en fait finalement.

Mélusine : C’est ça. C’est vraiment soi, la première la première personne contre laquelle on doit se battre c’est soi-même ce n’est pas forcément les autres. Une fois qu’on a passé ce premier pas, en fait, le voyage ne se passe pas … Enfin, ça se découvre tout seul. C’est simple.

Fabrice : Donc, ça va, ça ne t’empêche pas de dormir la pression.

Mélusine : [Rire] Non !

Fabrice : Tes parents en tous cas, ils te soutiennent j’imagine ?

Mélusine : Mes parents me soutiennent. Mais, ça ne les empêche pas d’avoir peur pour moi et d’être inquiets et d’être dans cette sorte de mélange de fierté, parce qu’ils sont heureux que leur enfant soit heureux et qu’ils ont dans ce cas-là réussi leur pari de parent. En tous cas, leur boulot de parent d’avoir fait en sorte que leur enfant ait fait ses propres choix. Et en même temps, ça reste mes parents. Donc, ils sont forcément toujours inquiets.

Fabrice : Ah c’est normal j’imagine ! Pour finir, peut-être une dernière question sur une question, qui fera rêver les gens : Quel est ton plus beau souvenir de voyage en moto ? Mais, je ne parle pas de rencontre là, je ne sais pas tu arrives en coucher de soleil après une journée de moto, tu es fatiguée, tu descends de la moto, tu vois un truc comme ça tu vois ? Moi, je me rappelle en Afrique, c’était le coucher de soleil avec les gens qui rentraient des champs en fait ! Moi, c’est une image qui me reste, tu vois, cette image là avec le disque du soleil et puis, tous les enfants parfois qui venaient de retour des champs en fait. Ça c’est souvent une image que j’ai eue en fait en fin de journée. Toi, je ne sais pas si t’en as. Là, si tu y penses que ce soit en Asie, en Amérique latine, en Afrique, est-ce que tu as comme ça des images quand tu penses à tes voyages qui te reviennent, qui sont imprimées, tu vois ?

Mélusine : Je crois que l’image imprimée pour moi, c’est la Mongolie, la première nuit que j’ai passé dans ce pays où c’était complètement perturbant parce qu’il n y avait pas de route et que c’était la première fois que je pouvais rouler où je voulais. Il y avait plein de pistes. Tu passes la frontière, tu as une route en asphalte, tu passes la frontière mongole et c’est que des pistes.

Fabrice : En terre !

Mélusine : Oui. Il y a du sable, il y a de la terre. Et je ne sais pas. Il n’y a pas vraiment une piste définie. Il y en a plein. Et pour aller voir une yourte ou des gens, il n’y a même pas de pistes. Il faut traverser la stalle, et c’était complètement nouveau comme mécanisme de pensée. Et c’était juste immense, on a cette impression d’avoir cette mer d’herbe et ce ciel immense. Et du coup, j’ai campé mais au milieu de rien. Donc, c’était pour moi unique d’être complètement libre.

Fabrice : Le ciel étoilé et rien au tour à des kilomètres.

Mélusine : Oui ! Et sans avoir eu une route qui me disait tu vas là. C’était moi qui avais choisi d’être là. C’était nouveau.

Fabrice : Du coup, il te faut ta carte et ton GPS.

Mélusine : Oui, là oui ! Il faut la bonne boussole. Mais, après on se repère. Il y a des poteaux électriques au loin. Il y a d’autres marqueurs. Mais, c’est toi qui trace ta voie.

Fabrice : Ecoute, j’espère que la Colombie tu prends l’avion mercredi, tu récupères ta moto à Bogota. Tu traces le nord. En tous cas, j’espère que tu partiras de Colombie avec une belle image en tête en tous cas parce qu’il y a de quoi faire entre la superbe route dans la zone du café. Oui je t’ai donné quelques sites là, le désert de la Collera ; là, c’est super photogénique, là, je te vois bien avec ta moto là sur la dune de sable et puis l’océan derrière. Franchement, il faut que tu y ailles pour prendre cette photo.

Mélusine : D’accord. C’est promis, je te renvoie la photo.

Fabrice : Ah oui, je l’attends. On la verra sur ton compte instagram sur ta page facebook, je mettrai les liens dans la description. Et puis, on pourrait aussi se procurer tes DVDs sur le site « Les échos de la terre ». Tu as aussi un site personnel ?

Mélusine : En ce moment, je me suis fait piratée !

Fabrice : Ah oui, parce que j’y suis allée juste avant et oui ça ne marchait pas.

Mélusine : Non, non, il y a des méchantes personnes qui piratent les comptes et qui détruisent vos données. Ça c’est vraiment dégeulasse.

Fabrice : Ça c’est un truc incompréhensible, les gens, ils n’ont que ça à faire. C’est dingue. Ils feraient mieux de prendre une photo et de partir !

Mélusine : C’est des jaloux !

Fabrice : Ah non mais c’est clair ! Ecoute Mélusine, merci d’avoir pris le temps de venir là à 20H, une soirée d’Octobre. Heureusement, il ne fait pas trop froid, ça va. Mais quand même, merci d’être venue. C’est sympa, sachant que tu es hyper occupée, tu fais le plein de fromage et de saucisson et tout. Et je sais qu’on est très occupé, en tous cas vraiment merci d’être venue.

Mélusine : Non. Et c’est surtout un hasard, deux voyageurs qui arrivent à se rencontrer, c’est rare. Donc merci !

Fabrice : En France, oui !

Mélusine : Tu pars en Chine, moi je vais à Bogota. Joyeux hasard !

Fabrice : En tous cas, bonne route, plein de belles choses, sois prudent. Mais, bon ça, j’imagine que ce n’est pas la peine de te le dire. Et puis, bonne route !

Mélusine : Merci à toi aussi !

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